MANIPULATIONS ET SOINS CONSÉCUTIFS
B.) Massage. — Gymnastique. — Electricité.
En même temps que la marche, qui n’est après tout qu’un massage actif généralisé des muscles et des articulations, on doit employer l’arsenal entier de tous les tonifiants: massage, gymnastique active, traitement électrique.
Massage. — Le massage est un puissant facteur de guérison. Mais pour être efficace, il faut qu’il soit régulièrement fait trois fois par semaine au moins et pendant des mois, utilisant ainsi une patience qui ne s’épuise pas.
D'autre part il faut le pratiquer d’une façon convenable : les régions à masser doivent être appuyées et soutenues par un ou plusieurs coussins assez durs pour ne pas s’enfoncer et pour maintenir la région bien en saillie. L’opérateur enduit la région à masser d'huile d’olivés ou d'huile ordinaire aromatisée de lavande, de romarin, etc.
Il commence alors le premier mode de manœuvres massothérapiques, le glissage et l’effleurage. Il consiste en frictions lentes et extrêmement douces faites avec les extrémités digitales en remontant vers la racine du membre suivant le sens dela circulation veineuse. On augmente progressivement l'intensité des frictions en se servant de la totalité des doigts, puis de la paume de la main: le glissage devient peu à peu du véritable massage ; l'important c'est d’être patient et de ne point vouloir transformer trop vite l’effleurage en frictions plus énergiques. Il est également capital de suivre toujours le même sens, le long des veines de préférence, et suivant le trajet des fibres musculaires et, au voisinage des articulations, suivant celui des ligaments articulaires, en observant la direction des différents faisceaux.
Le pétrissage n’est pas moins utile ; il se pratique avec les deux pouces agissant alternativement en glissant et en écrasant pour ainsi dire le membre à masser. Le tapotage ou les tapotements se font avec le bord cubital de la main ou avec deux ou trois doigts réunis, sur la continuité du trajet du muscle.
On né devra jamais masser les os directement, ce serait dou loureux et inutile.
Le massage agit sur les muscles non contracturés, en activant leur nutrition par la fatigue et par l’excitation de la circulation en retour, ce qui les fortifie ; il agit d'autre part sur les muscles contracturés en diminuant l’influx exagéré qu’ils reçoivent € Mais c’est surtout des antagonistes des muscles ténotomisés qu’il faudra s'occuper ; et c’est dans leur tonification que nous chercherons un contrepoids à la frénésie des muscles contracturés. » (Lorenz).
Hoffa conseille, pour l’affaiblissement des contractures, le tapotement énergique des extrémités tendineuses qui agit très rapidement.
Le massage n’est pas seulement un tonique musculaire ; les retractionsfibro-tendineuse, lesépaississementsarticulaires sont aussi heureusement influencés par lui. Et à ce double titre il constitue au traitement de la maladie de Little, éun adjuvant très utile.
Après la séance du massage, on exercera une légère com pression au moyen d’une bande de flanelle enroulée autour ‘du membre. Fe VAN
Mouvements passifs. — Les mouvements passifs sérünt utilement pratiqués, mais ils doivent être faits avec méthode et patience. Après les ténotomies, il est très utile d imprimer aux pieds des mouvements de flexion et d'extension: il est vrai que la marche et les exercices de gymnastique suffisent largement à mobiliser leur circulation. Mais les pieds sont très souvent en valgus ou en varus, de sorte que les manipulations sont Ici d’une nécessité absolue. Nous n’insisterons pas plus longtemps" sur ce sujet, les pieds bots comportant une thérapeutique spé”
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ciale que nous n’osons aborder. Disons seulement que les chaussures orthopédiques doivent être prescrites et qu’elles aident beaucoup à améliorer la situation du malade.
Pour les genoux l'extension passive est de la plus grande utilité. La marche et le poids du corps exagèrent la flexion et aggravent la contracture : aussi faut-il tous les jours étendre les jambes par des mouvements rhythmés et deplus en plus forcés Signalons ici le (redresseur à vis» de Lorenz ; cet auteur croit le genu-recurvatum indispensable pour obtenir l’extension complète de ia jambe ; jugeant cette hypercorrection manuellement impossible, il a recours à un instrument dont la deseription se trouve dans son mémoire. Nous croyons les mouvements passifs suffisants, pourvu qu'ils soient faits régulièrement et d’une façon progressive.
Ces mêmes conseils s'appliquent au traitement de latdue: tion forcée des cuisses et de leur flexion sur le bassin. L'enfant est couché sur une table capitonnée ; l'opérateur embrasse de chaque main les deux genoux du malade et cherche à les écarter par de petits mouvements d’abduction de plus en plus étendus. Si la cuisse estfléchie sur le bassin il essaye de vaincre cette nouvelle contracture : il tire l’enfant sur le bord de la table et le met dans la position du spéculum ; un aide maintient vigoureusement le bassin sur le plan résistant en prenant point d'appui sur les épines iliaques antérieures et supérieures, pendant, que, l'opérateur imprime des mouvements répétés d’extension des cuisses, en même temps qu'il les écarte le plus possible, de sorte qu'on corrigera en même temps l’adduction et la flexion.
Tous ces mouvements doivent être faits avec douceur et ne
déterminer aucune souffrance chez l'enfant qui s’y prêtera alors
de bonne grâce. Le succès est obtenu à cette seule condition : ayoir la confiance de l'enfant. Si aux débuts on le fait souffrir, ie Jeune malade, déjà très nerveux de par son affection, appréhendera le moment des manipulations, et le traitement ultérieur sera alors d’une difficulté extrême. Si, au contraire la douleur
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a été minime, si des paroles douces ont accompagné ces manœuvres, et surtout si, le cas échéant, on est obligé de brusquerjusqu’à un certain point, on l’avertit qu’on va lui faire un peu de mal, il se laissera manœuvrer assez facilement ; rien n’est plus désastreux au point de vue de la conduite à tenir, que de tromper l’enfant en lui disant qu’on ne lui fera aucun mal alors que la douleur provoquée sera assez vive.
Plus tard, quand l’écartement des cuisses est déjà assez considérable, on peut faire asseoir les jeunes malades à califourchon sur une chaise, de manière que les cuisses embrassent les deux montants du dossier. Pendant la nuit, une bonne pratique consistera à lier les extrémités inférieures aux deux pieds du litet à interposer entre les genoux une petite planchette
feutrée à coulisse qui permet'ra de graduer l’écartement. . î 1
Lorenz, préconise pendant le sommeil l’éfirement passif des adducteurs. À cet effet il suspend des sacs de plomb de 2 à 5 kilos aux cuisses du jeune malade au moyen de cuissards. Les sacs pendent de chaque côté du lit et déterminent une abduction passive et l’éfirement des adducteurs d’une façon continue et sans douleur pour l'enfant.
En généra!, chez les petits enfants, les manipulations sont préférables aux mouvements actifs, car ils ne sont pas assez intelligents pour faire des mouvements d'exercices intentionnels.
Mouvements actifs. — Gymnastique. — Si le spasme et l'incoordination ne sont pas trop prononcés on prescrira des mouvementsactifs. Ceux-cicomportent des exercices variés que nous allons passer en revue. L'enfant étant assis, on lui imposera des mouvements spontanés d’écartement des genoux, d'extension des jambes. Ces mouvements pourront succéder aux mouvemements passifs qu'on lui a fait subir. Si la station debout est possible, un procédé très simple peut être appliqué pour combattre la tendance qu'ont les pieds contracturés à tourner la pointe en
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dedans. Sur une planche À (#9. 5) (1), sont disposés deux paires de morceaux de bois B; on place les pieds déviés dans les espaces en gouttière compris entre a et a’, b et b’; puis on
Fi1G. 5. -- Appareil de l’auteur.
fait exécuter au jeune malade debout des mouvemenis de flexion : . et d'extension des membres inférieurs ; chaque tasseau de bois peut se déplacer autour d’un axe et s’assujettir par une cheville
TIEMANN & CO. "à FiG 6. -- Appareil de Sayre,
de façon à diminuer progressivement l’espace compris entre les deux talons.
. (1) Notre ami, le D'Bour, à bien vouludessiner notre appareil, Nos sincères remerciements,
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Lorsque les deux pieds et la jambe sont fortement tournés en dedans, on peut se servir des appareils recommandés par Sayre
F1. 7. -- Appareil de Stillman.
(fig. 6)('). Les semelles deces souliers sont réunis par deux bancs parallèles, l’une plus courte, au niveau des talons, l’autre
Fic. 7 bis. -- 1. Mode de fixation de l'appareil de Stillman au soulier avant la fixation de la corde de rotation ; 2. Modification produite par l’action de la corde de rotation après sa fixation.
(1) Les figures 6, 7, Tbis, 8, 8 bis, 9, 10, 11, 12, sont extraites de l'ouvrage du D' Redard, Traité pratique de chirurgie orthopédique, 1892, chez Octave Doin, éditeur, place de l'Odéon, Paris,