‹ Traitement de l'ankylose du genouChapitre 15 sur 36 · ARR E E · texte numérisé non relu

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Wiskemann(Berliner Klin- Wochenschrift, 1882, n°24), dans deux cas d’ankylose très serrée, a obtenu, en trois semaines et demie, l'extension complète de la jambe, à l’aide de l'appareil suivant (fig. 5) :

La cuisse, y compris le bassin, est immobilisée par un appareil plâtré, dans lequel est fixée une attelle à extension, dont l'extrémité libre appuie sur un support. La jambe, immobilisée aussi dans un appareil plâtré, est réunie à l’attelle par quelques tours de bande de caoutchouc qui font le redressement. |

Tous les appareils que nous venons de décrire ont un grand inconvénient ; ils exposent à la subluxation du tibia. Qu'on réfléchisse au mode d’action de l’appareil de Mathieu, du professeur Lefort, de Wiskemann, etc., et vite l’on se convaincra que, si le membre est étendu avec force, rien n'empêche l'extrémité supérieure du tibia de se porter en arrière, la luxation de s'achever, lorsqu'elle est commencée, ou même de se produire de toutes pièces. C'est le seul, mais grand reproche, que le professeur Guyon ait adressé à l'appareil de Collin. La simple traction longitudinale, exercée avec des poids fixés à la jambe par des bandelettes de sparadrap ou tout autre moyen, est aussi passible de cet inconvénient.

Y a-t-il donc des appareils qui, en fournissant une traction extensive soutenue, permettent de lutter contre cette subluxation? Nous en signalerons deux : celui de Bigg et celui de Max Schede.

Le premier est décrit et représenté dans l’Arsenal de la chirurgie contemporaine (page 394); nous ne pouvons mieux faire que d’y renvoyer le lecteur.

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Nous avons trouvé le second, celui de Max Schede, dans le tome XII des Archives de Langenbeck.

Le dessin rapide que nous en donnons fait bien com-

prendre son mode d’action et bien préjuger de son utilité.

Fig. 6. — Appareil de Max Schede.

Max 'Schede n’est point le seul chirurgien qui se soit servi de-cet appareil; nous lisons dans un travail d'Eugène Bœckel ‘que Wolkmann ajoute à la traction longitudinale ordinaire une traction verticale ascendante qui agit d’arrière en avant, surla tête du tibia, au moyen d'un lac se réfléchissant sur tune poulie suspendue à une potence.

1 Eugène Bæœckel, Bulletin de thérapeutique, 1875, page 491.

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Bœckel, après avoir utilisé plusieurs fois ce genre de traction l’a abandonné; il a, dit-il, toujours pu corriger la subluxation du tibia en faisant une énergique traction horizontale. Cet auteur ne se contente point d’ailleurs de la traction selon l’axe du membre, il ajoute à ce moyen une traction verticale sur le sommet de l’angle de l’ankylose. Le poids qui exerce cette seconde traction passe, comme dans l'appareil de Max Schede, par une échancrure du matelas, mais c’est là le seul point de ressemblance des deux procédés, car, tandis que Max Schede exerce sur le tibia et le fémur des tractions en sens inverse, Bœckel cherche simplement, par une traction verticale, à agir sur le sommet de l’angle et à l’effacer. [l n’est pas nécessaire que le matelas soit échancré ; on peut suspendre au genou deux poids qui retombent l’un à droite, l’autre à gauche du lit, exerçant chacun de leur côté une traction oblique réciproquement neutralisée et transformée en traction verticale.

Les appareils dont nous venons de parler agissent indépendamment du malade. À côté d’eux, il convient de placer les appareils dont la direction peut être confiée au malade lui-même; ce sont les appareils de mouvement servant au rétablissement de la flexion et de l’extension.

B. Appareils de mouvement. Nous nous contenterons de reproduire l'appareil de Bonnet. Le malade produit la flexion en agissant d’une main sur le manche qui s’attache au-dessus de la région tibio-tarsienne ; il produit l'extension

en tirant de l’autre main sur la corde fixée à la partie

inférieure des montants de la jambe.

L’arc de cercle gradué, dont les deux extrémités sont soudées à la branche horizontale externe, sert à maintenir le genou dans une position déterminée et à limiter les

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| oscillations. On peut mesurer les mouvements et constater ; 111 HUE ER les progrès de la cure. , PTT :

’ Blanc, Desgranges ont modifié et simplifié le mécanisme RES :. de cet appareil. Pour rétablir les mouvements, on a,de = nos jours, très rarement recours aux machines ; nous pen- | , sons qu'il est inutile de nous appesantir sur ces détails.

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he Fig. 7. — Appareil de Bonnet pour le rétablissement des mouvements or “ ae du genou. ‘ = 2e 1# . age

à III. — Redressement successif (Verduc), rupture immédiate RP Due progressive (Bonnet), méthode mixte de Delore. | ONE a! far

7 Nous croyons pouvoir comprendre, dans le même para- 4 ITS

hs graphe, tous les procédés de redressement quitiennentàla | 2: me fois de l'extension graduée et de la rupture brusque de |

| l’ankylose. | Le principe de la méthode de Verduc est le suivant : | pratiquer la rupture immédiate de l’ankylose, seulement Te qe Éc: > | dans une petite étendue, immobiliser, attendre et recom- IS Re mencer la rupture , après la disparition des accidents :. ICS inflammatoires. Dear #

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4 Taie Malgaigne a beaucoup insisté sur la grande valeur de la ; je. à à AY méthode de Verduc, et l’a formulée dans les préceptes ss ; > : 20 généraux suivants : | | get

Ne 4° Ne pas administrer le chloroforme, la douleur devant 4e : NC: elle-même servir de guide à la main du chirurgien ; | À "#4

2° Déterminer le redressement par un mouvement | 9

ai rapide, mais sûr, et calculé de manière à pouvoir s'arrêter | E # quand on veut et à la limite précise de la douleur suppor- à +3 table ; | LRO D 3° Cesser alors tout redressement et traiter l’articulation €” SE , par les cataplasmes, les bains, les douches ; s EIRE

4° Quand les symptômes inflammatoires et douloureux “4

£ 7 AT . sont calmés, faire une nouvelle séance, qui permet toujours : de dépasser le degré de redressement obtenu dans la séance | Æ É . précédente. | k X LES La rupture immédiate progressive, qui a donné à Bonnet 7e de si beaux résultats, nous semble directement issue de la l “6 méthode de Verduc. Bonnet a eu le mérite d’en bien régler > Ÿ: * Vapplication, de la combiner avec les sections musculaires 1 RER et tendineuses, et de faire bénéficier le malade de lanes- Fe thésie. Voici, d’ailleurs, les détails de son procédé : Après LR c avoir endormi le malade jusqu’à la résolution musculaire ANS complète, il imprime des mouvements à la jointure. Îl agit FER | prudemment et seulement dans la limite des mouvements Hi 142008 existant déjà ; peu à peu, cette limite est dépassée et l’on NE Ee> arrive au redressement définitif. Lorsque ce redressement se fait trop longtemps attendre et rencontre de grandes A résistances musculaires, Bonnet pratique la ténotomie. 4 Dans tous les cas, il insiste sur la nécessité d’immobiliser le 10 ae membre dans un bandage solidifiable et d'attendre quinze 1 FRÈRES Muse jours avant de faire de nouvelles tentatives de redressement.

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Au sujet de cette méthode de redressement se sont élevées des discussions de priorité. Les uns ont voulu la faire remonter à Dieffenbach qui rompait l’articulation du genou en exagérant d’abord les mouvements de flexion; les autres à Palasciano qui a le premier préconisé les sections tendineuses et montré leur incontesfable utilité dans bon nombre de cas. Il nous a paru que, pour être équitable, c’est à Verdue qu’il faudrait rapporter la paternité de l’idée. Verduc n’a-t-il pas, comme Bonnet, alternativement étendu et fléchi le membre; n’a-t-il pas laissé reposer pendant sept ou huit jours sa petite malade pour reprendre ensuite ses séances de flexion et d’extension. Le principe de la méthode est bien en effet dans l’interposition de certains intervalles plus ou moins longs espaçant les manœuvres du chirurgien. Bonnet a fait cette méthode sienne en en traçant magistralement les règles et en la vulgarisant.

Le but de Bonnet n’était point seulement de redresser le genou, mais de donner à l’articulation toute sa mobilité primitive. À ce dernier point de vue, sa pratique méritera d'être discutée quand nous apprécierons les méthodes de redressement ; mais lorsque l’on se propose de transformer en ankylose rectiligne une ankylose angulaire, il n’est pas douteux que sa méthode n'ait une très grande valeur pratique.

Ga peut encore atteindre ce but, le redressement du membre, à l’aide du procédé décrit par Delore (congrès médical de Lyon, 1864) sous le nom de méthode mixte. Tandis que le redressement immédiat progressif de Bonnet consiste en une sorte de rupture brusque à doses fractionnées et séparées par d'assez longs intervalles, Delore

utilise successivement le redresseinent brusque et le redres- -

sement lent. Il fait suivre une séance de rupture d’une extension continue et prolongée; il pratique, après la chloroformisation ou l’éthérisation, la rupture brusque &e l’ankylose, mais dans une faible étendue. Puis, il applique sur le membre un bandage amidonné ou silicaté, coupe ce bandage au niveau de linterligne articulaire et pratique l'extension continue avec des poids ou des liens élastiques.

Cette méthode mixte, nous dit Delore, donne surtout de bons résultats lorsqu'il existe des brides vicieuses, de la périarthrite résistant au redressement lent, sans nécessiter la rupture forcée à proprement parler. De plus, elle est parfois indiquée par les douleurs très vives que l’extension continue fait subir au malade. Elle convient donc à un assez grand nombre de cas qui sont faciles à déterminer surtout pendant qu’on fait ou qu’on tente le redressement. Pendant ces manœuvres opératoires, en effet, on se rend bien compte des obstacles plus ou moins grands qu’on rencontre. « Si la peau menace de se rompre, si les os tendent à se luxer, si les résistances musculaires augmentent au point de me faire craindre une fracture, je m’arrête etj'applique la traction continue. (Delore, loc. cit). »

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