II. — De l'asthme
On a coutume de dire : « Il n’y a pas un asthme, mais des asthmatiques, qui font leur crise chacun à leur façon. »
Tout en faisant nôtre cet axiome, nous devons reconnaître cependant que tous les accès ont une charpente commune, et que l’on peut synthétiser une crise type dont les autres ne sont que dérivées.
Nous étayerons notre description sur celles de ceux qui, asthmatiques eux-mêmes, écrivirent les auto-observations de leurs accès ; nous citerons ‘TROUSSEAU, LASÈGUE, Germain SÉE, BRISSAUD.
On relève souvent, dans les antécédents personnels ou héréditaires de l’asthmatique, une ou plusieurs de ces affections qu’englobe le qualificatif d’ensemblie d’arthritisme (goutte, diabète, eczéma, gravelle, lithiase, migraine).
Soudain, généralement la nuit, soit spontanément, soit pour une cause occasionnelle variable d’un sujet à l’autre, mais toujours identique pour le même sujet, l'oppression, signe premier, ouvre la scène. Elle est d'emblée intense, s’accentuant progressivement jusqu’à amener une soir d’air atrocement pénible et an-
goissante.
Les mouvements respiratoires sont lents et la gêne porte sur l’expiration.
Pendant environ deux heures, cette bradypnée expiratoire persiste, puis survient la toux annonçant l’imminence de la fin de l’accès, et ramenant une expectoration collante et filante, comparable à du blanc d'œuf cru, connue depuis LAENNEC sous le nom de « crachats perlés ».
Le laboratoire y décèle des filaments spiralés de CURSHMANN-UNGAR, des cristaux octaédriques de CHARCOT-LEYDEN, des cellules bronchiques et des cellules éosinophiles dont la présence serait un signe pathognomonique pour BESANÇON et I. DE JONG.
lants et ronflants, surtout marqués à la fin de la crise. montre une diminution du murmure vésiculaire, une expiration très prolongée, et des râles sonores, sibilants et ronflants surtout marqués à la fin de la crise.
Accessoirement, signalons que par voie endoscopique on a vu pendant la crise la congestion de la turgescence de la muqueuse bronchique justifiant macroscopiquement l’appellation « d’urticaire des bronches » donnée par certains auteurs à l’asthme.
IL est des malades qui ont des crises chaque jour, il en est qui n’ont que quelques crises par mois ou par an, il en est qui présentent des crises subintrantes réalisant « l’attaque d’asthme ».
Si l’asthme de l’enfant, différent d’ailleurs par ses caractères et sa symptomatologie (et que nous laissons volontairement de côté, n’ayant pas eu l’occasion de l’étudier personnellement) guérit souvent à la puberté,
Pasthme de ladulte, celui qui nous intéresse, est presque toujours invétéré. À la longue « il vieillit » (LASÈGUE) ; il devient moins spasmodique, plus catarrhal ; comme toute bronchite chronique emphysémateuse, il retentit sur le cœur droit et plus ou moins tardivement l’asystolie pulmonaire s’installera.
La pathogénie de l’asthme fut en tous temps à l’ordre du jour, et il y a loin de la théorie d’ARÉTÉE pour lequel « l’asthme a pour cause la frigidité de lesprit et pour nature des humeurs épaisses cachées à lintérieur », de l'hypothèse de GALIEN croyant également « à une gêne causée par des humeurs épaisses et filantes occupant les voies de l'air ou par quelques tubercules du poumon », à la première conception bronchique, celle de FLoyer (1785), qui attribue lasthme « à l’enflure des membranes du poumon qui resserre ses bronches » et plus encore à la conception actuelle admettant la contracture spasmodique des musclés bronchiques de REISSESsEN et des muscles respiratoires accessoires.
Mais, sous quelles influences se produit le spasme ? Il survient parfois à la suite d’une cause déclenchante psychique déjà entrevue par Germain SÉE (réflexe pneumo-bulbaire), cause toujours la même pour le même malade, et toujours chez des sujets présentant tout un ensemble de troubles réalisant un état spécial de déséquilibre caractérisant « le terrain asthmatique ».
C’est à WipaL que revient le mérite d’avoir décelé l'instabilité humorale de certains malades, d’avoir mis