‹ Traitement de l'asthme par l'abcès de fixationChapitre 12 sur 16 · SHOP · texte numérisé non relu

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en évidence le brusque trouble apporté à l’état physio-chimique des éléments colloïdaux de leurs humeurs, d’avoir en un mot constaté la crise hémoclasique précédant leur accès d’asthme.

C’est à LIAN et CATHALA que nous devons la découverte du déséquilibre vago-sympathique, avec prédominance de vagotonie, vérifiée expérimentalement, cliniquement, par la mesure du réflexe oculo-cardiaque augmenté et, thérapeutiquement, par l’action souvent favorable de la belladone.

C’est Léopold LÉvi qui signala l’importance du facteur endocrinien.

Ce serait le déclenchement d’un centre asthmogène à réflectivité exagérée par suite de l’hyperthyroïdie qui produirait la crise.

Les noms de BESANÇON, de JONG, et SERGENT sont attachés à l’étude des rapports entre l’asthme et les scléroses pulmonaires.

Une épine irritative locale, généralement une sclérose, le plus souvent apicale, serait cause que l’asthmatique cristallise son spasme sur l’appareil respiratoire.

Cependant, il a été prouvé que cette épine irritative pouvait siéger en un autre point des voies aériennes, particulièrement au niveau des fosses nasales (polype, déviation de la cloison, grosse amygdale, végétation) et même sur un autre appareil : digestif (appendicite) ou génital (métrite, fibrome, salpingo-ovarite).

Il semble que l’épine peut siéger en un point quel-

conque de l’organisme, pourvu qu’il se trouve en ce point des ramifications du système neuro-végétatif.

D’autre part, la découverte, chez certains sujets d’une sensibilisation particulière à certaines substances dont l’introduction dans l'organisme déclencherait la crise par un véritable phénomène d’anaphylaxie, donne à la question une orientation nouvelle.

Enfin, MONCORGÉ a suggéré l’idée d’infection ou d’intoxication, avec bien souvent filtrage insuffisant d’un foie présentant un état de déficience spécial synthétisé par GLÉNARD sous le nom d’ « hépatisme ».

C’est de ces données pathogéniques que découlent la plupart des thérapeutiques préconisées.

Outre les traitements symptomatiques qui tendent soit à une excitation du sympathique (adrénaline pure ou associée sous le nom d’évatmine à la post-hypophyse, éphédrine, extrait surrénal total ou sérum de HECKEL), soit à une sédation du vague (belladone, atropine), les auteurs ont conseillé :

La recherche et l’ablation si possible d’une épine irritative ;

La désensibilisation spécifique (ACHARD et FLANDIN ; WIiDAL, PASTEUR-VALLERY-RADOT) ;

La désensibilisation non spécifique par le lait ou la peptone (PAGNIEZ, PASTEUR-VALLERY-RADOT) ;

La modification du terrain par les vaccins type Mi- NET ou par l’autohémothérapie ;

L’opothérapie pluri-glandulaire ;

La radiothérapie de la thyroïde ;

L’actinothérapie ;

L’anesthésie générale (TROISIER, DANIELOPOLU).

Chirurgicalement, la section du sympathique cervical, avec ou sans résection du ganglion étoilé (Kum- MEL, LERICHE) ; résection du pneumogastrique droit (Kappris).

Nous devions énumérer les diverses pathogénies, il ne nous appartenait pas de les discuter.

La médication que nous suggérons est en effet d’ordre général, visant tous les asthmes, tous les asthmatiques, quelle que puisse être la cause du mal.

Cependant, tout ce qui brille n’est pas or ; tout ce qui oppresse n’est pas asthme.

S'il est tout à fait facile de différencier celui-ci de la plupart des autres dyspnées, il est un diagnostic souvent difficile, c’est celui de ce que l’on a nommé les pseudo-asthmes, urémique, cardiaque ou médiastinal.

Nous avons, chez tous nos malades, discuté longuement cette hypothèse et éliminé ceux d’entre eux chez lesquels une étiologie cardiaque, artérielle, rénale ou médiastinale pouvait être incriminée.

Nous n’avons pas cru bon d’instituer l’abcès de fixation dans deux cas où l’asthme nous a paru intriqué et nous nous sommes également abstenu pour les malades dont les crises ne présentaient aucun élément spasmodique, étant seulement ce que SERGENT appelle des « crises d’emphysème ».

IlT, — De l’abcès de fixation dans le traitement de l’asthme

C’est une remarque déjà vieille, corollaire de la simple observation, mise particulièrement en relief par la thèse de Marmorron (1913) et par un article de BESANÇON et JACQUELIN dans la Presse Médicale (1931) que lélévation thermique a sur lasthme une action favorable, et qu’au cours des pyrexies les asthmatiques voient des améliorations et même des rémissions de leurs symptômes tant objectifs que subjectifs.

L’abcès de fixation est au premier chef pyrétogène.

Par la leucocytose qu'elle provoque, par le choc qu’elle détermine, et par son action sur le système neuro-végétatif dont elle rompt l’orientation, la fièvre possède sur le terrain asthmatique une action certaine. 11 est même possible que la vaccinothérapie, qui n’est généralement efficace qu’autant qu’elle engendre une réaction thermique et partant leucocytaire, agisse bien souvent en partie comme agent pyrétogène.

Cependant, nous l’avons déjà vu, à côté de notions de sensibilisation, d’allergie protéinique, d’instabilité humorale, de choc hémoclasique, de déséquilibre sympathico-vagal, de dysendocrinie, pointe de plus en plus la notion d’infection et il apparaît vraisemblable

qu’il y a à la base de l'asthme une infection ou une intoxication endo ou exogène.

Si chaque asthme a sa pathogénie et son mécanisme propres, si tout asthme est une question d’espèce, toujours un rôle primordial semble appartenir à la toxi-infection.

« Pour reproduire l’asthme, dit J. Roux, il faut la simultanéité de trois éléments : intoxication ou infection, système nerveux sensible — en réalité ces deux causes finissent par n’en faire qu’une — et excitation ; encore celle-ci, cause occasionnelle, n’est-elle pas toujours nécessaire ; quand elle existe, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. »

« Généraliser, écrit MONCORGÉ, étendre à tout asthme le bénéfice de la conception toxi-infectieuse, est une théorie aussi séduisante que rationnelle, proposée et justifiée par la clinique, théorie propre à éclairer les étapes ou le mécanisme du syndrome et féconde en déductions thérapeutiques. »

Une de ces déductions fut pour nous l’abcès de fixation qui depuis longtemps a fait ses preuves dans tous les états toxi-infectieux, tant par son action sur le terrain que par la véritable saignée de substances toxiques qu’il réalise.

Enfin, si l’on admet que « le nervosisme constitutionnel est un élément étiologique à peu près indispensable » (Etienne BERNARD) et que l’asthmatique présente souvent un « psychisme particulier qui peut confiner au pythiatisme »(BESANÇON), n’avons-nous pas en l’abcès artificiel un moyen psychothérapique excel-

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