MODE D'ACTION DES SCARIFICATIONS
Scarifier veut dire d’une facon générale faire de la déplétion locale, sanguine. ; | È
C'est ainsi qu'en médecine, la scarification consiste — dans des mouchetures ou des ponctions destinées à
diminuer la congestion ou l’œdème des tissus.
En dermatologie, on lui consacre un sens spécial, la scarification a pour principe de dilacérer les tissus pathologiques et de diviser leurs vaisseaux afin de favoriser une cicatrisation normale.
M. E. Vidal a fait pratiquer, sous sa direction, un grand nombre de biopsies et, par des recherches méthodiques et des études bien conduites, il a pu suivre l'évolution néoplasique et inflammatoire à ses différents stades, et nous apporter des conclusions fermes. Le lupus était le principal sujet de ses recherches.
La division des éléments anatomiques et anatomo-
CRTC EE
pathologiques, ainsi que celle des vaisseaux, crée dans une même région des conditions nouvelles dans la nutrition et circulation locales. Les vaisseaux sectionnés donnent naissance à des caillots qui peuvent s'organiser
mais dont le premier effet est d'interrompre et d’amoin-
drir la circulation locale. Peut-être devons-nous faireinter-
venir également la paralysie des noyaux et des ganglions vaso-moteurs qui ést le fait des excitations violentes, et qui crée une diminution du tonus vasculaire et la dilatation des vaisseaux de la région irritée. C’est bien ce qui doit se produire dans les searifications. Mais que nous importe la théorie. Le fait pratique que ‘ous avons à retenir est celui-ci : la circulation diminue dans les régions scarifiées. Dès lors, les éléments cellulaires tombent en dégénérescence granulo-graisseuse.
Cette dégénérescence atteint seulement les tissus adultes, les cellules altérées, néoplasiques; c'est une transformation qui conduit à la guérison. Les cellules jeunes, au lieu de se développer dans le sens néoplasique, s’organisent sous forme de tissu fibro-conjonctif, qui aboutit
finalement à la sclérose. Dégénérescence granulo-graisseuse d'une part, et transformation fibreuse, d’autre part, tels sont les deux processus que tend à réaliser la nature médicatrice.
Ce sont les deux modes les plus fréquents de la œuérison spontanée, de la tuberculose. |
Ainsi agissent les scarifications et les scarifications linéaires en particulier, Elles imitent ou plutôt excitent
la nature qui se défend et cherche à repousser les atta-
RAA ES
ques quelles qu’elles soient, néoplasiques où inflammatoires ; elles constituent, par conséquent, un traitement rationnel. Elles décongestionnent les tissus, favorisant ainsi la régression des produits inflammatoires.
Nous devons ajouter que cette méthode ne présente guère de dangers, puisqu'on n’a jamais noté d’infections mêmes banales, à la suite de son application. Par contre, elle rend de signalés services ainsi que nous le
verrons plus loin. Klle sera conduite de pair avec le trai- :
tement interne toutes les fois qu'il s'agira d’une affec-
tion d’ordre général.