‹ Traitement de l'Épiphora Au cours de la Paralysie FacialeChapitre 4 sur 10 · LARGES · texte numérisé non relu

LARGES

» métallique, large, est appliquée sur la compresse » d’ouate. Une bande élastique passant sous le menton, » verticale, maintient le tout. Un tampon sec sert à » appliquer la compresse sur l'œil très exactement, » grâce à une deuxième bande de caoutchouc qui passe » obliquement sur l’œil du côté malade et au-dessus de » l'œil du côté sain.

« L’intensité est de 3 à 5 M. A. L'expérience m’a mon- » tré que les intensités faibles, telles que Huet les pré- » conisait, donnent de meilleurs résultats que les fortes » intensités et je ne dépasse jamais 5 M. A.

« Je fais 3 séances par semaine, par période de 5 se- » maines, séparées par des périodes de repos de 3 à 4 » semaines ».

Plusieurs malades ont été traités de cette façon et les observations nous montrent les résultats excellents qu’ils en ont retirés.

Obs. I. — M. KR. a été pris brusquement le 28 septembre 1921, d’une paralysie faciale gauche « a frigore ». Il n'y a eu ni angine, ni rhume avant la paralysie, Voyageant beaucoup en automobile il a toujours par suite de la disposition de la voiture le côté gauche de la face plus exposé au froid que le côté droit.

En 24 heures, la paralysie complète s'est établie. Il a été traité électriquement en province. On lui faisait des excitations faradiques qu’on à remplacées par du courant continu quand l'excitation faradique a disparu.

Le malade a été vu par M. Bourguignon le 21 novembre 1922 soit deux mois après le début de la paralysie.

À ce moment la paralysie était complète pour tous les muscles innervés par le facial gauche. L’orbiculaire était particu-

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lièrement atteint et par suite le larmoiement marqué. On remarquait seulement qu’au repos, la déviation de la bouche n’était pas excessive.

L'examen électrique pratiqué à ce moment a montré une R. D. totale manifestée par les signes suivants :

Inexcitabilité du nerf entre 10 et 15 M. A. pour tous les muscles.

Contractions très lentes et galvanotoniques aux points moteurs et par excitation longitudinale pour tous les muscles. Chronaxies comprises entre Os,006 et 05,025 pour tous les muscles.

Rhéobases (seuil galvanique) très diminuées.

Il faut remarquer que pour l’orbiculaire des paupières la chronaxie est relativement petite et que les valeurs de la chronaxie des autres muscles sont assez différentes les unes des autres. Ces éléments permettaient de dire que le pronostic n’était pas mauvais, toutefois on n’aurait pu compter sur une amélioration avant 5 à 6 mois.

Aussitôt après l'examen, le malade fut soumis au traitement dont nous avons décrit la technique.

Première série du traitement du 1% au 31 décembre 1921.

Dès le 26 décembre, après 3 semaines de traitement, l'œil commençait à se fermer, amélioration du côté du sourciller et du frontal. .

Le 2 janvier, l’œil se fermait encore plus facilement, autres améliorations dans le reste des muscles.

Le traitement est suspendu da 1° janvier au 25 janvier 1922. |

Il est repris le 26 janvier jusqu'au 24 février 1922 (15 séances). :

L'amélioration s’est accentuée progressivement et le 26 février tous les muscles de la face se contractent volontairement ; l'œil arrive à se fermer complètement.

Il ne persiste qu'une R. D. partielle.

Voici donc un premier malade atteint de paralysie faciale

HÉRIARD 2

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gauche complète présentant un ectropion marqué avec un larmoiement que le traitement électrique ordinaire n'avait pas amélioré et chez lequel l’ionisation d’iode a rendu raprdement l'intégrité du nerf facial] et par suite a fait cesser l’épiphora.

Obs. II. — Mme P.., âgée de 51 ans, a été prise brusquement le 48 mars 1922 de paralysie faciale périphérique gauche «à frigore », le lendemain d'un jour où elle avait été nettement exposée à un refroidissement du côté gaucke.

Trois jours après le début de la paralysie, elle a éprouvé des douleurs derrière l'oreille, dans le nez et au-dessus de l'œil. Ces douleurs durèrent 3 jours et disparurent spontanément.

Au moment où les douleurs disparurent, il y eut, pendant 2 ou 3 jours une légère amélioration de la paralysie faciale. Cette amélicration consistait en ce que la malade parlait mieux et retenait un peu plus facilement les liquides. mais il n'y a eu aucun retour des mouvements volontaires. L'état devint alors stationnaire, sans aucun changement jusqu’au jour où la malade est venue consulter le 19 avril 1922.

A ce moment, la malade présentait une paralysie faciale gauche complète, qui datait alors d’un mois.

L'œil gauche présente une lagophtalmie considérable, avec ectropion très marqué de la paupière inférieure : il pleure tout, le temps et la conjonctive est très rouge. I n'y a aucune ébauche de fermeture de l'œil.

Tous les autres muscles de la face sont aussi complètement immobiles.

. Le seul élément favorable est que, au repos, la bouche n’est pas trop déviée et le tront n’est pas rigoureusement lisse.

L'examen électrique pratiqué à ce moment montre une R. D. totale.

Première période de traitement. — Du 24 avril au 26 mai, le D' Bourguignon fit quinze séances d'ionisation d’iode avec pénétration intra-cranienne du courant à raison de

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3 séances par semaine de une demi-heure de durée chacune avec 2 à 3 M. A. aux sept premières séances et 4 M. A. aux huit dernières.

Dès la 4° séance, une amélioration nette s'est manifestée dans la tonicité de l’orbiculaire des lèvres.

A la neuvième séance, soit trois semaines après le début du traitement, l’ectropion de la paupière diminue, ce qui produit une amélioration de la rougeur de la conjonctive qui était très marquée ; l'œil pleuré moins.

Le 26 mai, au bout d’un mois de traitement, il y avait une amélioration considérable,

Les rides du front s'accentuent., Il existe maintenant des mouvements volontaires, encore peu étendus, mais atsolument certains dans le frontal, le sourciller, etc..

:L'œil ne referme pas encore, mais les paupières cligrent.

L’œil ne pleure plus. La lagophtalmie a à peu près disparu, et n’y a plus d’ectropion.

Le traitement est suspendu du 26 mai au 26 juin.

Deuxième période de traitement. — Du 26 juin au 26 juillet, par une deuxième série de quinze séances, même technique.

Le 12 juillet,à la huitième séance, il commence à apparaître une légère contracture au niveau du pli naso-génien.

La technique est un peu modifiée, on supprime toute la partie de l’électrode couvrant la moitié inférieure de la face.

À la quinzième séance, l'amélioration s’est nettement accentuée.

Le traitement est suspendu jusqu’au 2 octobre.

Comme pendant la première période d'arrêt l'amélioration a progressé. ,

Le 2 octobre, {ous les muscles ont recouvré leurs mouvements, volontaires, il reste seulement une légère diminution d'amplitude de ces mouvements.

L'œil se ferme complètement, le larmoiement a cessé.

La R. D. totale a disparu.

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