DÉCALAGE EXTERNE DE LA PAUPIÈRE INFÉRIEURE
Nous avons vu tout le profit que pouvaient tirer les malades de l’ionisation d'iode. Mais cette méthode ne peut avoir dans tous les cas des résultats positifs et il y a toute une catégorie d’ectropions avec larmoiement chronique, consécutifs à des paralysies irréductibles de la 7° paire.
Dans ce cas, il faudra intervenir chirurgicalement et redresser la paupière tombante.
Bien des méthodes ont été employées jusqu'ici dans ce but, les unes cherchant à donner plus de consistance aux tissus trop mous, d’autres à produire une rétraction cicatricielle, les autres enfin à attirer la paupière en dehors et à la redresser. ;
De tous ces procédés, le plus pratique et celui qui donne les meilleurs résullats est celui qui consiste à tendre la paupière pour la redresser en exerçant une traction au dehors. |
Deux procédés inspirés de ce principe sont habituellement employés. Ce sont les procédés de Szymanowski etde Terson. |
pp.) Pere
Nous renvoyons pour leur description à l’ouvrage du D' Terrien, « La chirurgie de l’œil et de ses annexes », 2 édition, page 549-550.
Critique de ces procédés
Ces procédés sont bons lorsqu'on a affaire à des ectropions légers avant que l'infection et le larmoiement aient épaissi le bord palpébral.
Mais ils sont insufisants dans les cas plus sérieux, surtout dans les cas anciens avec épaississement de la paupière inférieure.
Et le défaut principal de ces procédés est de ne pas prendre appui sur un point résistant en se servant uniquement de la peau. Il en résulte à la longue un relâchement et une récidive de l’ectropion et par suite du larmoiement.
Un aperçu anatomique de la paupière est nécessaire pour montrer l’existence des points d'appui, qu’il est possible d'utiliser. Nous renverrons pour cela à l’excellente thèse du Dr Lesage, nous bornant simplement à rappeler que :
1° La peau de la paupière est extrêmement souple, mince et peu résistante.
2° La paupière présente un squelette résistant formé par le septum orbitale et le tarse.
3° Les tarses présentent à leursextrémités des prolon-. . gement fibreux qui renforcent le septum et s'unissent à chaque commissure pour former de véritables ligaments, latéral interne inséré sur la branche montante du maxil-
liaire et latéral externe, épaississement du septum entre la commissure et le bord externe de lorbite.
Il existe donc des tissus résistants, et c’est sur ces tissus que l’on devra s’appuyer pour maintenir la paupière.
Le docteur Cantonnet, s'appuyant sur ces faits anatomiques, en fait découler les principes opératoires suivants :
1° S’appuyer sur le tarse de la paupière inférieure ;
2° Renforcer celle paupière en la raccourcissant véritablement, c’est-à-dire dans tous ses plans et non pas seulement dans son plan cutané ;
3° L’appuyer à la paupière supérieure et l’en rendre solidaire ainsi qu'aux lames fibreuses et aux aponévroses, revêtant le rebord externe de l’orbite.
C’est en se basant sur ces principes qu’il traite depuis de longues années l’ectropion par le procédé pour lequel il a proposé l'expression de « Décalage externe de la paupière inférieure ».
- Technique de l'Opération
On se rappellera qu’il faudra :
1° Tenir le tarse;
2° Rendre libre la paupière inférieure de la supérieure pour que son déplacement en dehors ou décalage soit possible. |
Il faudra. donc ouvrir l'angle externe d’un coup de ciseaux qui sectionne dans son grand axe le ligament
palpébral externe.
ORAADE
On procèdera donc de la façon suivante :
Désinfection. — Instillation de quelques gouttes d’une solution de cocaïne à 4 0/0 dans les culs-de-sac conjonctivaux.
Badigeonnage de la peau et du bord libre des paupières avec la solution suivante :
Glycérine Teinture d’iode } à parties égales Alcool
Lavage des culs-de-sac avec une solution d’oxycyanure de mercure à 1/5000.
Anesthésie. — On pratique une première injection traçante de cocaïne dans le bord libre de la paupière infé-
, rieure, puis l’injection sous-cutanée comme dans le procédé de Szymanowski ; enfin une troisième piqüre par la conjonctive en plein cul-de-sacexterne filant le rebord orbitaire externe.
Incisions. — 1‘ temps : On trace au bistouri l’incision cutanée en fer de lance de Szymanowski ou celle triangulaire de Terson et on enlève le fragment de peau ainsi circonscrit.
2° temps : On enlève une languette de 4 à 6 millimètres du bord libre de la paupière inférieure.
3° temps : D’un coup de ciseau horizontal, on sectionne l’angle externe sans dépasser le rebord orbitaire.
Ceci étant fait, on mobilise le lambeau qui fait suite à la paupière inférieure, celui qui doit se déplacer se gardant bien de mobiliser les autres lambeaux.
La mobilisation étant effectuée on passe un fil n° 3 ou 4 dans l’angle du lambeau de paupière inférieure et les
dE N €