‹ Traitement de l'hydrocèle: par les injections d'éther iodoforméChapitre 7 sur 22 · MANUEL EP SUITES OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

MANUEL EP SUITES OPÉRATOIRES

Le manuel opératoire de la méthode est très simple : nous ne l’indiquerons que sommairement.

Les instruments nécessaires sont : un trocart stérilisé par flambage et mis dans une solution antiseptique ; une seringue, dite à hydrocèle, en caoutchouc durei, pouvant contenir 50 à 100 grammes de teinture d'iode.

La transparence de la poche bien constatée, la situation du testicule précisée, on fait la toilette et l’asepsie du serotum.

Puis, le malade étant couché, les bourses tenues de la main gauche, on enfonce d’un coup sec le trocart au point voulu, — en général partie antérieure, inférieure et externe du scrotum, sauf inversion du testicule.

On retire le trocart, laissant la canule; le liquide

aginal s'écoule. La poche à peu. près vide, on y in-

jecte 50 à 100 grammes de teinture d'iode, suivant la grosseur de la tumeur, à l'aide de la seringue aseptisée. Ceci fait, on bouche l’orifiee de la canule, et l'on malaxe légèrement la tumeur pour mettre l'iode en contact intime avec la tunique vaginale.

Au bout de trois à cinq minutes, on laisse la teinture s'’écouler par la rétraction progressive du

dartos, puis on retire brusquement la canule. La PONSAR D 3

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petite plaie peut être fermée à l'aide du diachylon, du collodion ou mieux, comme l'indique Wiekham, par un pansement ouaté compressif qui hâterait la guérison.

Il faut, à la suite de l'opération, que le malade reste au lit, les bourses relevées si lon n’a pas fait de pansement. “

Le soir ou le lendemain, le scrotum gonfle et rougit, devient chaud et douloureux. Il survient une orchi-vaginalile intense, un épanchement séreux, résultant de l'inflammation de la tunique vaginale, se forme ‘et les bourses reprennent le volume qu’elles avaient primitivement.

Mais «le malade ne peut guérir que par eette väginalité», dit M. Després (Chirurgie journalière). Il est même arrivé à cet auteur, ne trouvant pas la réaction assez intense, à la suite d’une injection iodée,. de renouveler celle-ci quelques jours après la première intervention, afin d’assurer la guérison.

Pendant ce temps le malade a de linnapétence,. de la fièvre, et souffre, surtout au plus léger attou-. chement.

Cet état dure six à sept jours; la fièvre tombe cependant plus tôt. Et, à la fin de la première semaine, tous ces phénomènes s'apaisent. En quinze jours, trois semaines, la guérison est obtenue. Velpeau et d’autres annoncent douze jours; mais, comme le fait remarquer M. Després, (ce n’est pas le moment où

«le malade se lève et va à ses affaires avec un sus- « pensoir qui doit être considéré comme le moment

«de la guérison... Pour qu’il y ait guérison, il faut « que le serotum ait repris sa couleur, sa souplesse, « qu'il n'y ait plus de liquide. » (Loc. cit.)

M. Després donne même des chiffres beaucoup plus élevés : Voici deux observations tirées de sa - Chirurgie journalière :

OBSERVATION I (Chir. journ. Després)

Jules Victor M..., âgé de 57 ans, hydrocèle vaginale droite

Depuis 10 ans, le malade s'est aperçu qu'il porte une -grosseur, dans le scrotum du côté droit.

La tumeur a le volume d'une tête d'enfant nouveau né, elle est transparente, le testicule est situé en haut et en arrière de la tumeur.

Ponction et injection iodée, teinture d’iode pure des hôpitaux, le 22 décembre 1876 ; vu le volume énorme de l'hydrocèle, M. Després laisse dans la tunique vaginale 30 grammes environ de teinture d'iode. Le soir tuméfaction -et rougeur du scrotum, le liquide de l'hydrocele se reproduit. |

Fièvre du deuxième au quatrième jour après l'opération ; le neuvième jour la douleur a disparu dans le scrotum.

A partir de ce jour, le scrotum diminue tous les jours, la résorption du liquide est complète le 28 janvier 1877.

OBSERVATION II (Després, loc. cit.

Pierre Etienne P.., âgé de 55 ans, journalier, est. atteint depuis trois mois dit-il, d'une grosseur dans lescrotum du côté droit. La tumeur a le volume d’un gros œuf, est transparante, et le testicule y est situé en arrière.

Le 29 décembre, ponction ét injection iodée ; la tumeur ayant un petit volume, M. Després ne laisse pasou laisse une quantité peu appréciable de teinture d’iode.

Le 30 décembre la réaction inflammatoire apparait, le scrotum est rouge,le liquide de l’hydrocèle commence à se. reproduire. |

Fièvre les deuxième et troisième jours, défervescence rapide. {

, Le septième jour le scrotum n'est pas douloureux, le liquide de l’hydrocèle entièrement reproduit, commence à se résorber. Il a disparu le 30 janvier 1877.

Depuis quelques années, avant l'injection de la teinture d’iode très douloureuse, on insensibilisela vaginale à la cocaïne, soit avec une quinzaine de grammes de solution à 1/200, soit avec une à quatre seringues de Pravaz de solution à 1/50 dans le liquide. de l’hydrocèle non évacué.

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Méthode sanglante

“ : HISTORIQUE

Jusque 1876, la ponction suivie de l'injection de Velpeau resta à peu près la seule méthode de traitetement de Fhydrocèle. Toutefois la réussite n'était pas toujours parfaite, il y avait des récidives, fait très :ompréhensible, étant données les nombreuses altérations du côté du testicule,de l'épididvme et de la séreuse, causes de la tumeur.

Aussi, encouragé par les brillants résultats de l'antisepsie, Volkmann songea-t-1l à la méthode san-

-glante. ir D'ailleurs, il n'avait pas la priorité de ce mode dé traitement, L'incision, préconisée jadis par Celse, fut pratiquée couramment au siècle dernier. On faisait une ouverture à la partie supérieure du serotum, assez large pour permettre l'introduction du - doigt. Un bistouri boutonné servait à achever la division de toute là paroi antérieure de haut en bas. et de dedans en dehors,

Pour produire l'adhérence des deux feuillets de

la tunique vaginale, on faisait suppurer en remplis ‘sant de éharpie la poche dont la cicatrisation se fai-

sait du fond vers les bords,

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