‹ Traitement De L'hypertonie: Dans Le Syndrome Bradykinétique Post-EncéphalitiqueChapitre 10 sur 24 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

L'INDEPENDANCE ENTRE LA BRADYKINESIE L'HYPERTONIE MUSCULAIRE ET LES SIGNES PYRAMIDAUX DEMONTREE PAR LES ETUDES PHARMACODYNAMIQUES.

I. — Indépendance entre la bradykinésie et l’hypertonie de posture.

MM... Cruchet et Verger ont bien mis en évidence, au cours de leurs leçons cliniques faites à l'Hôpital Saint-André, que ces deux états pouvaient aller l’un sans l’autre et même que leur apparition à des périodes différentes de l’évolution de la maladie était la règle : =

«Eh bien! plus je vois de ces malades, ou plutôt, plus je suis l'évolution de certains que j'ai eu l'occasion d'examiner tout au début, plus j'acquiers la conviction que l'évolution normale passe par deux phases, une phase primitive de bradykinésie pure, et une phase secondaire, qui paraît malheureusement définitive, d'hypertonie. »

Mais on peut donner de cette indépendance une autre démonstration aussi nette qu'élégante. Delmas-Marsalet, nous l'avons vu, à montré que l'injection sous-cutanée de 1 mgr. 25 de bromhydrate de scopolamine peut abolir momentanément les réflexes de posture élémentaires et l'hypertonie qui en dépend; or chez les sujets soumis à cette épreuve on constate que les mouvements, quoique devenus plus rapides, gardent encore une lenteur inhabituelle et cet auteur conclut logiquement qu’il faut admettre que l'hypertonie posturale n’est pas tout dans le

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déterminisme de la bradykinésie. « Si l'hypertonie musculaire accroît, sans aucun doute, la lenteur motrice, il existe dans la création de cette lenteur d’autres facteurs, qui ne sauraient trouver leur origine dans les variations mêmes du tonus des muscles : nos recherches sur les fonctions du noyau caudé nous ont d’ailleurs démontré, à diverses reprises, des états d’appauvrissement de l’activité motrice, qui ne se reliaient pas à un état d'hypertonie musculaire.

» Quels sont donc les facteurs propres à la bradykinésie?

» Le premier de ces facteurs est sans doute l’état mental spécial des sujets, qui exprime assez bien le terme de bradykinésie psychique (Hesnard); les constituants élémentaires de cet état sont d’ailleurs : le ralentissement du courant de la pensée, l'indifférence émotionnelle, la répugnance à l'effort. I y a là un état psychique assez comparable à l’état musculaire, et l’on peut parler avec Hesnard d’une viscosité mentale parallèle à la viscosité motrice. :

» Un deuxième facteur joue certainement un rôle dans la bradykinésie : c'est, comme l’a pensé le professeur Verger, le déficit d’une fonction très Sénérale du cerveau, la fonction automatique d'habitude.

» La fréquence avec laquelle on peut dépister des signes légers d’altération pyramidale au moyen de la scopolamine montre que l'existence des troubles pyramidaux doit également entrer en jeu comme un facteur possible d’entrave du mouvement. »

II. — Rapport entre l’hypertonie parkinsonienne et les signes pyramidaux.

Nous avons vu qu'après l'épreuve de la scopolamine pouvaient apparaître des signes pyramidaux du fait de l'abolition des réflexes de posture, ou que, dans les mêmes conditions des signes pyramidaux, préexistants, pouvaient être rendus plus évidents du fait de cette véritable libération posturale. Ces constatations ont amené Delmas-Marsalet à formuler les lois suivantes :

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1° Il existe une catégorie de parkinsoniens post-encéphalitiques chez lesquels une injection sous-cutanée de 1 mgr. 25 de scopolamine peut faire apparaître des signes de la série pyramidale ;

2° Les signes pyramidaux se manifestent au fur et à mesure que l'intensité des réflexes de posture est plus réduite; ils revêtent leur maximum de netteté au moment même où les réflexes de posture sont abolis. "

3° L'épreuve de la scopolamine, pratiquée sur les sujets normaux, fait bien disparaître les réflexes de posture, mais n'entraîne en aucun cas Fapparition de signes de la série pyramidale.

4° Force est donc d'admettre que la scopolamine ne crée pas de toutes pièces un état d’excitation pyramidale où médullaire, mais qu'elle permet à ces états, lorsqu'ils existent, de se -révéler, grâce à l'abolition préalable des réflexes de posture.

5° Il existe donc entre l'exagéralion des réflexes de posture et les signes de la série pyramidale un certain antagonisme séméiologique. Cel antagonisme se manifeste dans deux eircons-

tances. :

a) Les lésfons du système pyramidal abolissent les réflexes de posture; ,

b) L'exagération des réflexes de posture tend à entraîner la production dés signes pyramidaux tels que le clonus, la trépidation épileptoïde, le Babinskr. Elle peut les masquer au point de faire croire à leur absence.

6° Tous les moyens propres à faire disparaître les réflexes de posture pourront permettre l'apparition des signes de la série pyramidale.

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