‹ Traitement de l'insuffisance et du rétrécissement mitralChapitre 23 sur 26 · TRAITEMENT DES AFFECTIONS. MITRALES CHRONIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES AFFECTIONS. MITRALES CHRONIQUES

Le traitement des affections mitrales chroniques se divise en deux parties. Dans la première partie nous ferons rentrer le traitement de la période dé début de l'affection et celui de la période d’état.

D'ordinaire en effet, la lésion mitrale chronique ne se mantleste au médecin que lorsqu’ellé est parvenus à sa seconde phase, période d’état ou de compensation. Dans la seconde partie nous étudierons le traitement de la troisième phase, celle des accidents dits asystoliques.

Tout cardiaque doit avant tout être traité par l'hygiène. L’hygiène appliquée au traitement des afiections mitrales, qui nous occupent ici spécialement, est d’une impor-

tance de premier ordre. C’est elle: qui permet. d’éloigner

l'échéance des accidents graves et par conséquent d’allonger d’autant la vie du malade, et de prendre sa part de la vie commune.

Cette hygiène peutse résumer en quelques lignes comme l’a fait Huchard (1) : « éviter tout ce qui peut surexciter « le cœur, le fatiguer ou l’affaiblir, éloigner toutes les « causes d’aggravation dans le but de prolonger le plus « possible la période de tolérance ; ne demander au cœur « que le travail dont est capable son aptitude fonctionnelle « plus ou moins diminuée ».

Quelles conclusions pratiques comportent ces indica-

tions, c’est ce que nous allons examiner maintenant.

Climat. — On recommande d’une façon générale des climats tempérés, sédatifs, à l’abri des vents et des trop grandes variations de température. Il estimprudent d’en-

voyer les malades dans des climats élevés.

Habitation. — Le séjour à la campagne est préférable à celui de la ville, à condition toutefois que les maisons soient à l’abri des grands vents et des brouillards. Les habitations ne devront pas être trop proches de l’eau, ni être humides. Les mitraux ne devront pas habiter des entresols bas, mal éclairés, mal aérés ; mais au contraire des pièces grandes, larges dans lesquelles l’air pénètre librement.

Vêtements. — Il faut éviter la compression du thorax,

du foie par le corset chez la femme, toute constriction soit

1. Huchard. Traité de thérap. appliqué de Robin, fase. X, p. 66.

nr au cou, soit à la taille, soit aux membres. À ce sujet le D* A. Myers (1) a attiré l'attention sur la fréquence des affections cardiaques dans l’armée anglaise et a regardé comme cause importante la constriction de certaines par-

ties du corps par l’équipement.

Exercice. — Ici un juste milieu s'impose, le repos absolu est nuisible au même titre que l’exercice exagéré. On recommandera aux malades de marcher sur des terrains plats, pour éviter trop de fatique ou trop d'efforts. Quant à la question de la bicyclette les avis sont encore partagés. Huchard semble l’absoudre des méfaits dont on la incriminé et il aurait tendance à ne pas en interdire usage dans certains cas nettement déterminés. Pour notre part nous pensons qu'il est prudent de s’abstenir de ce sport.

Rappelons également qu’en Allemagne (2) on a eu recours à la cure de terrain ; qui consiste à prescrire chaque jour au malade pendant un temps déterminé, une marche dont on augmente graduellement la durée et le degré de pente de la route, Ces indications prennent une grande valeur chez les mitraux avec cœur gras.

Gymnastique. — Tous les auteurs sont d'accord pour éliminer la gymnastique de force. Tout au contraire, admettent-ils volontiers la gymnastique passive ou méthode suédoise, qui active les circulations artérielles et veineu-

ses et tonifient le cœur périphérique.

1, A. Myers. On the eliologie and prevalence, of the heart amany soldiers, 1870.

2, Œrtel, 7° Congrès de médecine interne, Wiesbaden, 1888.

CT

Massage. — Le massage peut être comparé à la gymnastique passive. Les frictions excitantes stimulent en effet les terminaisons nerveuses et aclivent la circulation

capillaire.

Toilette, hydrothérapre. — Le premier conseil (1) à donner au malade est de se lever de bonne heure pour éviter la surcharge qgraisseuse qui est l’un des principaux fléaux des cardiaques.

Le malade peut faire sans crainte chaque matin des lotions froides + 12 à + 16 degrés, progressivement décroissantes. L’impression réflexe sur le cœur, produite par l’eau froide cesse très promptement comme le prou-

“vent les observations recueillies par Fleury, Bouillaud. - Après quelques jours de frictions pendant quelques secondes avec le drap mouillé très fortement tordu, on peut aborder la douche en jet, de quelques secondes. Une remarque importante à noter, l'air de la salle ou du cabinet de douche doit être chaud. « Eau froide, air chaud » telle était la formule de Fleury.

Le cardiaque doit éviter le bain froid O0 à + 25° qui amène dans la circulation, une perturbation. Il-refoule-le sang dans les viscères certraux qu'il congestionne, et amène le ralentissement de la circulation et la gêne de la respiration.

Les bains tièdes de 25 à + 30 degrés et les bains chauds de + 50 à + 40 degrés pourront être permis à

titre de bains de toilette, c’est-à-dire à condition de ne

Page 1