G. Sée Traite des maladies du cœur
9, Huchard. Maladies du cœur el des vaisseaux.
Angellier 2
tie lieu de sortir, lorsqu'on comprime brusquement le ventricule, uniquement par l'aorte, pénétrera également dans l'oreillette par orifice auriculo-ventriculaire gauche.
Le rétrécissement mitral pur se présente également d'une manière très caractéristique. Normalement l’appareil valvulaire de l'orifice mitral, a la forme d’une mitre d’évêque, comme lindique son nom.
Si cet orifice est rétréci, sa forme se modifie. Suivant son aspect on le compare à un entonnoir plongeant dans le veutricule, à petite extrémité dirigée vers la pointe du cœur. Le rétrécissement est tel parfois, qu’on a peine à y faire passer l'extrémité du petit doigt. L’orifice rétrécei affecte d’autres fois la forme d’un museau de tanche. Ce
‘museau de tanche est dû à un bourrelet assez épais formé par le bord libre de la valvule. -
Le mécanisme par lequel se produisent ces lésions, est comparable à celui de l’insuffisance mitrale. C’est encore un processus de sclérose succédant à un processus d’inflammation. On trouve par conséquent encore un épaississement valvulaire, avec dégénérescence calcaire ; des végétations endocardiaques. Ces lésions sont plus accentuées par celles qui frappent les cordages tendineux qui s’insèrent aux valvules.
. Très souvent on constate la soudure des bords valvulaires, à leurs extrémités, diminuant ainsi la circonférence de la validité, et ne laissant de libre que la partie centrale.
Puisque le rétrécissement et l'insuffisance mitrale sont de même nature anatomique, l’étude de la maladie mitrale
elle-même s'en déduit. Le processus aura abouti à deux
ddiaie
Bug L lésions à la fois et dans la grande majorité des cas, on conçoit qu'il doit en être ainsi. Le tissu inflammatoire primitif s’organisant en tissu de sclérose et pouvant
comme nous l’avons établi séparément pour chacune des
deux lésions, provoquer un rétrécissement et une insuffi-
sance.
Si l'examen anatomique d’un cœur atteint d’une maladie mitrale se bornait à celui de la valvule, il serait à coup sûr insuffisant, Tout en négligeantles lésions secondaires des autres organes, nous ne pouvons pas passer SOUS Silence, malgré la rapidité de cet aperçu anatomique, l’état du muscle cardiaque lui-même.
Le myocarde subit les effets de la lésion valvulaire. Le plus souvent il y a hypertrophie d’abord, suivie de la dilatation de l'oreillette gauche. On connait fort bien depuis Bouillaud la raison d’être de cette hypertrophie et de cette dilatation. Si ce dernier exagérait peut être en appelant l’hypertrophie « providentielle >, il n’en est pas moins certain que c’est grâce à elle que se fera la compensa-
tion cardiaque.
Le myocarde peut encore être atteint de façondifférente, en effet l’hypertrophie ne comporte d’autres lésions
que l’augmentation de nombre et de volume des cellules
musculaires du cœur. Leur structure ne subit pas d’alté-
rations, la coloration est normale. Tout autrement en estil, lorsque le myocarde faiblit et dégénère. Les cavités
s’affaissent, le cœur se décolore et prend une coloration
‘feuille morte. Quelquefois encore du tissu de sclérose se
forme dans le tissu musculaire lui-même et des lésions de
— Ve
myocardite scléreuse accompagnent les lésions valvulai-
res.
Il nous semble inutile d’insister longuement sur la symptomatologie des lésions mitrales, Elles sont bien connues, et les différents traités classiques les exposent de main de maitre.
En ce qui concerne l'insuffisance, chacun sait qu’elle se traduit par un souffle constant, assez souvent en Jet de vapeur, qui s'entend au niveau de la pointe du cœur. Ce fait peut paraître paradoxal, puisque le bruit, naissant à la base du ventricule, devrait se propager dans le sens du reflux du sang. Frerichs et Naunyn (1) ont démontré que les bruits ont tendance à se propager dans le sens mverse du courant sanguin qui les produit. A ce niveau également le cœur est en contact plus direct avec la paroi thoracique. Ce souffle se propage habituellement vers l’aisselle avec plus ou moins d'intensité. On peut même entendre jusque dans le dos du malade, où il domine, dans certains cas, le murmure vésiculaire.
Tous ces faits ne nous arrèêterons pas davantage. Deux points seulement nous semblent avoir une réelle importance clinique. La percussion et la palpation. Celle-ci est parüculièrement importante dans l’espèce, puisqu'elle montre l'existence d'un frémissement systolique cutané, qui manque toujours dans les souffles extra-cardiaques et devient par conséquent d’une importance (diagnostic) considérable. Pour MM, Potain et Rendu (1),ce frémissement a la même valeur que le souffle au premier temps et à la
pointe,