‹ Traitement de l'Obésité par les Méthodes ScientifiquesChapitre 36 sur 54 · CENDRES · texte numérisé non relu

CENDRES

se resserre et à Salins, le Doron coule dans une gorge étroite avant de rejoindre l'Isère, un peu en aval de la petite ville de Moutiers. La station elle-même est abritée par de hautes montagnes boisées de sapins et de hêtres, parsemées de sentiers tandis qu’à l’est la vallée s'ouvre vers la Vanoise, aux sommets de 3.000 à 4.060 mètres de hauteur.

Les eaux de Brides déjà utilisées par les Romains au me siècle, jaillissent d'une source située sur la rive ‘gauche du Doron; son débit est de 400.000 litres par 24 heures. Les eaux sont chaudes (35); elles sont limpides et claires sous un faible volume, ocreuses en quantités plus considérables; elles laissent au repos un dépôt rougeâtre. D'une saveur légèrement styptique; elles dégagent des bulles assez abondantes de gaz carbonique libre. Leur analyse faite par Willm est, d'après cet auteur, la suivante :

Acide carbonique des bicarbonates . . . 0,2934 Keidercarboniquetlibré 0x Lu, 0,1017 Carbonate de calcrum É PANE TAN 0,3133 Carbonate de magnésium, . . . . . . . 0,0112 CALDONATOMERLEU SE EN Se "#:00;0078 DCR MR ARR Re ee Fu PATTA EEE 0,0464 Phiorure désordre 1,8318 Suliate/dé Soda lens ACL 1,1604 pulfateidé nolaésinm DR Nr me à 0,0946 SirateiderLLDi nee NPD RE NE AT 0,0095 Sulfate de'calcium 12.440005 eee 7145 DUATÉRTEMHASTESIUN SD EC. 0,5288 NESÉTIALeMeTrIQUe ee dar M2 0,O0DS Phosphates, bromures, iodures . . : . . traces

dore: 2189

ECS

Nous voyons l'importance que jouent dans cette eau les différents sulfates, surtout ceux de calcium et de sodium: nous faisons remarquer aussi la présence du lithium, de l’arsenic et du fer. Nous voyons d'autre part qu'elle contient des bicarbonates.

Mais le groupement indiqué dans cette analyse est forcément hypothétique. Aussi, à l'heure actuelle, il est préférable de donner l'analyse suivante recalculée par nous suivant la méthode qu'a bien voulu nous indiquer M. Frenkeel.

Gathions ANA RES ARR NOR re 1,0963 CAPES ANT . . 0,6303 NO ST ER RL ARE: en 0,1100 KI 0,0424 Fees TE 0,0038 PO RNA TE EES 0,0002 TASER PR RE RC ESRURE 0,0012 OPA EE MER 1,8842 AHDNS SAS ON See VAUT Met" ni 2,4767 ES ce A PET AN 1,1109 GOPIIDre Arr 0,1017 COPIE ERP ANR 0,4068 SO RENE 0,0587 ASC ORAN ANNE CAEN °0,0006 EL PA A ATEN Re Traces TEE No A EAN - ERA E ERET STnRE RANCE — Total 4,1554

La minéralisation totale est alors de 6,0396; ce résultat présente une légère différence avec le résultat de l’analyse précédente; elle est due aux procédés mêmes de calcul; ainsi nous trouvons la silice de l'analyse de

Go

Willm sous la forme SiO0* et nous avons été obligé de la calculer sous la forme de SiO'.

L'eau de Brides a d’ailleurs une particularité importante : c’est d’être une eau thermale, dont la température est de 39° au griffon. « Si sa minéralisation, voisine de celle du sérum sanguin, en fait une véritable lymphe minérale, facilement assimilable, sa thermalité, voisine de la température du corps, la rend essentiellement digestive, sédative, même pour les estomacs délicats, et alors qu'il est souvent nécessaire de réchauffer les ‘eaux froides pour les faire supporter à certains malades, ce qui change toujours plus ou moins leur composition, celle de Brides peut être bue par tout le monde, immédiatement à sa sortie du griffon, alors qu’elle est à l’état naissant et vierge, c’est-à-dire dans la plénitude de ses propriétés physico-chimiques » (Landouzy).

On peut enfin obtenir par l’évaporatior directe les sels de Brides; ce sont surtout des sulfates de sodium, calcium, magnésium; des chlorures de sodium et magnésium, des carbonates de calcium et de fer.

Les eaux de Brides sont employées en bains, en irrigations intestinales, mais surtout comme boissons. Prises généralement à jeun un quart d'heure à une heure avant les repas, les doses varient de 200 grammes à 2.000 grammes.

Au xvir° siècle, on les prenait à des doses énormes : 50 à 60 verres; elles avaient alors un effet diurétique et purgatif très accentué et entraînaient l'élimination de sables urinaires. À petites doses, elles excitent l’appétit et activent la digestion; aux doses moyennes, elles

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deviennent laxatives et même purgatives, toujours diurétiques. Elles sont cependant toniques et non débilitantes.

Leurs effets les plus remarquables, ceux qui expliquent le mieux comment el pourquoi elles agissent sur l'obésité, sont certainement ceux que l’on obtient grâce à elles sur le fonctionnement du foie.

Au point de vue hépatique, elles exercent une action stimulante et agissent à cet,égard comme les eaux de Vichy-Grande Grille. Leurs indications sont donc bien différentes de celles des eaux sédatives de Vals ou du Boulou.

Elles modifient localement la nutrition et la circulation hépatiques, aident à la décharge des tissus, régularisent la nutrition générale.

Leur action cholagogue est des plus nette; en même temps elles fluidifient la bile, agissent sur le pouvoir glycogénique, provoquent de la diminution de l'hypertension portale; mais il nous faut signaler d'une façon toute particulière l'action considérable qu'elles exercent sur le soufre de l'organisme comme l'ont prouvé les recherches faites par Délastre (de Brides) et dont le Professeur Robin a bien montré l'importance. Pour mesurer l’activité hépatique, l’on détermine en effet le rapport du soufre complètement oxydé au soufre total de l'urine ; c’est « le coefficient d'activité hépatique » de Robin.

Lorsque le foie travaille normalement, il oxyde à l’état de sulfates le soufre de l'organisme dans la proportion de 88 à 90 p. 100 du soufre total éliminé; mais quand le

SE y a

coefficient est au-dessous de ce chiffre, on sait que le fonctionnement du foie est en déficit; au contraire, si le soufre urinaire est presque tout entier à l’état de sulfate, cela indique que l’activité du foie est exagérée.

Or, sous l’action des eaux de Brides, on constate une augmentation de 43 p. 100 en moyenne; tous les éléments sulfurés s'oxydent d’une façon très nette, et qui est même parfois complète. Ce résultat est d'autant plus intéressant que chez beaucoup d'obèses, le coefficient d'activité hépatique est abaissé. Sous l'influence des eaux de Brides, il augmente progressivement, remonte à son chiffre normal pour le dépasser.

Il est indiscutable, à l'heure actuelle, que Delastre a eu raison en écrivant : « L'eau de Brides augmente la sulfoconjugaison et est un moyen extrêmement puissant d'accroître les éléments sulfurés de l'organisme ».

De même, l’eau agit sur l’indican urinaire; celui-ci qui est souvent en quantité trop considérable, diminue dans des proportions très sensibles sous la double action hépatique et intestingle du traitement.

Quant à l'urée, on constate une régularisation très manifeste; chez ces obèses pléthoriques et hyperazoturiques, la quantité d’urée éliminée diminue, alors que comme nous le verrons elle augmente nettement chez les obèses anémiques hypoazoturiques.

Le rôle des eaux est manifeste aussi sur l'acide urique qui est dissout de façon très importante. Quant à l’urobiline, elle disparaît rapidement des urines.

Les eaux de Brides ont donc une action heureuse

sur tous les actes du métabolisme hépatique.

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