RÉSECTION SIMPLE DU NERF OPTIQUE
par L. DE WECKER
Avant de publier dans les Annales (Nov.-Déc. 90) mon mémoire sur 1q traitement de Tophtalmie sympathique, un de mes élèves, M. de Luzarey, avait déjà souter^u devant la faculté de médecine de Bordeaux, sa thèse sur la résection simple du nerf optique, suivie de cette remarque « comme moyen préventif de l'ophtalmie sympathique (migratrice) »».. En énumérant dans mon mémoire les divers cas dans lesquels peut se trouver le praticien en présence d'un œil blessé avec menace réelle d'une transmission, ou môme lorsque celle-ci était déjà un fait accompli, je pense avoir suffisamment, indiqué que, tout en recommandant un procédé qui m'est propre, je n'entendais pas l'accommoder (sit venia verho) à toutes leg sauces, aussi ai-je bien spécifié nettement les cas où son emploi me paraissait véritablement justifié. Ainsi dans la cinquième catégorie, je dis : « Jusqu'à présent nous ne nous sommes occupé que des moyens préventifs à opposer à l'ophtalmie sympathique. Comment faut-il agir lorsqu'un œil perdu pour la vision a déjà provoqué cette redoutable affection »? Je recommande ici tout d'abord l'énucléation, mais j'ajoute qu'il y a déjà huit ans qu'en pareil cas je résèque, autant que possible, la partie du nerf restée dans l'orbite, si la simple énucléation avait été inefficace, et que j'injecte chaque jour « dans le moignon non réséquable » une solution de sublimé (à 1/2000) au moyen d'une canule, c'est-à-dire que je fais une irrigation quotidienne dans le bout du nerf optique dénudé « jusqu'à ce que la cicatrisation s'oppose à ces lavages». J'ajoute : « le résultat de cette intervention nous a paru très favorable et l'on pourra conseiller cette inter-
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vention à tous les confrères qui font encore actuellement des énucléations ».
Je dis alors : « une seconde méthode serait de procéder à une simple résection du nerf optique et dHinsister tout particulièrement sur rirrigation prolongée de Veœtrémité orbitaire du nerf^ avec une solution de sublimé plus concentrée (1 pour 1000 j
ou 1 pour .500) ».
La manière conditionnelle, avec laquelle je recommande ici la résection, mettant en première ligne l'énucléation, suivie en cas d'inefficacité de la résection du moignon avec irrigation répétée du nerf optique, me parait suffisamment claire, et quiconque veut comprendre reconnaîtra que je n'ai recours en pareil cas à la résection simple que si un obstacle absolu s'oppose à l'énucléation et au besoin à l'ablation du moignon. Mais tout en ne parlant que conditionnellement de la résection du nerf « f insiste tout particulièrement sur Vtrrigation prolongée de Veœtrémité orbitaire du nerf optique r>. Ce qui me fait précisément placer l'énucléation avant la simple résection, c'est que les irrigations répétées ne -sont guère exécutables avec la conservation du globe oculaire; néanmoins j'insiste surtout sur la désinfection après la résection. Il me semble donc que je n'ai nullement mérité la leçon que vient de me donner mon ami Abadie (Ann. d^ocuL^ Janv.-Fév. 91) lorsqu'il dit : « mais la simple section du nerf optique ne saurait être efficace. Aucun bactériologiste n'admettra que lorsqu'un tissu est envahi par des microbes, il suffit d'une simple section avec un instrument tranchant pour leur opposer une barrière infranchissable ».
C'est bien avec raison que l'on n'admet pas une pareille énormité. Mais il n'était tout d'abord pas question d'une simple section, mais bien d'une résection de un demi à un centimètre du nerf optique, en insistant tout particulièrement, après cette résection, sur une irrigation prolongée avec un désinfectant puissant. Je ne pense pas que les bactériologistes, eux, trouveraient là une hérésie à signaler, ce qu'ils pourraient ajuste titre objecter, et, de mon côté, je m'associe d'avance à cette objection, c'est que la désinfection, dans le cas de conservation du globe oculaire, ne peut pas être assez prolongée, ni suffisamment répétée, pour assurer véritablement la désinfection, que la résection seule, ni encore bien moins la simple section du nerf optique ne sauraient procurer. Ce n'est donc aussi que conditionnellement que j'ai cité cette résection, qui ne doit