‹ Traitement de l'ophthalmie sympathique (migratrice)Chapitre 3 sur 6 · LES INDICATIONS DK LA RÉSECTION SIMPLE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

LES INDICATIONS DK LA RÉSECTION SIMPLE DU NERF OPTIQUE

jamais être pratiquée lorsqu'on est maître de son malade et qu'on peut lui appliquer un traitement plus sûr et plus efficace.

Ce n*est pas parce que j'ai entrepris, et cela, je pense, avec raison, une campagne contre Vabiis des énucléations, qu'on pourra supposer un instant que, lorsqu'il se présente un cas d'ophtalmie migratrice à la suite d'une blessure qui a aboli la vision sur l'œil blessé, j'hésite un instant à mettre tout en œuvre pour sauver l'autre œil. Ici non seulement j'énuclée, mais je procède aux irrigations prolongées et répétées après résection du moignon, et je soumets en même temps le malade à un traitement rigoureux de mercuriaux, d'injections de pilocarpine, etc.

Mais qui n'a rencontré des cas (surtout lorsqu'il s'agit de petites filles) ou môme après l'éclosion d'une ophtalmie sympathique, la famille surtout s'oppose catégoriquement à l'énucléation, aune mutilation. C'est alors, je pense, que le conseil que nous avons donné pourrait 4;rouver une application rationnelle: « une seconde méthode, avons-nous dit, serait de procéder à une simple résection du nerf optique et d'insister tout particulièrement sur l'irrigation prolongée ».

Enfin ne se présente-t-il pas encore au praticien des cas où toute intervention chirurgicale lui est refusée. . Dans ces conditions pourtant si périlleuses pour la conservation de la vision, c'est alors que j'ai admis qu'on pouvait recourir à la désinfection sur place de l'œil blessé, en suivant le conseil donné par M. Abadie de se servir d'injections de une à deux gouttes d'une solution de sublimé à un pour mille, comme l'indique actuellement notre confrère.

C'est moi qui porterai maintenant le débat devant les bactériologistes, en leur demandant si je n'agis pas dans le sens de leurs doctrines, en même temps que je suis les progrès de ce que nous enseigne l'ophtalmologie moderne. Voici la question que je leur soumets : Un œil blessé se trouve être un foyer d'infection rayonnant et propageant son action par les voies lymphatiques du nerf optique ou, comme d'autres l'admettent, par les voies circulatoires du tissu orbitaire avoisinant l'œil blessé. Quel est le moyen le plus actif, en pareil cas, pour supprimer ce rayonnement et l'action fâcheuse exercée sur l'œil congénère ?

A mon point de vue, il faut placer en première ligne l'enlèvement non seulement de l'œil, mais aussi du nerf optique, autant que cela est possible, avec désinfection prolongée et répétée du

28 L. DE WECKER.

restant du nerf et simultanément aussi, bien entendu, du tissu que renferme la cavité orbitaire, car même avec une canule la désinfection ne saurait être limitée au nerf optique exclusivement.

En seconde ligne, se place, d'après moi, la simple énucléation, sans résection ni désinfection du nerf, telle que l'exécute encore actuellement la majorité des ophtalmologistes.

En troisième ligne (l'énucléation ayant été refusée), le moyen le plus recommandable me semblé de réséquer une grande partie du nerf, de sa portion intra-orbitaire, et de faire suivre la résection 'd'une irrigation désinfectante prolongée pendant cinq minutes au besoin.

Enfin en dernier lieu je place la désinfection in situ, consistant à introduire de une à deux gouttes de solution de sublimé dans la coque de Toeil, sans cacher aux bactériologistes que cette introduction n'est pas d'une exécution absolument sûre, à cause de la facilité d'écoulement de là solution au moment de retrait de l'injecteur.

Je ne crois pas qu'il puisse être douteux que mes conseils trouveront l'approbation théorique des bactériologistes, de même qu'ils' recevront l'approbation pratique des opérateurs eux-mêmes. Car y a-t-il la moindre comparaison à établir, au point de vue d'une action microbicide et désinfectante, entre l'enlèvement de l'œil et de là partie intraorbitaire du nerf, suivi d'une désinfection prolongée et répétée du restant du moignon et du tissu orbitaire ambiant; et l'action de une à deux gouttes d'une solution de sublimé au millième injectées plus ou moins sûrement dans Tœil infecté. M. Abadie pense-t-il sérieusement qu'on puisse hésiter un seul instant entre la manière de procéder que nous conseillons, et qui a du reste déjà fait ses preuves, et une désinfection sur place encore si peu expérimentée. Pourtant nous lui concédons volontiers que sa méthode pourra trouver son application si une intervention aussi catégorique que l'énucléation, sans ou avec résection du nerf optique, ainsi que la simple résection ont été refusées par les malades, et je suis même de l'avis qu'en pareil cas, lorsqu'il s'agit d'un œil perdu pour la vue, l'énucléation pourrait être remplacée par une désinfection locale bien plus énergique que celle que procurent deux gouttes de sublimé au millième.

Dans le travail que M. Abadie vient de publier, comme « nouveaux documents » en faveur de sa méthode de traitement (voy.

Page 1