LES INDICATIONS DE. LA RESECTION SIMPLE DU NERF OPTIQUE
p. 37 T. CV de ces Annales), il cite une observation d'ophtalmie sympathique qui était éclose un mois après que Tœil droit avait été blessé dans la région ciliaire par un verre de binocle brisé. On enlève, sans obtenir de résultat, l'œil blessé, et cinq jours après, la vue s'obscurcissant toujours de plus en plus, on résèque le moignon du nerf optique droit. Pas d'action par ces deux opérations, ni par une injection de la moitié d'une seringue de Pravaz, pratiquée, avec une solution de sublimé à 1 7o, sous la conjonctive. Quelle est la conclusion que notre confrère tire de ce cas : il prouve « que Ténucléation et môme la résection du nerf optique faite de bonne heure (5 jours après le début de/l'ophtalmie sympathique) ont été impuissantes à l'enrayer ^y
Je demande quel est le praticien qui oserait soutenir qu'une énuclé^ion, combinée ou non à là résection du moignon du nerf/optique, « enraie » avec quelque sûreté une ophtalmie sypîipathique lorsqu'elle a une fois commencé à évoluer ; mais que nous pouvons aflSrmer hardiment, c'est que les cas où 'après ces interventions il y a eu une amélioration et môme une guérison complète de l'ophtalmie sympathique, sont infiniment plus nombreux que ceux que notre confrère invoque pour sa désinfection in situ. Parce que, dans un cas, ni l'énucléation de l'œil, ni la résection du nerf ultérieurement pratiquée n'ont donné de résultat — ce qui n'est guère assez nouveau et assez surprenant pour mériter d'être signalé — M. Abadie déclare : « Dès lors comment croire à l'efficacité de la section du nerf que préconise notre éminent maître M. de Wecker ».
Mais, moi-môme, je ne crois pas à l'infaillibilité de l'action de la résection du nerf, sans désinfection prolongée et même combinée à pareille désinfection, une fois Vophtalmie sympathique entrée en évolution; je suis certain que l'on échouera dans un certain nombre de cas, comme on échoue avec l'énucléation combinée à la résection. Dès que l'ophtalmie sympathique est déclarée, toute intervention est aléatoire. Si j'ai mentionné conditionnellement en pareil cas la résection, ce n'est que faute de mieux, et le mieux est certainement ici l'énucléation, suivie de la résection de l'extrémité intraorbitaire du nerf, avec désinfection répétée du fond de l'orbite pendant la quinzaine qui suit l'opération.
Ce n'est pas une nouvelle observation d'énucléation suivie de résection du moignon (et non de désinfection) restée impuis-
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santé, qui ébranlera ma conviction et m'engagera à croire que la neutralisation d'une infection et de son action pernicieuse sur Tœil congénère, sera moins aisément obtenue en portant la désinfection, après ablation de l'œil et de la partie orbitaire du nerf optique, jusqu'au fond de l'orbite, que si on se borne à une désinfection in situ ou à une modification de la virulence des germes dans l'œil infecté, en y injectant une ou deux gouttes de sublimé au millième. Mais ce genre d'intervention, de même que la résection pure et simple (suivie de désinfection prolongée) ont leur raison d'être, quand la méthode plus radicale de traitement n'est pas admise par le malade ou son entourage. Se promettre plus de ces genres d'intervention que de l'opération la plus radicale, qui cependant reste trop souvent encore impuissante, c'est à mon sens se bercer d'illusions.
Ce que je désire c'est que la résection pure et simple du nerf optique fasse ses preuves comme moyen préventif certain de l'ophtalmie migratrice. Il serait absolument irrationnel de vouloir lui reconnaître une action plus puissante que Ténucléation suivie de la résection, dont la simple résection partagera le sort dans les cas d'ophtalmie sympathique confirmée. D'ailleurs il doit forcément en être ainsi suivant la nocivité des éléments infectieux qui ont migré d'un côté à l'autre et qui, ayant une fois évolué dans l'œil sympathisé, n'ont nullement besoin d'un appart continu de nouveaux éléments infectieux pour détruire l'œil. Il peut donc parfois être complètement indiflférent. au point de vue de la marche destructive que suit la maladie, qu'on supprime ou non le foyer primitif de l'infection.
Cela n'empêche pas que, d'après les données actuelles de notre science, cette suppression aussi complète que possible soit indiquée, et que nous devions, une fois l'ophtalmie sympathique en marche et non enrayée par l'intervention, nous adresser de préférence, comme moyen de désinfection de l'œil sympathisé, à la médication mercurielle générale et locale, et ici les injections de Gallenga dans la capsule de Tenon (auxquelles je vois, avec plaisir, M. Abadie recourir) pratiquées de préférence à l'injection de sublimé dans un œil qui reste souvent déjà fort endommagé, me semblent pour le malade la dernière chance de salut.
Rappelons, pour ce qui concerne le rôle thérapeutique de la résection simple du nerf optique, son origine. Ceux qui, comme Schweigger et Pagenstecher, l'ont les premiers préconisée, n'y