THÉRAPEUTIQUE ET PHYSIOLOGIE DU SALOL
Nous avons déjà dit que le salol n’agissait dans l’économie que par ses produits de décomposition, et surtout par l'acide salycilique: il nous a donc paru impossible pour faire cette étude, de séparer le salol de la série salicylée à laquelle il appartient : Passons donc rapidemant en revue les principales propriétés de l’acide salicylique.
Kolbe établit l'analogie de cet acide avec l’acide phénique, et démontre qu'une faible dose (0, 03 0/0) arrête la fermentation du sucre par la levure de bière, et la fermentation ammoniacale de l'urine au moins pour longtemps.
Julius Muller constate son action sur les ferments diastasiques: « des solutions très faibles, dit-il, arrêtent l’action saccharifiante de la diastase salivaire sur l’amidon, et détruisent les propriétés REREAEERIAUSE du suc gastrique ».
Des expériences multiples faites par Bucholtz en Allemagne, et Béchamp en France, ont prouvé les propriétés antiseptiques de l’acide salicylique et des salicylates : Kolbe, Meyer, Muller, Neubauer ont indiqué ses propriétés comme moyen de conserver le vin, la bière, le lait. On l'a donc employé à l'intérieur et à l'extérieur comme an-
tiseptique.
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On a cru voir en lui un antithermique puissant, et on l’a expérimenté dans toutes les pyrexies ; mais sa principale application a été établie par l'école française: c’est en effet un spécifique contre le rhumatisme, comme l’a parfaitement démontré le professeur G. Sée, dans un travail lu dans trois séances consécutives à l’Académie de Médecine (Juin, juillet 1887).
Malheureusement sa puissance d’action étant considérable, il en est résulté de graves inconvénients ; et l’application à haute dose de ce médicament a entraîné des troubles nerveux assez considérables pour en limiter l’emploi.
Aussi a-t-on expérimenté successivement : le salicylate d’ammoniaque — le salicyclate de chaux — le salicyclate de lithium, employé parle professeur Guyon dans certaines maladies des voies urinaires avec fétidité des urines. Vulpian l’a expérimenté dans le rhumatisme blennorhagique, mais sans résultat.
Comme les médicaments de cette série, le salol a été expérimenté, dans tous les cas où on donne le salicylate de soude.
Le Dr Lombard dans sa thèse, à laquelle nous avons fait de nombreux emprunts, expose les résultats qu'il a obtenus. Il paraît être un antiseptique externe puissant, et administré à l’intérieur il a le grand avantage de ne pas incommoder les malades même à des doses considérables. Sur un homme sain, 6 grammes de salol ne produisentaucun trouble fonctionnel : ni bourdonnements d'oreille, ni troubles de la vue, pas de nausées, pas de vomissements, la température a oscillé entre 37,2 et 36,8. Il