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n’a pas d'action marquée ni sur la respiration, ni sur la circulation. C’est donc un médicament qui n'offre pas d’inconvénient ; malheureusement les effets thérapeutiques qu’on pourrait en attendre ne sont pas merveilleux, et à part son action sur le rhumatisme, action faible d’ailleurs, il ne paraît par avoir jusqu'ici une autre indication thérapeutique.
L'étude de son passage dans l’économie va nous donner l'explication de toutes ces constatations, et nous montrera aussi comment on a été amené à lui trouver une autre application. ,
C’est Nencki qui constata le premier la décomposition du salol dans l'intestin, sous l'influence du suc pancréatique, en acide salicylique et en acide phénique.
Le professeur Lépine a repris cette étude, et ses expé-
riences ont'été résumées dans la thèse du D' Lombard.
Sur un animal, si à l’aide d’une fistule, ou par un moyen quelconque, on empêche le suc pancréatique de s’écouler dans l'intestin, le salol ingéré passe à l’état de poudre inerte dans les selles, et on ne trouve pas dans l'urine la réaction de l'acide salicylique et de l'acide phénique, ce qui prouve que le salol n’a pas été absorbé.
Cet auteur a serré encore de plus près cette démonstration, en prouvant que le salol était à peu près insoluble dans les autres liquides de l’économie, notamment dans le suc intestinal : « Sichez un chien, dit-il, on introduit 1 à 2 grammes de salol, dans une anse d'’intestin grêle bien lavée, longue de 60 à 80 centimètres, et soigneusement liée à ses deux bouts, et qu'on sacrifie l’animal ; au bout de 6 à 8 heures, on ne trouve pas d'acide
Reef 7 coul salicylique, si ce n’est en quantité négligeable,dans l'urine.
Il est difficile d'établir quelle est la quantité de salol qui est rendue active; mais on peut dire & priori que la partie du salol rendue active est petite, si l’on en juge par les effets produits.
En effet, comme le salol contient 60 pour 100 d’acide salicylique et 40 pour 100 d'acide phénique, si une grande quantité de ces acides était mise en liberté. on observerait certainement en même temps que des effets thérapeutiques plus puissants que ceux signalés, les troubles ordinaires causés par l’acide salicylique. i
Il faut donc admettre que le suc pancréatique n’est capable de transformer qu'une certaine quantité de salol, et que cette quantité ayant été décomposée, il est impuissant à transformer une nouvelle dose. Donc plus sera grande la quantilé de suc pancréatique, plus son action sera grande. Ainsi on a constaté que le salol n’agissait pas dans la fièvre typhoïde : le suc pancréatique dans cette pyrexie est en effet altéré.
La chimie nous apprend que c’esten présence des alcalis que cette décomposition s'opère. Il est donc probable que c'est l’alcali et non le ferment du sue pancréatique qui agit. D'ailleurs il est légèrement soluble dans tous les liquides organiques à réaction alcaliné, tandis qu'il est complétement insoluble dans le suc gastrique. Le produit de dédoublement s’éliminerapidement par les reins à l'état d'acide salicylurique et phénylsulfurique comme il est facile de s’en convaincre par l’analyse des urines.
Recherche de l'acide salicylique. — A 5 centimètres cubes d'urine, on ajoute dans une éprouvette À goutte d'acide