LAS
5 Février. — La malade s’est levée dans la soirée ; elle peut marcher seule.
8 Février. — Elle peut se lever et boutonner elle-même sa taille. Injection de 3 cc.
10 Février. — Injection de 3 cc.
13 Février. — Injection de 3 ce. Il n’y a presque plus de
mouvements. L'enfant conserve encore un peu de difiiculté pour se mettre en marche et pour marcher; les mouvements sont un peu moins irréguliers. On continue les injections les jours suivants à la dose de 3 ce.
19 Février. — La malade ne tire pas encore très bien la langue au dehors, sans avoir de l'incertitude. Mais elle peut marcher et courir sans difficulté, et elle est très sûre de ses mouvements; elle feuillette sans difficulté, et une à une, toutes les pages d'un livre. Il ne paraît plus y avoir de gêne des mouvements que pour les muscles de la face, des lèvres et de la langue, qui sont animés de contractions involontaires. Suspen. sion des injections.
22 Février. — La malade sort, marchant bien. Quelques petits mouvements persistent cependant.
OBSERVATION III Service du D' MOXTAGNON
M... Léontine, 24 ans, ménagère. Entrée le 20 janvier 1894, dans la salle Sainte-Marie.
Père mort d'un accident. Mère bien portante.
Frères et sœurs bien portants.
Personnellement, elle a eu, à 11 ans, une fièvre typhoïde qui à parfaitement guéri. Depuis, elle a eu, à deux reprises, quelques malaises ayant nécessité le séjour au lit pendant 8 ou 10 jours, mais n'a jamais éprouvé de symptômes se rapprochant de l'affection actuelle. Pas de rhumatismes, pas de troubles hystériques. Elle a habité la campagne jusqu'à 19 ans, époque à laquelle elle est venue habiter Saint-Etienne.
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Mariée à 18 ans; le mari est bien portant. Une première grossesse a été interrompue par une fausse-couche, à 7 mois. La malade a eu trois autres enfants, morts très jeunes; un seul est actuellement bien portant. La malade n’a plus eu de règles depuis quatre mois; au toucher, le col est mou; il n'y a pas de bruit fœtal. — On note qu'elle habite une maison humide, où les habits moisissent vite.
I y a un mois environ, la malade eut une frayeur. Dix jours après, elle fut prise de mouvements désordonnés de la jambe droite et du membre supérieur gauche, en même temps que de douleurs du pied droit et de la main gauche, qui étaient enfiés.
Puis, la jambe gauche a été prise de mouvements choréiformes, tandis que ceux de la jambe droite disparaissaient deux jours après leur début. Pendant quinze jours, la malade est restée dans le même état, avec des insomnies constantes, et les mêmes mouvements, rendant la démarche impossible, mais disparaissant dès qu'elle prenait un peu de repos; elle n’a jamais sauté à bas de son lit, ni éprouvé de troubles de la déglutition.
Actuellement : la malade se présente avec un facies pâle, les conjonctives décolorées. — Les mouvements sont limités au côté gauche du corps, jambe et bras, avec quelques mouvements du bassin. Il n’y a rien du côté de la face, pas de mouvements ni de douleurs de la langue, pas de dysphagie, pas de troubles de la parole. Dans la station assise, la malade sursaute sur son lit; elle a des mouvements incessants, brusques et incoordonnés de la jambe et du membre supérieur gauches, avec des gestes arrondis du bras ; elle ne peut pas tenir un verre de la main gauche. Si on fait boire la malade, on ne constate pas de mouvements du côté de la main droite.
La marche est impossible.
La compression des ovaires n'a aucune action sur les mouvements.
Rien aux poumons.
Au cœur, on perçoit, à ia base, un souffle anémique au niveau de l'artère pulmonaire.
Les autres viscères sont normaux.
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Urines normales.
23 Janvier. — On commence les injections de cérébrine à 1/5, 2 cc. par jour. 235 Janvier. — La malade se trouve mieux et se sert plus
facilement de ses mains : elle peut tenir un verre de la main gauche et boire seule sans difficulté. L'articulation tibiotarsienne gauche présente un point fluctuant.
26 Janvier. — I1 n'y a presque plus de mouvements; la main gauche est même presque adroite. La malade est calme ;
elle peut garder le repos sans bouger.
27 Janvier.— 1 n'y a pas de mouvements choréiques au
repos. On note cependant de l'incoordination dans les mouvements volontaires.
30 Janvier. — La grossesse est certaine; la malade dit sentir parfaitement les mouvements du fœtus, surtout au repos et la nuit. — Elle se lève et marche. Quelques mouve-
ments choréiques persistent, dans la station debout, au membre supérieur gauche, et un peu dans la jambe, du même côté; mais elle tricote son bas sans avoir de mouvements d'incoordination.
2 Février, — On arrête aujourd'hui les injections de cérébrine. Il n’y a plus de mouvements.
OBSERVATION IV Service du D' MONTAGNON
C... Jeanne, 8 ans, écolière. Entrée le 12 mars 1899, salie Sainte-Marie.
Le père, âgé de 42 ans, souffre depuis deux ans de rhumatisme chronique. La mère jouit d’une assez bonne santé; il n'y a pas d’alcoolisme chez les parents.
L'enfant à un frère bien portant; deux autres sont morts de diarrhée infantile. — Personnellement, étant très jeune, elle était très irritable, et elle a eu à deux ou trois reprises de petites crises, qui ne se sont plus renouvelées, quoique l'enfant
soit toujours demeurée nerveuse. Elle est un peu maigre, sans grand appétit. Il y a un an, elle a eu une attaque de chorée, qui guérit par un traitement de trois semaines dans le service du D' Roussel.
La récidive a débuté au Premier de l'An, sans frayeur, sans cause apparente, comme la première attaque d’ailleurs. Au moment de son entrée à l'hôpital, l'enfant a déjà pris de la valériane et divers médicaments empiriques, mais aucune amélioration n’a suivi, et les phénomènes sont tout aussi intenses.
Actuellement : l'enfant se présente maigre, pâle, chétive pour son âge, réalisant tout à fait le type de la misère physiologique. On est frappé,à première vue,de l'incordination
de ses mouvements. Elle ne peut garder pendant quelques secondes une immobilité absolue, mais dès qu'elle essaie de s'asseoir sur son lit, ou d'exécuter un acte quelconque, les mouvements deviennent désordonnés. Dans son lit, elle garde le décubitus dorsal, les bras étendus le long du corps, avec de temps en temps quelques mouvements du bassin, mais sans saut de carpe. — Si on veut la faire boire, elle lance sa main droite rapidement sur le verre et le porte sans hésitation à ses lèvres,où il reste bien appliqué; mais il lui est impossible de faire de même de la main gauche, et elle ne peut pas non plus manger seule.
Dans la station debout, elle peut rester quelques secondes immobile, mais les mouvements désordonnés apparaissent dès qu’elle marche ; ils sont surtout accentués à la tête et aux membres supérieurs. La démarche se fait comme tout d'une pièce, sans déhanchement,.
Il n'y a pas de strabisme.
La digestion se fait normalement.
Rien aux poumons. — Au cœur, on entend un souffle mitral systolique, perceptible non seulement à la pointe et dans l’aisselle, mais dans toute la région précordiale.
15 Mars. — On commence les injections de cérébrine à 4/10, 2 cc.
18 Mars. — On injecte 2 cc. à 1/5 à partir de ce jour.
27 Mars. — L'enfant va un peu mieux. Elle peut boire
seule et manger seule son potage et sa viande. Elle tire la
langue et peut la laisser dehors sans mouvements trop incoordonnés.
28 Mars. — On porte la dose de l'injection quotidienne à 3 ce. de cérébrine à 1/5.
10 Avril. — Il nese fait plus de mouvement anormal.
L'enfant mange et boit seule. On cesse les injections. Au cœur, le souffle persiste à la pointe.