‹ Traitement de la Chorée: Par les Injections de CérébrineChapitre 5 sur 22 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Bouteille écrivait en 1810 : « Un Remède qui quérirait tous les sujets atteints de chorée est une chimère. »

Cet aphorisme est encore vrai aujourd’hui ; nous ne possédons pas de remède spécifique de cette affection, et la thérapeutique hésite encore dans le domaine de l’empirisme. On comprend du reste difficilement la possibilité d’une méthode unique de traitement, ou d’un médicament souverain à opposer à une affection si variable dans ses formes et qui relève de tant de facteurs étiologiques.

Aucune médication, d'autre part, ne semble avoir mis les malades à l’abri de rechutes ou de résidives.

Depuis la série de communications retentissantes de Brown-Séquard, le liquide testiculaire avait fait presque tous les frais des méthodes employées dans le traitement des névroses.

Etant interne de M. le docteur Montagnon et ayant pu constater les bons effets du traitement de la chorée par les injections de cérébrine, nous avons eu l’idée d’en

faire le sujet de notre thèse inaugurale. La multiplicité même des médications employées tour à tour contre la chorée, justifie et légitime en quelque sorte l’emploi d’une nouvelle méthode qui a toujours donné des résultats très salisfaisants.

Sans doute, ils ne sont pas définitifs ; de quelque extrait d’organe qu’il s'agisse et de quelque maladie contre laquelle cette médication soit dirigée, on ne peut donner encore de conclusions fermes sur ces nouveaux modes thérapeutiques. — De nombreuses réserves doivent être formulées par tous ceux qui ont un juste souci des méthodes rigoureuses de l’expérimentalion.

Néanmoins, des résultats thérapeutiques certains ont été obtenus. Nous avons pensé, avec notre maître, qu'il y avait un intérêt véritable à les publier sans formuler des conclusions sur leur valeur pathogénique.

L'étude que nous nous proposons de faire sera précédée d'une courte récapitulation des médications antérieures et contemporaines. Nous dirons ensuite que, pour avoir été les premiers à employer la cérébrine dans la chorée. (En 1893, M. le docteur Montagnon publiait son premier cas dans le Lyon médical.) Constantin Paul lutilisa bien avant nous dans le traitement d’autres affections.

Dans un troisième chapitre, nous parlerons du manuel opéraloire de l’injection, de ses résultats immédiats et plus éloignés.

L'interprétation physiologique de son mode d'action, qui, disons-le de suite, reste encore, comme celle des autres méthodes opothérapiques, pleine de doutes, fera Pobjet d’un dernier paragraphe.

Il sera peut-être difficile et prématuré de conclure ;

toutes les chorées n'ont pas un lien de parenté étiologique, toutes n’ont pas la même intensité et, en général, les formes moyennes les plus communes évoluent cycliquement vers la guérison.

Ce sont autant de considérations qui rendent délicate Loute idée générale.

L'idée émise par Brown-Séquard a créé un mouvement d’expérimentation et ouvert une voie nouvelle à la physiologie. Nous n'avons pas d’autre prétention que de lui apporter quelques résultats thérapeutiques précis, quelques documents cliniques, qui pourront provoquer d’autres applications de cette méthode dans des cas semblables ou voisins, et contribuer ainsi à élargir le champ d’observations toujours trop peu nombreuses quand il s’agit, au point de vue d’un traitement nouveau, d'entraîner la conviction.

(Ne 4 (Lt

Page 1