‹ Traitement de la Chorée: Par les Injections de CérébrineChapitre 7 sur 22 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la Cérébrine, son emploi thérapeutique

En 1891, MM. BRowN-SÉQUARD et D’ARSONVAL engageaient vivement déjà les thérapeutistes à employer l'extrait de substance cérébrale dans les cas de faiblesse dépendant d’une anémie locale ou générale des centres nerveux.

BABES essaya, dans le traitement pastorien de la rage après morsure, l'injection de moelle saine de lapin : il réussit.

Ces idées, par les opinions qu'il a émises et la théorie particulière dont il est l’auteur, M. CONSTANTIN PauL les à presque faites siennes.

Voici comment il raisonne : le liquide testiculaire injecté par la méthode de Brown-Séquard n’est pas le produit complet du testicule, la filtration arrête les spermatozoïdes. C’est donc à une classique transfusion du sang que l’on doit comparer une injection d'extrait orchitique.

Pour lui, les effets de la médication orchitique ne res-

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semblent guère à ceux qui caractérisent la médication excitante. — Toute excitation médicamenteuse est en effet suivie d’une période de dépression. — Or, après une injection séquardienne, l’effet tonique n'est pas accompagné d'effet dépressif.

Dans la médication excitante, dit-il encore, la force que l’on fait naître « est pour ainsi dire prise sur le capital, c’est un emprunt qu'il faudra solder plus tard ».

Les phénomènes observés, dit-il, sont bien plutôt comparables à ceux qui suivent la transfusion sanguine. Le sang transfusé de la veine d’un individu dans celle d’un autre n’y joint point le rôle d'un constituant normal. Ses éléments sont éliminés par les reins comme en témoignent son albumine, son hémoglobine et ses globules entrainés au dehors par les urines.

Le nouveau sang remplit vis-à-vis de l’organisme la fonction stimulante. Il excile cet organisme à refabriquer du sang. Il ne se substitue donc pas à la masse préexistante, mais joue le rôle d’un simple tonique.

Raisonnant par analogie, Constanlin Paul créa le mot de transfusion nerveuse. — Par les injections d'extrait de cervelle de mouton, il se proposait de faire pour le système nerveux ce que la transfusion fait pour le sang. — La cérébrine, pour lui, devait solliciter la régénération de lélément nerveux. Dans son intention première, c’est surtout dans la neurasthénie, où le potentiel nerveux est abaissé, qu’il devait l’employer. « On sait, dit-il, combien les neurasthéniques, sont rebelles à la thérapeutique chez eux, on n’est jamais sûr d’obtenir d’une médicalion l’eflet qu’on obtient tous les jours chez des

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malades moins déséquilibrés. »

M. Constantin Paul avait commencé par faire une dilution de moelle de lapin, mais ia moelle est pauvre en substance grise, la substance blanche, au contraire, forme les trois quarts de la masse totale. Or, la substance blanche est un simple conducteur, ce n’est pas l'élément noble : la cellule. Il remplaça donc la moelle de lapin, par de la substance grise du cerveau de mouton, cet animal étant de ceux qui contractent le moins volontiers des maladies virulentes. Il propose de donner au liquide obtenu ie nom de liquide central.

Voici en quoi consiste l’extrait de cerveau de liquide central. Sur un mouton sain, vigoureux et récemment sacrifié : On prélève 15 grammes de substance grise de préférence, circonvolutions, cervelet, corps opte-striés, selon la recommandation de M. Constantin Paul.

On la divise en fragments de petit volume. On Ja fait macérer vingt-quatre heures durant dans cinq fois son poids de glycérine pure : puis on additionne d’un poids égal d’eau. Enfin, on verse le tout dans une bougie Chamberland et on filtre sous pression d'acide carbonique.

On utilise ainsi la haute pression de l’acide carbonique et la propriété que d’Arsonval reconnait à ce gaz de rendre aseptique l'extrait de tous les tissus, tout en conservant aux ferments qu'ils sécrètent toutes leurs propriétés. On obtient, grâce à cette haute pression, 150 grammes de solution à 1/10.

Le liquide obtenu est incolore, il ne renferme aucun élément figuré.

La cérébrine que nous employons est préparée avec le même procédé, par M. le D' Jacquet, de Lyon.

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Elle nous est livrée en tubes de { ou 3 centimètres cubes, soudés au chalumeau au moment du remplissage, qui ne sont ouverts qu’au moment de l’usage. Ils se trouvent ainsi à l’abri de toute évaporation et de loute contamination.

Au commencement de l’année. 1892, M. le docteur Constantin Paul avait déjà traité avec succès, par cette méthode, onze cas d’affections diverses comprenant : trois chloroses neurasthéniques, trois neurasthénies classiques, un cas de pouls lent permanent, quatre ataxiques ou tabètiques.

Chez ces malades, la faiblesse musculaire et l’asthénie avaient diminué rapidement; les douleurs vertébrales et l’hyperesthésie spinale avaient cédé à quelques injections.

D'où M. Constantin Paul avait conclu que le liquide central constituait un véritable tonique neurasthénique.

Ilexpérimenta surtout sur des neurasthéniques, puisque, dans le courant de l’année 1892, sur cinquante-trois malades qui ont subi le traitement opothérapique. on en compile vingt-trois; le reste se répartit en chlorose et ataxiques.

Cette médication ne tarda pas à se généraliser el nous voyons tous M. Cullère traiter ainsi quelques aliénés de l'asile de la Roche-sur-Yon. Il eut huit résultats positifs sur quatorze Cas.

Babes l’expérimenta avec quelque succès dans lépilepsie.

A côté de ces faits, nous pouvons relater son emploi dans l’anémie, l’aphasie (Dauriac).

Trois observations du service de Huchard montrent que la cérébrine n’a donné aucun résultat dans la tuber-

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culose pulmonaire. Il s'agissait, il est vrai, de phtisie pulmonaire au troisième degré.

Les essais en étaient là quand, en 1893, M. le docteur Montagnon essaya de la cérébrine dans le traitement de la chorée.

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