‹ Traitement de la Chorée: Par les Injections de CérébrineChapitre 9 sur 22 · DU MODE D'ACTION DE LA CÉRÉBRINE · texte numérisé non relu

DU MODE D'ACTION DE LA CÉRÉBRINE

Comment agit la cérébrine ? Question délicate puisque, dans l’état actuel de la science, tout est hypothèse en pareille malière. — Les méthodes opothérapiques ont à leur actif bon nombre de faits probants ; ils méritent d’être retenus, mais on doit avouer modestement avec Du Bois-Reymond, qu’en physiologie, lorsqu'on touche au problème de la Régénération cellulaire, nous abordons « la seule science dans laquelle nous sommes obligés de parler de choses que nous ne connaissons point ».

Mais,sous prétexte d’humilité scientifique,nous n'avons pas voulu citer brutalement les faits cliniques, sans discuter ou tout au moins énoncer les hypothèses qui nalurellement se posent à l’esprit, et qui, vérifiées, fixeraient la valeur thérapeutique réelle de la cérébrine.

La suggestion, d'abord, n'est-elle pour rien dans les résultats obtenus ? Question des plus naturelles, surtout lorsqu'il s’agit de thérapeutique nerveuse.

Bouchutl, qui a essayé les injections sous-culanées d’éserine et de sulfate d’éserine dans Île traitement de la

re

chorée infantile, explique l’amélioration obtenue par la peur que la piqüre fait éprouver aux enfants et à l’action directe de cette piqûre sur la peau.

Nous ne croyons pas, pour notre part, devoir admettre l'hypothèse de Bouchut.

Nous n'avons d’abord jamais vu les enfants appréhender ce mode de traitement, ni manifester aucune crainte après une première piqüre.

D'autre part, désireux de fixer la valeur réelle de la cérébrine, le D' Montagnon lui fit subtituer plusieurs fois, à l'insu des enfants, l’eau distillée.

L'effet thérapeutique fut nul ; jamais on ne nota les améliorations qui dans tous les cas suivirent les injections du liquide organique.

Cette assertion est particulièrement évidente dans l’observation n° 2.

D'autre part, la douleur provoquée par ces injections est si minime que jamais elle ne nécessita, même chez les enfants les plus pusillanimes, l’emploi d'aucun analgésique.

Garin (thèse de 1877) inspiré par Perroud sur le Traitement dela chorée par les injections sous-cutanées de liqueur de Fowler, conteste également le rôle de la suggestion.

Comme nous il nie l’appréhension des enfants et dit ensuite avoir essayé, sans résultat d’abord. l’acupuncture simple puis les injections d’eau pure.

Nous avions pensé également pouvoir faire jouer un rôle thérapeutique à la /écithine qui, on le sait, est contenue en proportion assez notable dans les centres nerveux. — Nous la jugions capable d'entretenir et d'aider les phénomènes biochimiques dont ceux-ci sont

Page 1