‹ Traitement de la Coqueluche Par les inhalations d'oxygène saturées de vapeurs médicamenteusesChapitre 7 sur 33 · LA COQUELUCHE ET SES TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

LA COQUELUCHE ET SES TRAITEMENTS

L’anatomie pathologique de la coqueluche n’existe pas pour ainsi dire. Cette affection n’entraîne jamais la mort que par ses complications. Et de fait les autopsies sont à peu près négatives et les diverses altérations cadavériques peuvent être attribuées bien plus aux complications qu’à la maladie elle-même. Cette absence de lésions déterminées et spéciales devait laisser planer beaucoup d’obscurité sur la nature et le siège de la maladie. C’est en effet ce qui arrive. Car nous voyons, dans les opinions émises par les auteurs, les plus grandes divergences et toujours une part assez large faite aux hypothèses,

Avec Franck, Blache etGrisolle, la coqueluche est une névrose, et dans un mémoire couronné par la société de médecine de Lyon, en 1833, Blache considère la coqueluche « comme une névrose dont le siège est à la fois dans la membrane muqueuse des bronches et dans les nerfs pnéumogastriques, névrose très fréquemment compliquée de bronchite et de pneumonie mais pouvant exister sans elle et comme toutes les maladies de même nature,

n'ayant aucun caractère anatomique appréciable ».

LOPIUE

Barthez au contraire n’y voit qu’une maladie spécifique sans analogues, tandis que G. Sée trouve que la coqueluche présente les plus grandes analogies avec les fièvres éruptives et en particulier la rougeole.

Un grand nombre d’auteurs, les plus nombreux, considère la coqueluche comme une affection catarrhale des bronches. Cest la théorie de Desrieulle, Marcus, Guersent, Beau, etc.

Enfin quelques uns admettent une théorie mixte et en font à la fois une névrose et un catarrhe, tout en reconnaissant à la maladie, un certain caractère de spécificité.

De nos jours on devait aller plus loin, et la bactériologie, découvrant un horizon nouveau, devait être le départ d’une science nouvelle. « L'absence de spontanéité de cette maladie, sa transmission indubitable par contagiom, son évolution, tout prouve qu’elle est sous la dépendance d’un micro-organisme » (Comby). On a présumé que cet agent pathogène avait pour siège les voies respiratoires supérieures, larynx, gorge, trachée, et on étudie minutieusement les mucosités filantes, les glaires expulsées après les quintes de toux.

Poulet, en 1867, a cru trouver un élément bacillaire qu’il nomme « nomas ou bacterium termo ».

En 1870 la méthode expérimentale venait à l'appui de cette théorie et Letzerich inoculait par trachéotomie chez des jeunes chiens et des lapins des cultures de spores trouvés dans le mucus des crachats de coquelucheux ; au bout d’une huitaine de jours les animaux inoculés étaient pris de quintes de toux et de jetage.

Et plus tard, en 1873,le même auteur décrivait comme

agent pathogène de la coqueluche, non plus des spores, mais des microcoques.

En 1876 Tschamer trouva dans les crachats des spores et un mycelium et quelques années plus tard avec Bürger mais surtout avec Afanasiew nous entrons dans des recherches bactériologiques plus précises et plus sérieuses. |

« Afanasiew décrit sous le nom de baccillus tussis convulsivæ une bactérie entrevue par Bürger et qui présenterait des caractères suivants : bacille mobile et court, n'ayant pas plus de 0,6 & à 2 y», 2 de longueur, se retrouvant dans les mucosités expectorées et dans les foyers de broncho-pneumonie, cultivant bien sur gélatine qu'il ne liquéfie pas, sur l’agar-agar, la pomme-deterre. Ce microbe, injecté dans les poumons et la trachée ‘des jeunes chiens a provoqué des accès de toux coquegachoïde, de la bronchite de la broncho-pneumonie ». (Comby). ;

Deuschler, au congrès des médecins et naturalistes allemands, 1890, avait déjà donné un protozoaïne cilié comme agent pathogène de la coqueluche, lorsque Kourlow (Vracht 1896) est venu tout récemment confirmer cette découverte. |

Un avenir sans doute prochain dira ce qu’il faut penser de toutes ces recherches. Mais si à l'heure actuelle nous ne pouvons dire que l’agent pathogène dè la coqueluche soit dévoilé, nous pouvons tout au moins croire à son existence. Cet élément infectieux, ce microbe inconnu, introduit dans le larynx, la trachée et les bronches, pro-

duirait le catarrhe de La muqueuse bronchique et agissant

de

sur les terminaisons nerveuses du pneumogastrique serait l’agent spasmodique des quintes de toux. |

Or, de même que l’on agit sur les autres microbes, les staphylocoques, les streptocoques, etc., par l’action des antiseptiques, ainsi on a été conduit à agir sur la coqueluche, où plutôt sur un microbe par des inhalations médicamenteuses antiseptiques. Mais laissons cette question, nous la reprendrons plus tard. Passons en revue les divers traitements employés jusqu’à ce moment.

Parmi les remèdes empiriques, citons : l’acide chloridrique très employé en Angleterre ; l’acide sulfurique dont l’action a été signalée par Gibb.

Le sous-carbonate de fer (Lombard, de Genève) à la dose de 1 gr. 50 pro die dans un looch. Le qui de chêne avec Willis; le drosera avec Lamarre ; la cochenille que Wachlt donnait en sirop; la teinture de myrrhe (Campardon) ; l’extrait éthéré de Grindelia robusta, etc.

Les médicaments symptomatiques, dont l’action semble plus efficace, font leur apparition dès les premières descriptions de la maladie. Le premier, Sydenham préconise les émissions sanguines, abandonnées, puis reprises longtemps après pour rester dans l’oubli de nouveau. Les vomitifs, sous toutes les formes, destinés à débarrasser les bronches de leurs mucos tés que ne savent pas expectorer les tout p:tits, sont encore employés de nos jours. Trousseau administrait le sulfate de cuivre. La pommade stibiée, les vésicatoires, l'huile de croton tiglium représentèrent les révulsifs.

À leur tour, les narcotiques eurent leur vogue, lopium

seul ou associé au camphre, au musc et à lipéca, au

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quinquina, la morphine en application sur la poitrine furent employés. Mais celui qui, sans contredit, eut le plus de succès, ce fut la belladone. De tout temps, elle a été le remède le plus vanté. Trousseau prescrivait pour

les très jeunes enfants une pilule contenant 1/2 centi-

gramme d'extrait et autant de poudre. Roger associait le

sirop de belladone aux sirops de valérianate et digitale.

Laënnec préférait la poudre de racine fraîche donnée en parties égales avec l’opium. Les médecins allemands

étaient unanimes à reconnaître l'efficacité de la belladone,

Trop dangereuse pour les enfants et sans beaucoup de valeur spécifique contre la coqueluche, cette médication n’est plus employée.

Mentionnons pour mémoire : la Jusquiame, l’extrait de ciguë, la laitue vireuse, la douce amère, etc…, le phosphore dont Franck, toujours prêt à blâmer les excès en toute chose, disait : « Non satis fuit puerorum tubum alimentarem cantharides erodere, requirebatur aliquid quod

illum adureret, bone Deus! »

Maladie à forme nerveuse, la coqueluche devait être traitée par les antispasmodiques : Le musc, l’oxyde de zinc dontFranck vante les mérites, l’asa fœtida eu lavements vinrent grossir le nombre des traitements de cette

maladie.

En 1873, dans sa thèse inaugurale, Armand donne

vingt-trois observations de traitement de coqueluche par

le chloral etle bromire de potassium, il en remarque les

bons effets, mais il ne conclut pas.

Actuellement cette médication est encore en hon1eur.

Lacroix 2

AGE Marfan conseille d'employer le bromoforme de la façon

suivante :

Bnomfaimés 1 1 0 ANR NR gouttes.

Huile d'amandes douces . . . . 15 grammes.

Gomme: arabique 1 452420, Cu le

Eau de laurier-cerise . . . . . 4 ee Eau.., Qq. Hp. 4 45.100. M20romt-cubes

On mêle le bromoforme à l’huile, on agite fortement et on ajoute les autres substances. Une cuillerée à café renferme deux gouttes de bromoformes. Au-dessous de 5 ans on donnera quatre gouttes pro die et par année d'âge. De 5 à 10 ans on donnera vingt gouttes. Ces doses initiales devront être augmentées de deux à quatre qouttes par jour jusqu’à être doublées.

Comby donne l’antipyrine à doses fortes, non fraction- | nées (25, 50 centigr. par année d’âge et par dose). L’antipyrine diminue le taux des urines et provoque des érythèmes.

Parmi les médicaments antiseptiques et anti-pyrétiques il convient de citer la quinine, employée par Binz sous forme de tannate, la quinoléine préconisée par notre ami le D' Martin, médecin militaire ; la résorcine; la créosote ; le chlorhydrate de phénocolle, etc.

Citons encore la cocaïne en badigeonnage à 1/100 sur la muqueuse laryngée ; le menthol, loxymel scillitique qui a donné à Netter d'excellents résultats à l'hôpital Trousseau.

Ces médicaments s’adressaient à l’élément catarrhal

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