CHAPITRE IV
Complications de la Coxalgie en rapport direct où non avec l’évolution du mal ou avec le traitement.
On admet généralement que les affections tuberculeuses quelqu’en soit le siège, peuvent être le point de départ d'accidents analogues, se généralisant dans l'économie ; c’est là une notion parfaitement établie et contrôlée par de nombreux faits cliniques. Il est hors de doute que chez certains malades atteints de coxalgie, abandonnés à eux-mêmes ou soignés avec la plus grande circonspection, soumis à un traitement aussi régulier que possible, on peut voir des complications soit pulmonaires soit méningitiques. Il n’est pas rare non plus de voir se créer d’autres foyers de la tuberculose à côté du foyer initial.
Il n’est pas rare non plus de voir ces complications survenir longtemps après la terminaison apparente de la maladie primitive.
Ces conditions sont particuliérement défavorables aux sujets atteints de coxalgie, parce que dans cette affection, les désordres siégeant dans une articulation
plus vasie que toutes les autres, soumise aux MOoUVCments, aux déplacements occasionnés par toutes les pesées du corps pendant la marche, il y a dans les conditions particulières faites à cette articulation une prédisposition au traumatisme si favorable au réveil de la tuberculose, même quand elle est en apparence éteinte. Il était donc naturel que certains chiniciens en soient venus à redouter tout spécialement les manœuvres de redressement nécessaires quelquefois dans le traitement de la coxailgie. Leurs appréhensions sont très respectables et il est absolument prouvé que, dans certains cas, des inoculations tuberculeuses se sont faites à distance el trop tôt après les manœuvres de redressement pour que celles-ci ne soient pas justement incriminées. Nous avons déjà fait allusion, au cours de notre étude, à la méthode connue sous le nom de redressement brusque et dont la technique remonte à Bonnet, de Lyon. Nous avons indiqué avec quelle douceur il fallait intervenir dans les manœuvres de redressement.
On pourra ainsi diminuer considérablement le traumatisme opératoire et c’est bien là une condition extraordinairement. favorable pour le succès. D'ailleurs, il faut ajouter que tous les chirurgiens n’ont pas au même degré le souci de révailler la diathèse tuberculeuse, en ayant recours au procédé de redressement pendant l’anesthésie chloroformique. A ce sujet, il est intéressant de lire les conclusions qui résultent d'une discus sion soulevée il y a trois ans au Congrès de l’Association belge de chirurgie. Les différents auteurs furent
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appelés à donner leurs avis sur la généralisation de la
tuberculose à la suite des interventions sur la tubercu- - lose locale : « Curetage d’abcès, évidement des foyers osseux, redressement de membres déviés par suite d’ostéo-arthrites tuberculeuses. »
On admit que les faits de généralisation n'étaient pas plus nombreux dans un ças que dans l'autre. Que l'on : Intervienne activement ou que l’on se borne à un traitement palliatf, les résultats sont sensiblement les mêmes et quelques chiniciens ont même conclu en disant que les exemples de généralisation étaient plus nombreux dans les cas d'abstention.
IT faut donc en conclure que sans méconnaitre la possibilité d’une généralisation tuberculeuse à la suite d’un traitement actif ou chirurgical, il ne faut pas que cette crainte place le chirurgien dans l’impossibilité de songer à remettre en bonne position un membre dévié, ni à recourir à des manœuvres qui, nous le disons encore une fois, doivent être pratiquées avec infiniment de soin. :
Il en est de même, à notre avis, des interventions qui ont pour but de préserver l’organisme en opérant un nettoyage aussi complet que possible du foyer malade,
OBSERVATION Enfant D. — Coxalgie droite redressée le 11 juillet 1893. Observation inédite.
Cel enfant a présenté, au début de sa maladie, c'est--dire vers l'âge de deux ans et demi, une lésion d’osléo-arthrite tubercu-