MÉDICATION PURGATIVE
Purgatifs. Elle compte encore de nombreux adeptes, et il y a peu d'années je me souviens qu'elle jouissait d'une vraie faveur auprès de nos collègues des hôpitaux. Louis et Andral la préféraient aux saignées, à juste titre probablement; mais ce furent surtout Larroque et Beau qui se firent leurs parrains auprès du corps médical. Adoptée et vulgarisée par Grisolle, cette médication fut bientôt attaquée
Leurs incon- par Piedaguel et Andral. Chomel, G. de Mussy. véments. Qj-^gginger, Murchisou disent qu'elle est sans Prédispo - avantage ; et, allant plus loin que ces auteurs, je n'hésite pas à la déclarer franchement
perforation, ^lauvaise. Elle irrite l'intestin, lui imprime
de dangereuses contractions, augmente le tympanisme, et par ce triple fait prédispose singulièrement le typhique à la perforation.
Le purgatif ne convient qu'aux typhiques constipés ; il reste un médicament symptomatique, et, quand nous reparlerons de la médication des complications ou des anomalies, nous le retrouverons. Je soutiens avec tout le corps médical que le lavement est de beaucoup préférable et qu'en somme cette médication est justement abandonnée. Ses résultats sont jugés par le chiffre moyen de 23 p. 100 de mortalité.
MÉDICATION RATIONNELLE S.-N. de Bismuth.
Le traitement rationnel de Real ( Union médicale,ip. 531, sept. 1884) consiste dans l'administration de 15 à 30 gr. de ce sel par jour pour un adulte. La diarrhée est supprimée et aussi la putridité. Il s'ensuivrait un abaissement de la température et de la fièvre, la durée moyenne de la maladie serait réduite à quinze
m TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE.
jours, la guérison presque toujours obtenue sans complication rénale. — Cette affirmation, malgré son étiquette, est sans valeur, car aucune statistique étendue, et par conséquent probante n'est venue confirmer ces résultats.
Faut-il prononcer le même arrêt pour les injections sous-cutanées de produits solubles des bactéries de la putréfaction?
Le docteur A. Chelmonski, de Varsovie, dit avoir obtenu de bons résultats dans la fièvre typhoïde en injectant un extrait aqueux de viande de bœuf (parties égales de viande et d'eau) abandonnée pendant huit jours au processus de la putréfaction, et que l'on filtre à plusieurs reprises après l'avoir fait bouillir une ou deux minutes. Il a employé également quelquefois l'extrait de ce liquide. Ces injections provoquent, cinq à huit heures après leur administration, une réaction fébrile d'une durée de vingt-quatre à trente-six heures, ac-
compagnée de somnolence, de céphalalgie, de douleurs musculaires, de frisson, puis de sensation de chaleur et de transpiration.
Chez les typhiques auxquels il a injecté 1 à 8 milligrammes de son extrait sec, M. Chelmonski a vu survenir, un à six jours après, un abaissement considérable de la température, avec crises de sueurs. Tous les phénomènes s'amendaient et la guérison s'effectuait.
Sommes-nous en droit de conclure que notre confrère polonais a trouvé le traitement scientifique de l'infection typhique?
Je n'ose l'espérer. Sans discuter une thérapeutique sur laquelle je n'ai nulle expérience, sans dire qu'a priori elle est irrationnelle, puisqu'elle vient ajouter une infection à une infection préexistante, je pense qu'il y a lieu d'attendre des résultats confirmatifs, de connaître le nombre et la gravité des cas soumis à cette singulière médication; en un mot, de se tenir en garde, sous peine de cruels mécomptes, contre cette nouvelle méthode. La découverte de Pasteur n'a pas cessé de révolutionner les esprits, malgré une opposition
qui n'a pas fait sa soumission complète. Le traitement antirabique triomphe : en ira-t-il de même du traitement anti-typhique? Qui pourrait répondre en connaissance de cause?