‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 19 sur 62 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'antisepsie intestinale est une méthode qui a été accueillie avec une rare faveur. Née sous l'égide du professeur Bouchard, cette médication a été adoptée par la pluralité des médecins de notre pays.

Grâce à la magie des mots, à l'autorité son rôle

, . . . . théorique.

de celui qui la patronnait, l'antisepsie intestinale a. paru faire merveille. Aujourd'hui, alors que nous commençons à entrer de plainpied dans la critique scientifique de ces tra- Doutes vaux de laboratoire, la confiance des méde- ^"^sitimcs. cins tend à s'ébranler. Pour ma part, je n'ai cessé de répéter, d'enseigner autour de. moi, que cette médication n'était qu'un mot, que

la chose, l'anliscpsic pour l'appeler de nouveau par son nom, n'était nullement réalisée, ce que les travaux de Furbringer ont surabondamment démontré et ce dont je trouve une nouvelle preuve dans un travail récent ExpcSriencos et complet de R. Stern [Zeitsch. f. Hyff.,XU-], 1892). Cet auteur, en faisant ingérer à des individus sains ou dont les voies digestives étaient malades (typhiques) des cultures de bacillus prodigioms, a pu retrouver cet agent pathogène dans les déjections, alors que lesdits malades avaient été soumis aux médications antiseptiques les plus variées.

C'est ainsi qu'en remplissant les règles que Bouchard posait au congrès de Copenhague en 1884 : donner des substances difficilement solubles, réduites en poudre fine, ingérées à doses répétées, R. Stern a vu le calomel (2S ccntigr. à la fois) ; le salol (2 grammes) la naphtaline (25 à 50 centigr.), le naphtol ^ (50 centigrammes), le camphre (10 à 20 centigr.) permettre l'apparition du parasite. Faut-il conclure que l'antisepsie n'est qu'une étiquette, et qu'ainsi elle doit être abandon-

née? Je ne vais pas jusque-là; mais ce que je crois pouvoir affirmer, c'est que le médecin ne doit pas avoir en elle une confiance aveugle, que c'est vivre dans une fausse sécurité que d'imaginer que cette médication met le Fausso

sécurité

malade à l'abri d'infections, d'auto-intoxica- du médocin. tions, ainsi qu'on dit. C'est une démonstration de plus, que le travail de laboratoire ne doit pas être transporté hâtivement dans le domaine de la clinique, et qu'enfin, si prépondérante que soit la situation d'un maître, c'est le devoir des disciples de contrôler les résultats annoncés, et non de les accepter, ainsi que cela a été fait dans le cas présent.

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