‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 20 sur 62 · NAPHTALINE · texte numérisé non relu

NAPHTALINE

Parmi les désinfectants cette substance mérite d'être étudiée, parce qu'elle a été jugée de façons bien différentes. C'est ainsi que E.Schzwald(5er/./<;/m. Woch.,n° 19,page413; n° 20, page 447; n» 21, page 466; n° 22,page 493; 13-20-27-28 juin 1889) conclut de ses expériences, que dans l'intestin les conditions d'action de la naphtaline sont bien plus

Prétendue action antiseptique.

Effet .

abortif.

favorables que dans les tubes à expériences. En elTet, d'un côté la chaleur animale provoque sa vaporisation, d'autre part les mouvements pcristaltiques, en maintenant constamment en mouvement le contenu fluide de l'intestin, en amènent incessamment de nouvelles portions au contact des vapeurs de naphtaline.

Il y a donc lieu de l'administrer au début de la lièvre typhoïde en lui associant le calomel. La naphtaline introduite dans l'intestin est en partie absorbée, transformée dans l'économie et éliminée par les urines. Les produits de transformation de la naphtaline qui se trouvent dans le sang et l'urine n'ont aucune action sur les germes typhoïdiques.

D'autre part, L. Gôtze [Zeitschrift fur Klin. fned., Band IX, Heft I, pages 72-89), en administrant 5 grammes par jour du médicament parfumé avec l'huile de bergamote, a vu chez 17 malades sur 38 un effet abortif presque instantané, la fièvre tomba en moins de trois jours, 3 sur les 35 mouriirent. L'albuminurie est à redouter, dit-il. Voilà l'opinion des adeptes.

Examinons les objections. Furbringer (^er/. klin. Woch., nM2, page 211, 21 mars 1887), critique obstiné et érudit de l'antisepsie dit (( que le traitement à la naphtaline est complètement impuissant, soit à abréger la durée ou la convalescence, soit à prévenir ou à atté- Action

contostôo.

nuer les complications, les rechutes et la mortalité de la typhoïde. » Ayant pratiqué l'examen bactériologique comparatif des matières avec ou sans naphtaline, il a trouvé que la naphtaline laisse en vie en moyenne 90000 micro-organismes susceptibles de développement, parmi lesquels il en est de beaucoup moins résistants que le bacille de la fièvre typhoïde. Ces recherches, antérieures à celles de Stern, jugent, je pense, la naphtaline. Capable de provoquer l'albuminurie et donnant une mortalité élevée, c'est un produit inefficace.

ACIDE CAMPHORIQUE

Diminue beaucoup les bactéries, mais n'a aucune action sur la fièvre typhoïde, il n'y a

donc pas lieu à insister sur cet impuissant médicament.

NAPnTOL

Le naphtol, dtudic par J. Robin, de Bordeaux, et Tessier, de Lyon, serait un médicament d'une grande activité et d'une innocuité parfaite, il déterminerait un abaissement graduel et assez rapide de la température, un raccourcissement de la durée et une atténuation très prompte des symptômes. Le naphtol s'associe au benzoate de soude dans la potion suivante :

Benzoate de soude. . . 4 grammes.

Naphtol p 3 —

Potion gommeuse. . . 160 — En 5 fois dans laj ournée.

Je crois, malgré l'encouragement de Roques, élève de Tessier, que cette médication ne mérite pas plus de confiance que la médication dite antiseptique, et cela parce que le naphtol depuis son introduction par Bouchard a été donné avec une libéralité qui aurait permis depuis longtemps aux médecins de

juger de son efficacité. Voici d'ailleurs l'opinion d'un médecin étranger qui l'a expérimenté : Le naphtol, au dire de E. Tressider (in Briiish med. Journal, 27 févier 1892), administré pour réaliser l'antisepsie intestinale, n'adonné que de mauvais résultats, l'auteur reproche entre autres à cette médication d'avoir occasionné des vomissements et de l'adynamie cardiaque.

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