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SULFURE DE CARBONE

Préconisé par Dujardin-Beaumetz comme un antiseptique puissant, le sulfure de carbone n'a pas été adopté par la généralité des médecins, quoique son odeur repoussante puisse être masquée en aromatisant l'eau qui lui sert de véhicule. Sapelier, élève de Dujardin- Beaumetz, l'a préconisé à la dose de 10 cuillerées par vingt-quatre heures pour une solution contenant 10 grammes pour 500 grammes d'eau.

72 TRAITEMENT DE LA FlEVRE TYPHOÏDE.

lODOFORME

Le môme insuccès a frappé rinlroduclion de l'iodoforme dans la thérapeutique de la fièvre typhoïde. Malgré tous les eflbrts pour le désodoriser, la répugnance des malades est telle qu'il a fallu l'abandonner.

La dose à laquelle Bouchard, son introducteur, le prescrivait, était de 1 gramme par vingt-quatre heures; on le mélangeait dans '100 grammes de poudre de charbon, après l'avoir fait dissoudre dans l'éther sulfurique ; puis on incorporait l'iodoforme ainsi dissous dans 200 grammes de glycérine, dont on donnait une cuillerée étendue dans l'eau toutes les deux heures. J'ai dit l'aversion justifiée des malades pour ce mélange. Renaut, de Lyon, a donné l'iodoforme porphyrisé en cachets de 75 centigrammes en trois fois, dont il n'aurait eu qu'à se louer. Il est vrai d'ajouter que, le professeur de Lyon traitant concurremment ses malades par le bain froid, il est difficile d'attribuer à l'iodoforme seul les succès obtenus.

IODE ET lODURB DE POTASSIUM

Le docteur Klictsch (de Worth-sur-le-Mein) a étudié, dans le cours d'une épidémie de fièvre typhoïde qui sévissait sur la ville, l'efficacité remarquable des préparations iodées dans cette maladie.

Il administrait à ses malades la solution suivante :

lodure de potassium. . 6 à 8 grammes.

Eau distillée j

Eau distillée de menthe > âà 10 —

poivrée )

Iode pur Os^50 à Og',80 cent.

p. S. A. — A prendre : de huit à 10 gouttes toutes les deux heures.

Dans presque tous les cas de fièvre typhoïde, au nombre de soixante-dix-neuf, oii notre confrère a fait usage de cette médication, il a observé, au bout de quatre à six jours de traitement, une diminution considérable de la fièvre, qui se terminait en lysis après une période de huit à douze jours de décroissance continuelle. A partir du jour oi^i cet effet anti-

thermique de la médicaiion se faisait sentir, l'état général des malades s'améliorait visiblement, malgré la persistance de la fièvre pendant im certain temps encore: l'intelligence n'était plus troublée, le délire disparaissait, la langue se nettoyait et devenait humide, les selles diminuaient de fréquence, perdaient leur aspect de « purée de pois », et, après environ quinze jours de traitement, reprenaient leur consistance normale. Les complications si fréquentes avec les autres méthodes de traitement ne survenaient pas avec la médication iodurée. Des 79 malades traités par les préparations iodées, 2 seulement sont morts : l'un a succombé à une rechute, due à un écart de régime et ayant amené la perforation de l'intestin; chez l'autre la dothiénentérie était compliquée de méningite et le traitement n'a pu être institué que tardivement. Mais, même en tenant compte de ces deux cas, la mortalité chez les malades soumis au traitement ioduré ne serait que de 2,5 p. 100, chiffre extrêmement faible.

Aussi , M . Klietsch croit-il voir dans le

traitement ioduré une ère nouvelle de la thérapeutique de la fièvre typhoïde.

D'après ce confrère, l'effet si favorable des préparations iodées sur ladothiénentérie serait dû à l'action microbicide de l'iode se dégageant à l'état de liberté dans la substance des follicules intestinaux et des plaques de Peyer, sièges de prédilection du bacille typhique.

La physiologie pathologique proposée par l'auteur n'est qu'une hypothèse, et ce n'est plus, à l'heure actuelle, que sur des faits que nous aimons à nous prononcer. Sans doute, le chiffre de 2, S p. 100 de mortalité est très satisfaisant, mais ne savons-nous pas que Vogl, de Munich, n'atteint pas 1 p. 100? Seulement,à l'encontre de son confrère allemand, les résultats du médecin bavarois portent sur des centaines de malades, et cela depuis des années, tandis que la statistique du médecin de Worth n'intéresse qu'un très petit nombre de malades observés dans une seule épidémie. Ce ne sont donc pas les bienfaits de l'iodure combiné à l'iode qui feront oublier ceux de la balnéothérapie.

PKRCULORURE DE FER

Depuis plusieurs années M. Anderson ' expérimente le perchlorure de fer dans le traitement de la fièvre typhoïde, et depuis lors il n'a pas perdu un seul de ses malades. Le traitement consiste à administrer nuit et jour, toutes les heures, cinq gouttes de perchlorure de fer, jusqu'à ce que la fièvre soit tomhée. La médication étaitensuite continuée pendant huit jours.

Le perchlorure de fer était administré suivant la formule :

Rec. Perchlorure de fer . v gouttes.

Glycérine 2 grammes.

Sirop simple. ... 4 —

Cette mixture était délayée dans de l'eau additionnée de teinture de cannelle.

Quand, sous l'influence de cette médication, il se développait de la sécheresse de la bouche et du pharynx, on faisait prendre 30 centi-

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