British médical Journal, 12 février
grammes de magistorc de bismuth dix minutes avant l'absorption dé la mixture au perchlorure de fer.
Sous l'iniluence de ce traitement la diarrhée était coupée auboutdequelquesjours. Apartir de là on faisait prendre tous les jours un léger apéritif.
Quand, dans un cas de fièvre typhoïde légère, le traitement était institué dès la première semaine de la maladie, au bout de dix jours en moyenne la température corporelle était ramenée au niveau physiologique. Quand le perchlorure de fer n'est pas administré d'une façon continue nuit et jour, il faut un peu plus de temps pour obtenir la chute de la fièvre. Chez les sujets qui ont été traités dès le second ou le troisième jour de la maladie, la défervescence se produisait au bout de cinq jours de traitement. Il est de règle que chez les malades ainsi traités , les symptômes graves du typhus n'arrivent pas à éclosion ou se dissipent rapidement quand ils existaient déjà.
Je n'ai aucune expérience de cette médi-
cation, et il m'est difficile .de la recommander, l'auteur anglais ayant négligé de nous dire combien de malades et lesquels il avait traités ainsi. Ces médications simplistes, si tentantes pour lès médecins, puisqu'elles leur promettent le succès certain et facile, doivent être tenues pour suspectes : pour qui connaît bien la fièvre typhoïde, il paraît difficile de comprendre comment un médicament aussi peu actif que le perchlorure de fer peut avoir raison d'une maladie aussi grave. Je répète, à propos de ce médicament, ce que j'ai dit en tête de ce volume : c'est que toutes les médications abortives trompent leurs auteurs, qui, à leur tour, trompent de bonne foi leurs confrères.
MERCURIAUX
Remis en honneur de nos jours par Salet, de Saint-Germain, et Bouchard, de Paris, les mercuriaux ont joui, il y a une cinquantaine d'années, d'une vogue passagère.
Petit et Serres pensaient faire avorter la maladie en donnant à leurs malades 1 gramme
à 18^S0 de sulfure noir de mercure, concurrem- soi-disants
' , effets
ment avec des frictions d'onguent mercuriel. abortifs. Salet administre concomitamment le calomel et le chlorure de sodium pour produire le bichlorure de mercure à l'état naissant dans l'organisme, en vertu de cette idée que le sublimé est le plus puissant des microbicides. D'autres ont donné le sublimé en nature (5 centigr. dans 180 grammes de véhicule parfumé avec l'essence de menthe) en cuillerées à potage toutes les deux heures.
Sous cette influence la température commencerait à baisser dès le second jour, pour Abaissement
. de la tem-
revenir à la normale du 3" au 6" jour; et dans
pôrature.
les cas légers, il suffirait de 5 à 8 centigr. de sublime.
Le calomel n'aurait pas une moins bonne action. Le météorisme, la dyspnée, la céphalalgie, l'insomnie seraient les symptômes les plus améliorés. En revanche, il faudrait se garder de le donner dans les cas de diarrhée profuse et de dépression des forces (Sachajin, Zuhchruft fur klin. med., Band IV, Heft X, p. o01-521 ). Furbringer, qui a dû expérimenter
le médicament, déclare que ce traitement n'est pas applicable en pratique et l'on sait que Bouchard se contente d'administrer durant 4 jours le calomel par prises de 2 centigr., et cela à titre d'antiseptique. Le docteur B. de Simone {lii forma medica, Calomel 5 dcc. 1891) douuc le calomel à petites doses
à petites
doses. (5 centigr. pour 1 centigr. d'opium) tous les deux à quatre jours. On peut voir la contradiction qui règne entre lui et les précédents auteurs qui regardaient les mercuriaux comme de quasi-spécifiques de la dothiénentérie , s'attaquant directement au bacille d'Eberth GafTky, en lisant ses conclusions.
N'agit pas « Le calomel n'a aucune influence sur la
lurlafiôvrc. .
lièvre avant 10 jours, précisément parce que cette fièvre est le résultat de la présence du bacille d'Eberth dans les tissus ; mais cependant, dans beaucoup de cas, cette médication coupe complètement les oscillations de la température, cela très probablement par suite de son action désinfectante sur l'intestin. » Au résumé, dit-il :
iMÉpiCATIONS ANTISEPTIQUES. 81
r Le calomcl est un excellent antiseptique intestinal;
2" De petites doses de ce médicament sont sans action sur la température pendant la première période de la maladie, mais plus tard elles l'abaissent; le calomel agit comme un désinfectant sur les ulcérations intestinales de la fièvre typhoïde et il les protège contre les microbes pathogènes qui peuvent exister dans la cavité intestinale.
On a vu à propos de l'antisepsie intestinale les réserves qu'il nous fallait faire sur le pouvoir dit antiseptique de bien des substances réputées telles, or, le calomel y figure au premier rang; c'est assez dire que c'est un médicament à rayer de la thérapeutique de la fièvre typhoïde. Je pense qu'il en va de même des frictions mercurielles.