FRICTIONS MERCURIELLES
Kalb [Ben. Min. Wochens., n" 3, p. 36,. 19 janvier 1885), pensant que la quantité ide mercure absorbée par la prise de calome)
esl Irop rail>le,,a essayé le système des fricpériodo lions avec 6 grammes d'onguent gris (4 gramabJgéo. i^^es chez les enfants) pratiquées une demiheure de suite pendant 6 jours, le premier jour sur le ventre, les deux suivants sur la face interne d'une des cuisses et ainsi de suite; 80 fois sur 100 la période fébrile est très abrégée, dit cet auteur, à la condition qu'on recoure à la médication avant l'apparition des taches rosées.
Au bout de 8 jours de traitement, la température est à la normale. Il faut donner concur- Nécessité remment de l'alcool à hautes doses, 120 grammes, pour prévenir la débilitation causée par la cure hydrargyriquc.
Kalb n'affirme pas que les frictions mercurielles soient un moyen infaillible, mais, d'après sa propre expérience, 80 p. 100 des malades traités de la sorte n'eurent aucune fièvre 10 jours après le début du traitement. Il n'est réellement utile que quand on le commence avant la période des taches rosées.
L'auteur croit, du reste, que l'énergie de la constitution des individus du pays ovi il
exerce, les prédispose aux formes légères de lypliiis ; il suppose pourtant que dans un autre pays il réussirait, par le traitement qu'il préconise, à transformer en typhus léger au moins 50 p. 100 des cas de typhus. Il faut, par des soins de propreté rigoureux, se mettre en garde contre la salivation : ce sont surtout les gardes-malades qui sont exposées à cette éventualité : car la salivation est un des accidents les plus rares qu'on puisse observer chez les typhiques; l'auteur ne l'a jamais vu; il a simplement noté un peu de douleur des gencives, et de fétidité de la bouche.
Il faut plutôt avoir en vue la dépression des forces; le traitement mercuriel qui diminue la durée de la lièvre n'y prédispose pas plus qu'autre chose ; néanmoins il est bon pour les prévenir de donner toujours des doses suffisantes d'alcool. Les récidives sont fréquentes, Récidives plus fréquentes qu'avec le traitement ordi- fréquentes, naire. Par suite de la diminution de la durée de la fièvre et de l'absence de complications, les malades entrent de très bonne heure dans
le stade apyrétiquc : il faut le surveiller avec beaucoup de soin.
Je ne crois pas à l'avenir de cette médication, basée tout entière sur l'idée fort hypothétique de l'utilité majeure de l'antisepsie Objections intestinale. Elle me paraît contre-indiquée f comme tous les mcrcuriaux, par l'état de dé-
méthode. ' ^
pression des forces qu'elle entraîne, et qui oblige ainsi à administrer des doses d'alcool élevées; or ce qui importe, pour qu'un traitement de la fièvre typhoïde soit vraiment digne de confiance, c'est qu'il soutienne les forces, soit stimulant, et qu'il aide l'organisme à se débarrasser par la voie rénale des produits toxiques; or, la médication mercurielle, comme celles que nous avons examinées, ne répond pas en particulier à ce dernier desideratum.