CHAPITRE VllI
DE LA PSYGHROTHÉRAPIE
La méthode réfrigérante, encore dénommée psychrothérapie (de t|/uyp6ç, froid et OepaTreta, traitement), est une de celles qui nous retiendront le plus longtemps, tant à cause des polémiques qu'elle a soulevées et soulève encore, qu'à cause des extraordinaires résultats qu'elle donne, au dire de ses adeptes. Avec toute l'impartialité dont je suis capable, je veux reproduire, très résumés, les arguments pour ou contre qu'on fait valoir pour l'adopter ou la rejeter, et enfin fournir en quelques pages la technique de ce mode de traitementdont tant de médecins parlent, alors que si peu la connaissent.
La plus ancienne do tontes les méthodes.
La lièvro ardente.
Historique. — C'est la plus ancienne méthode qui soit connue; à chaque pas dans les écrits anciens on en retrouve l'assurance. Si, pour le sujet qui nous occupe, c'est-à-dire la fièvre typhoïde, un doute est permis, il n'en est pas moins certain que les fièvres ardentes étaient jadis régularisées, traitées et souvent guéries par les pratiques hydrothérapiques.
Hippocrato. Hippocratc est sur ce sujet plein de contradictions. Tandis qu'il traitait l'érysipèle par l'eau froide — ce qu'aucun de nous n'a tenté encore, soit dit incidemment, alors que tant de motifs nous y sollicitent, — « il dit que le froid est l'ennemi des os, des nerfs, du cerveau ». Malgré cette opposition du dieu, ses successeurs, tels que ceux de l'école d'Alexandrie maniaient largement le froid dans les fièvres; à Rome le fait est notoire, les historiens comme Suétone, Pline, content à l'envi qu'Auguste fut ainsi guéri. Durant des siècles entiers ce fut l'alpha et l'oméga de la science médicale que de baigner encore et toujours les maladies les plus diverses; les