‹ Traitement de la fièvre typhoïdeChapitre 27 sur 62 · MÉDICATION RÉFRIGÉRANTE · texte numérisé non relu

MÉDICATION RÉFRIGÉRANTE

Psychropantos.

partisans de l'eau froide, les psychrophiles formaient deux partis, l'un tenant pour le bain froid, psychrolites, l'autre pour les boissons Psychroutcs froides, psychropotes. Sous l'inlluence d'un chtopoios. médecin marseillais, Pline nous dit que l'eau froide devint triomphante, que bains froids, boissons froides furent les grands remèdes et que les psychropantes, sous la conduite de Charmis, tentèrent de nombreuses guérisons. On peut penser que ce qui est notre fièvre typhoïde n'échappa certainement pas à cette thérapeutique.

Galien peut être considéré comme un partisan convaincu de la réfrigération dans les fièvres; en maints endroits, il montre les bienfaits de cette méthode, et il apparaît comme le véritable précurseur de la doctrine de l'hyperthermie dont il signale les dangers en même temps qu'il indique les moyens d'y remédier.

Après Galien, c'est l'obscurité absolue, et il faut chercher parmi les médecins arabes,surtout chez Rhazès, Avicenne, les continuateurs de ses pratiques hydrothérapiques. Ce

Galion.

Méclocias araVjes.

110 soiil, pas soulemcnl les fièvres ardentes qu'on réfrigère par le bain, mais les rougeoles malignes. « Si l'oppression est prôte à causer la syncope, on prendra le bain d'eau froide el on usera des frictions pour faire sortir la rougeole, » dit Rhazôs, et l'on voit que nous n'avons fait rien de nouveau les uns et les autres en baignant des rougeoles .ou Moyen âge. dcs scarlatiues anomales. Au moyen âge, et jusqu'àlafm même du xvu" siècle, la doctrine galénique fut battue en brèche, l'hydrothérapie non pas oubliée, mais proscrite. C'est la grande époque des théories, auxquelles les faits doivent céder la place, et du haut de ces raisonnements on condamne sans appel la médication réfrigérante. C'est Sthal qui montre la fièvre un mal nécessaii'e, c'est Van Helmont qui, par un raisonnement spécieux mais d'allure scientifique, montre l'inanité des efforts de ceux qui, s'attaquant à la chaleur fébrile pour la niodérer, croient combattre la cause du mal, alors que ce n'en est qu'un des effets.

Pour retrouver l'emploi de la méthode

La théorie l'emporte sur les faits

Bannissement do la réfrigération.

MÉDICATION RÉFRIGÉRANTE. lOr,

hydi'olhérapiquc, il nous l'auL la chercher aux mains des moines, des empiriques de toute Empuism, espèce. Le clergé, chacun le sait, a toujours eu grand goût pour les choses médicales. Par sa culture intellectuelle, sa valeur scientifique si souvent affirmée aux siècles passés, et dominant d'une effroyable hauteur l'ignorance profonde des couches sociales dirigeantes ; le clergé, dis-je, ne s'est jamais interdit l'exercice illégal de notre art. A l'heure oii j'écris ces lignes, qui ne sait le prodigieux succès qu'obtient Kneipp, cet obscur prêtre bavarois, avec ses méthodes fantaisistes? Eh bien, de même, le chanoine Hancock pouvait, au début du xvm" siècle, tenir tête avec succès aux médecins de son temps, et affirmer, comme le dit l'intitulé de son livre, que le meilleur traitement des fièvres se fait par le froid (surtout sous forme de boissons); mais la terre classique de l'empirisme fut à cette époque l'Italie méridionale. Capucins, dominicains, moines, firent à l'envi la croisade pour le froid, si bien qu'un professeur napolitain, Cyrillo (1730), ému par ces retentis- cyriiio.

sanls succès, l'employa cL en devint le résolu iiahn. partisan. Presque au môme moment, llahn (1717) faisait connaître ses premières observations relatives au typhus de Breslau, et les succès qu'il avait été seul à obtenir en faisant à ses malades des lotions froides, alors que ses confrères saignaient et purgeaient.

La publication, seize ans après, de son traité de la médication réfrigérante dans les maladies aiguës peut à bon droit le faire considérer comme le créateur, avec son rival écossais Currie, de l'application systématique du froid à la thérapeutique des affections fébriles. En effet, ce ne sont plus de vagues et aveugles pratiques basées sur un empirisme grossier, que le grand médecin de Breslau préconise. Nous arrivons avec lui à la véritable clinique, à l'observation pure, à l'adaptation d'une méthode vraiment scientifique, qui a pour base l'étude du pouls, de la température, bref, qui se rapproche singulièrement de notre pratique actuelle. Ces étapes marquent la fin du siècle dernier, époque oii la méthode réfrigérante va recevoir de l'école écossaise, et en

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