MÉDICATION RÉFRIGÉRANTE
particulier de Curric, rimpiilsion magistrale et quasi définitive.
L'observation si connue de Wright qui, lors wriRht. d'un retour d'Amérique, se traita pour une fièvre grave dont il fut pris à bord, par les affusions froides d'eau de mer, se guérit, et fit de même pour un passager; cette observation, dis-je, eut un retentissement considérable et tel, qu'elle entraîna la conviction de la plupart des médecins écossais, parmi lesquels Currie. Ce dernier a réglementé systcmati- Uui'i'ic. quement, peut-on dire, son procédé. Utilité de la thermométrie clinique, nécessité de commencer, dès l'apparition des premiers symptômes, le traitement hydrothérapique , à l'exclusion de tout autre : tout cela est formellement et clairement indiqué. Dès cet instant on peut dire qu'un traitement régulier est né. Son. procédé est trop connu pour que j'y insiste dans ces brèves notes historiques. C'est l'afFusion froide, à l'exclusion des autres moyens de réfrigération ; ce qui importe, c'est la méthode, c'est l'ardente conviction qu'en agissant ainsi il fait bien, qu'il arrache à la
mort de nombreuses victimes, et qu'il a le droit de répondre aux expectanls de son temps comme du nôtre : « Nous ne sommes pas là pour attendre le bon vouloir de la nature et assister à ses prétendus efforts, mais bien pour combattre la fièvre à tous ses stades et avec toute notre habileté. »
C'est donc légitimement que le nom de Currio revient sans cesse sous la plume de celui qui écrit sur le traitement du typhus; c'est à bon droit que ses contemporains, entraînés par son exemple, tentèrent un peu partout d'appliquer sa méthode, pour en contrôler les résultats, pour en étendre les bienfaits; c'est GiauniQi. ce quc fit uu médecin de Milan, Giannini, qui, dès 1805, modifiant la méthode du médecin écossais, préludait à celle du bain froid, telle que nous la pratiquons de nos jours, car il donnait le bain réellement froid, et cela aussi bien la nuit que le jour. Enfin, précédant Graves sur ce point, il nourrissait aussi ses fiévreux. MM. Bouveret et Tripier ont très heureusement dit, en appréciant l'œuvre de Giannini : « Refroidir et nourrir le fébricitant,
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voilà k formule déliiiitivo do Gianiiiiii. C'était celle de Ciirrie et de ses disciples. Ce sera bientôt celle de Brand et de ses contemporains. Témoignage considérable, tous ces grands observateurs qui surent si merveilleusement employer l'eau froide dans les fièvres, arrivent aux mômes conclusions, et qu'ils formulent dans des termes à peu près identiques. »
En France, quelques esprits hardis essayèrent la méthode, parmi eux, Récamier; mais Rteau.ici-. ces tentatives ne furent jamais que limitées, on pourrait dire timides, En Allemagne au contraire, dans les vingt premières années de ce siècle, la réfrigération dans les fièvres fut un des sujets favoris des écrivains médicaux dont le mémoire de Frœlich donne une bril- Fiœiich. lante idée.
Mais ce fut encore par le canal d'un empirique, Priessnitz, que la question eut un re- Priessnitz. gain de succès, une allure de nouveauté. Le terrain était donc admirablement préparé pour Brand, qui, depuis 1861 jusqu'à nos jours, n'a, Brand. cessé de lutter pour vulgariser un traitement
qui, quoique appliqué depuis des siècles, on vient de le voir, porte son nom, tant il l'a fait sien par sa pratique méthodique, par ses écrits, par toute sa vie, Drand, dont Bouley a pu dire sans fausse flatterie « qu'il était un médecin digne de tous nos respects et de toute notre reconnaissance, puisqu'il s'est montré bon, compatissant, plein de dévouement envers nos malheureux soldats aux jours de nos désastres, et qu'il leur a prodigué ses soins tout autant qu'à ses propres compatriotes ». (Discours de Lyon, avril 1883.) F. Giénard. F. Glénard s'est acquis une légitime notoriété en France par le zèle et le talent avec lesquels il a défendu le traitement de Brand. Importateur du bain froid à Lyon dès 1873, il s'est depuis lors multiplié pour le triomphe de la méthode. Esprit ardent et convaincu, il n'a de cesse qu'il ne répande partout ce qu'il croit être la vérité. A peine une nouvelle médication a-t-elle prétendu à la cure de la fièvre typhoïde que notre distingué confrère lyonnais a élevé la voix. Il a fait comparaître à la barre de l'opinion la nouvelle venue, il a
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examiné les qualités qu'on lui attribuait, il a mis en lumière les défauts que, perspicace, il lui reconnaissait, et le procès instruit, il a demandé de comparer. De là sont nés ces mémoires pleins de verve, où tour à tour l'acide phénique, l'antipyrine ont été jugés, autant dire condamnés. Malgré l'insuccès — inutile désormais à nier — que ses communications ont rencontré chez nous, aussi bien à l'Académie qu'à la Société des hôpitaux, il a continué le bon combat, et je sais par sa bouche quelle joie lui a été la campagne que j'ai entreprise il y a cinq ans, pour acclimater chez nous la méthode de Brand, qu'en bonne justice nous aurions le droit de nommer le bain de Brand- Glénard, tant ce dernier a faite sienne aussi la thérapeutique de la fièvre typhoïde par sa lutte.
R. Tripier et Bouveret, de Lyon, méritent Écoie
r • 1 • 1 J Lyon.
une mention toute particulière pour leur ad- r. xripiet mirable livre paru en 1886. Je me fais un devoir de déclarer bien haut qu'en de nombreuses pages de cet ouvrage, j'ai mis souvent à contribution leur œuvre remarquable. Venue la
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dernière et partant la plus complète des monographies que nous possédions sur le traitement de la fièvre typhoïde par les hains froids, c'est à elle que j'ai eu recours pour une foule de documents statistiques, cliniques, inhérents à cette question.
Les deux éminents médecins lyonnais ont écrit là le plus éloquent plaidoyer que connaisse notre littérature médicale sur la médication réfrigérante; je renvoie donc les lecteurs désireux de connaître à fond les étapes parcourues par cette méthode à leur livre, aucun ne mérite mieux l'épigraphe du vieux Montaigne; c'est avec raison qu'ils se la sont appropriée. C'est avec regret, je le répète une nouvelle fois, qu'aucune société savante ne s'est honorée en attribuant à cette œuvre un prix important et bien mérité. Depuis lors, nos Collègues de Lyon ont continué leur campagne; le succès a couronné leurs efforts. Sans se laisser arrêter par quelques dissidences locales, ils ont montré les bienfaits de la balnéation systématique, ils achèvent de conquérir à leurs idées les médecins de leur région et de
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France, et c'est sans fausse modestie que je m'inscris à côté ou mieux derrière eux pour tenter pareille fortune sur notre sol parisien.
J'ai donc essayé de faire à Paris ce que écoIo
do Paris.
F. Glénard,dès 1873, fit à Lyon. Certes, avant
moi, Libermann, M. Raynaud, Féréol avaient Les résistances
donné des bains froids à des typhiques, comme théoriques, aussi, avant ces maîtres, Récamier ou Trousseau, pour ne citer que les illustres, avaient pratiqué l'affusion froide de Currie à des typhiques; mais ce que je me plais à revendiquer, c'est qu'avant 1887, dans aucun service hospitalier, non plus que dans la méde- introduction cine de la ville, aucun médecin parisien méthode, n'avait institué le traitement régulier systématique de toutes les fièvres typhoïdes. A un traitement d'exception j'ai substitué une thérapeutique uniforme ; les critiques qu'une telle ses progrès, manière de faire ont soulevées, je me ferais un devoir de les rappeler pour les réfuter une fois de plus. Cette tentative individuelle n'a. pas été, je crois, inutile; outre que j'ai eu la satisfaction de me voir suivi par un grand
Opinion nombre de mes collègues, — plus du tiers des Torpl'dos" médecins des hôpitaux de Paris est en ce mohopitaux. nient hrundiste', — j'ai la conviction que la pluparl de ceux qui hésitent à s'enrôler sous notre bannière, n'ont plus cette crainte, cette terreur, que le bain froid éveillait. A voir maniée sur une grande échelle cette puissante thérapeutique, cela durant plusieurs années, par les médecins les plus divers, dans des hôpitaux différents où les résultats sont contrôlés par la publicité, la suspicion est tombée et je crois que désormais c'est une médication qui restera. Comme ses aînées, elle aura peut-être ses moments de défaveur ou d'enthousiasme, mais comme toutes les médications puissantes et fidèles, elle gardera toujours la confiance de nombreux médecins.
Les méthodes hydriatiques ne sauraient être confondues. €er laines n'agissent que superficiellement, épidermiquement, pourrait-on
1. Voyez ma communication, Société méd. des hôpitaux (17 juin 1892).
Procédés divers.
dire, en n'intéressant que les réiïexes cutanés ; d'autres au contraire ont une action profonde, avec un indéniable retentissement sur les centres vasculaires.
HYDROTIIÉRAPIE STIMULANTE
Parmi les premières sont les lotions froides, les aiîusions et le drap mouillé.
Lotions froides. — S'il fallait trouver des lettres patentes au bain froid systématique, on n'en saurait rencontrer de meilleures que la vulgarisation de la lotion froide. De nos La lotion
■ est appli-
jours, on peut dire qu'il n'est pas un médecin quéo à tous
. • . , . 1 1 I • I les malades.
sur cent, qui oserait se priver, dans te traitement d'une fièvre typhoïde un peu sérieuse, du bénéfice de la lotion froide. Comme je l'ai dit : (( c'est une façon détournée, timide, hypocrite pour quelques-uns d'appliquer le froid », et qui est comme l'aveu tacite de ses bienfaits reconnus par tous.
Chacun sait comment elles sont pratiquées. .
Le malade, dépouillé de tous ses vêtements, est lotionné avec une éponge fortement im- Technique.
bibéc creuii IVoidc (12 à 15°) ou de vinaigre, plus ou moins étendu d'eau (pratique de Jaccoud).
La lotion est plus ou moins fréquente, (de Nombre. 2 à 12 daus les 24 heures), plus ou moins pro- Durde. longée, de quelques secondes à plusieurs minutes, puis le malade est légèrement essuyé. La lotion est, je l'ai déjà dit, un procédé communément employé ; c'est à coup sûr un bon moyen, et mieux vaut y avoir recours que s'en passer chez les malades qu'on n'a pas le courage de baigner ; mais, répétons-le, c'est un procédé de réfrigération insuffisant, qui ne donne aucun des bienfaits du bain froid, qui ne permet pas au médecin d'avoir cette sécurité qui rend si facile le traitement de la fièvre typhoïde par le bain.