AVANT LE BAIN
La température est relevée : si elle indique la nécessité du bain, le malade est dépouillé de sa chemise, qui doit être le seul vêtement qui le couvre; c'est dire qu'il faut supprimer pendant la période fébrile les cami-
soles, gilets de Hanelle, dont les familles surchargent leurs malades. Si c'est la première fois que le malade est baigné, pour lui éviter le saisissement qui accompagne toute immer- Aspcrsion sion brusquc, on aspergera la figure et le
do la liguro 'i i> • i • /. . i
et du thorax, thorax avcc de 1 eau plus froide que celle dans laquelle on va plonger le malade; cela fait, le malade sera porté au bain. Si c'est un enfant, une personne suffît; si c'est un sujet obèse, et que le personnel d'infirmiers soit restreint, il vaut mieux l'asseoir dans un 1 ransport fauteuil, le rouler jusqu'à la baignoire, puis
du malade, j'gjjjgygj. douccment, sans efforts, sans brusquerie, et le déposer dans la baignoire. Dès cet instant, un grand frissonnement éclate,' une certaine anxiété se peint sur le visage du patient, quelques femmes même crient.
Nécessité Le médecin doit toujours être présent lors
senctdumé- dc l'administratiou de ce premier bain; il
decin aux ^assurcr le malade, et l'exhorter à" la
bains. patience (Brand). Au bout de la première ininute, ce grand émoi tombe : si le malade n'est pas trop stupéfié, il ouvre les yeux, regarde les assistants, (;lit môme quelques
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paroles, qui lo plus souvent ont trait, on peut l'imaginer, à la durée probable du bain, à sa température. Le médecin répondra à toutes les questions, dira au malade que ce froid est nécessaire pour éteindre le feu de sa fièvre ; il l'invitera à boire un verre d'une boisson froide, eau ou lait ; puis l'on procédera à l'affusion.
Affusion. — Si c'est un homme, la tonte des cheveux aura été facile ; si c'est une femme, on aura relevé sur le sommet de la tête les cheveux nattés et roulés en chignon.
■ Pour éviter l'entrée de l'eau dans les narines, les yeux, il sera nécessaire démettre au-dessus du front une serviette roulée, Technique, qui s'opposera ainsi au ruissellement de l'eau sur la face. Ces précautions prises, on procédera à l'affusion. Dans les cas simples, l'eau du bain peut servir : on remplira i.in arrosoir ou tout autre récipient à petite ouverture, et l'on versera /en^eme/i^ et d'une façon con-^ tinue l'eau, d'une faible hauteur, sur toute la
région de la nuque. Dans les cas intenses. Température.
l'eau qui sert aux affusions doit être très sen-
siblcmciil i)his froide que celle du bain, j'ai l'habitude de me servir d'eau à 10°. Quelle Duriio. doit être la durée de l'alîusion? J'ai adopté entièrement la formule de Brand, que je trouve très suffisante, et qui consiste à faire toutes les 5 minutes une aff'usion de 2 minutes, a^^ début, au milieu et à la fin du bain, soit 6 minutes pour des bains de 15 minutes. D'autres, parmi lesquels Tripier et Bouveret, préconisent l'affusion continue pendant toute la durée du bain.
Je ne, crois certes pas cette pratique mauvaise, mais elle est très désagréable. Lorsqu'on effet l'afîusion est pratiquée avec de l'eau à température inférieure à celle du bain, le malade est toujours surpris péniblement; il éprouve une strangulation, un étouffement, qui donnent à son visage une anxiété extrême, alors même que l'eau ne dégoutte pas sur sa figure : c'est pour ces motifs que la triple affusion de deux minutes constitue ma pratique.