PROPHYLAXIE
Les mesures de prophylaxie générale s'adressent à tous, mais il convient de les envisager sous deux aspects différents : le premier, qui nous arrêtera peu, encore qu'il soit le plus important, et qui consiste à distribuer aux populations une eau exempte du poison typhique, à remanier de fond en comble notre déplorable système de vidange, enfin à assurer à chaque individu le cubage d'air nécessaire, l'alimentation saine, auxquels il a droit; le second, c'est la prophylaxie qui s'adresse à la maladie réalisée, c'est celle qui nous retiendra spécialement, car on peut dire qu'elle fait partie intégrante du traitement de. la fièvre
typhoïde, et qui sera traitée au chapitre suivant.
Pour revenir à la prophylaxie générale, nous devons dire, à l'honneur de l'hygiène, qu'un pas important a été fait dans cette voie depuis plusieurs années ; l'administration de la Guerre en particulier en distribuant aux troupes une eau potable, en assurant l'étanchéité des fosses, a fait reculer la fièvre typhoïde dans des proportions qui sont la démonstration péremptoire que ces notions d'étiologie ont été vraiment fructueuses. C'est ainsi que la morbidité est presque de moitié au-dessous en 1890 (exactement 49 p. 100).
Doit-on se tenir pour satisfait, penser que tout est bien? Ce serait une grave erreur. Il faudrait encore signaler à qui de droit l'horreur des latrines militaires, qui n'a de comparable que celles de nos lycées ou collèges. Quand on songe aux règlements stupides qui prévalent encore dans une foule de questions, et qu'il ne s'est pas trouvé quelque ministre pour assurer par un règlement sévère, je dirai féroce, la propreté, on peut être assuré qu'il