XXXI. — Oial>ète goutteux
La présence du sucre dans l'urine des goutteux est un fait d'observation assez commun. Comme l'albuminurie, la glycosurie peut apparaître de bonne heure, dès les premières périodes de la goutte. Une urine riche en urée et en acide urique, et contenant des traces d'albumine et une certaine proportion de sucre, est presque pathognomonique de la goutte.
Dans notre Traité de la goutte, nous avons établi, au point de vue des rapports du diabète et de la goutte, les quatre catégories suivantes :
1° Cas dans lesquels la goutte articulaire coïncide avec la glycosurie, celle-ci étant reléguée au second rang, et parfois à un tel point qu'elle passe inaperçue ;
2° Cas où la goutte ayant dominé pendant une première période sous une forme ou sous une autre, le diabète lui succède et tient désormais la première place;
3° Cas dans lesquels le diabète constitue la maladie principale, les accidents goutteux n'apparaissant que d'une manière secondaire et sous une forme atténuée ;
4° Cas où la goutte et le diabète coexistent dans la même famille, mais chez des individus différents.
Au point de vue thérapeutique, il suffit d'admettre deux groupes de faits, suivant que la glycosurie est précoce, se montrant chez des goutteux vigoureux dont les urines présentent tous les attributs d'une nutrition exagérée, ou bien qu'elle est tardive, apparaissant à la période de déclin de la diathèse, avec des urines pâles et anémiques.
Nous n'entrerons pas, d'ailleurs, dans le délail de la médication à diriger contre le diabète goutteux, renvoyant sur ce point cà notre livre sur le Trailement du diabète sucré, et cela d'autant mieux que la glycosurie goutteuse dans le plus grand nombre des cas ne réclame pas, à proprement parler, une intervention active, mais plutôt une surveillance attentive de ses fluctuations.
Le pl us souvent, le diabète goutteux est \in petit diabète, la proportion de sucre est peu élevée et la quantité d'urine à peine augmentée. La glycosurie est habituellement intermittente, facile à faire disparaître complètement pendant un temps plus ou moins long, à l'aide d'un régime peu sévère et des alcalins.
Quand il y a tendance à une recrudescence du sucre, le bicarbonate de soude, les eaux alcalines ramènent rapidement la glycosurie à un chiffre minime. C'est dans ces cas que le salicylatede soude produit les meilleurs effets.
Dans les cas où la glycosurie est plus considérable, s'accompagnant d'une polyurie plus marquée, il faut aider l'action des alcalins au moyen de l'opium, mais il est rarement nécessaire d'en prolonger l'usage.
Les eaux minérales à conseiller sont les mêmes que dans la goutte ordinaire. On se guidera pour le choix d'une station sur l'état général des goutteux et sur les caractères concomitants del'urine. Vais, Vichy, Garlsbad ne conviennent que dans la glycosurie de la première période de la goutte. Plus tard, il faut se borner aux bicarbonatées sodiques faibles, aux sulfatées calcaires, ou même aux eaux ferrugineuses quand l'anémie est déjà prononcée.