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XXXII. — Goutte broncho-pulmonaire

L'aslhme et le catarrhe bronchique avec emphysème sont les manifestations ordinaires de la goutte sur les voies respiratoires. Ces affections ne réclament chez les goutteux aucun traitement spécial. On emploiera les médicaments usités en pareil cas, l'iodui'e de potassium dans l'asthme, les expectorants, les calmants, les balsamiques, les révulsifs cutanés contre le catarrhe bronchique.

La médication hydro-minérale est encore utile contre ces manifestations. Mais il ne faut pas songera envoyer les goutteux catarrheuxàdes eaux trop activés, comme Vichy ou Carlsbad. Le catarrhe bronchique est d'ordinaire une manifestation tardive delagoutte et se montre chez des sujets déjà en voie de cachexie. Royat et Ems sont seuls permis dans ces cas. Nous conseillons de préférence le plus souvent la Bourboule ou le Mont- Dore.

Bien que le traitement spécifique ne réussisse guère dans les affections goutteuses des voies respiratoires, la liqueur de Laville nous aparu dans quelques cas modifier favorablement des accès d'asthme goutteux. Nous l'avons aussi employé avec avantage, de même que la teinture de colchique, dans les cas de catarrhe sec des bronches, si commun chez les goutteux, caractérisé par une toux quinteuse, sans expectoration, avec sensation d'oppression, de dyspnée s'accentuant surtout dans la soirée ou dans la nuit. Cette forme de catarrhe précède souvent les attaques de goutte aiguë, résistant aux

médications ordinaires pour céder brusquement au momentoù se fait la localisation articulaire. Nous avons réussi parfois, au moyen du colchique, à arrêter cette toux quinteuse sans que l'accès de goutte se produisît.

Les goutteux sont exposJs à des manifestations pulmonaires de nature congestive de causes diverses. La phlébite goutteuse de la saphène ou des veines des membres inférieurs peut donner lieu à des embolies pulmonaires avec hémoptysies dont, après Paget et TuckwelsHous avons rapporté des exemples. Les lésions du cœur si fréquentes dans la goutte avancée produisent aussi des congestions passives et des apoplexies pulmonaires sur lesquelles il est inutile d'insister. D'autre part, la néphrite atrophique peut déterminer chez les goutteux albuminuriques comme chez les autres brightiques des accidents de congestion et d'œdème pulmonaire, caractérisés par une expectoration sanguinolente, une dyspnée parfois extrême, des râles ronflants, muqueux, sous-crépitants , localisés ou généralisés. Enfin on ne doit pas oublier que la tuberculose peut s'associer à la goutte et, bien qu'elle ait en pareil cas une tendance marquée à la sclérose, elle n'en est pas moins capable de provoquer des congestions locales avec ou sans hémoptysie qui ne sont que l'expression d'une poussée aiguë de granulations.

Il n y a rien de spécial à dire du traitement de ces diverses variétés de congestion. Mais en dehors de ces congestions symptomatiques, il existe chez le's goutteux une forme particulière de fluxion pulmonaire qu'on doit attribuer à la diathèse urique même et qui représente une sorte d'attaque de goutte pulmonaire. Ces fluxions surviennent d'ordinaireàune époque avancée de

la goutte, précédantparfois une crisearticu laire, d'autres fois la remplaçant. Tantôt elles restent peu étendues, se traduisant seulement par quelques crachats sanglants ave c un peu d'oppression, tantôt elles sont plus diffuses, s'accompagnant d'une expectoration muqueuse, filante, gommeuse, striée ou mélangée de sang. Enfin, dans quelques cas, c'est une véritable pneumonie qu'on observe et qui mérite le nom de pneumonie goutteuse.

Dans tous ces cas, on doit agir comme en présence de toute inflammation aiguë du poumon .

On combattra les accidents congestifspar les révulsifs cutanés, ventouses scarifiées, badigeonnages de teinture d'iode, vésicatoires, et on donnera à l'intérieur le kermès, l'oxyde blanc d'antimoine ou les stimulants, acétate d'ammoniaque, alcool, etc.

Mais on ne doit pas négliger de traiter directement l'élément goutteux au moyen du colchique qui donne souvent dans ces cas les mêmes effets que dans le traitement de l'attaque articulaire. Les malades seront soumis en même temps à l'usage des alcalins, sous forme d'une eau minérale, de préférence une eau sulfatée calcique, comme Gontrexéville, Vittel, Aulus, puisqu'il s'agit en général de goutteux débilités ou en voie de cachexie.

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