CHAPITRE J
APERÇU GÉNÉRAL DES RÉSULTATS DONNÉS PAR LE 606 DANS LE TRAITEMENT DE LA LEUCOPLASIE
Des 16 observations de malades atteints de leucoplasie buccale ou linguale qui précèdent et ayant subi un traitement à l’arseno-benzol, nous allons tenter d’extraire et de mettre en lumière les différents résultats thérapeutiques obtenus par le 606.
Si, avant d'analyser le mode d’action de l’arsenobenzol sur la leucoplasie, nous faisons une statistique rapide des observations précédentes pour y distinguer les résultats heureux obtenus par le traitement,rous n’en trouverons qu’une à éliminer dans laquelle le nouveau médicament n’a eu aucun effet thérapeutique; c’est l'observation XI.
Nous parlerons plus longuement du malade en question plus loin car ce cas soulève un problème intéressant. Il s’agissait en effet d’une leucoplasie épithéliogène ou préépithéliomateuse chez un homme de cinquante et un ans dont la syphilis remontait à trente ans.
Ainsi en mettant à part ce cas particulier parmi nos 16 observations, nous avons donc 15 observations de leucoplasies traitées par l’arseno-benzol où un résultat thérapeutique indéniable fut obtenu par le 606, sinon toujours une guérison complète, au moins une amélioration.
Afin de faciliter cette analyse des effets thérapeutiques du 606 dans la leucoplasie, nous distinguerons les leucoplasies récentes que nous dénommerons secondaires des leucoplasies anciennes ou tertiaires. Un chapitre spécial sera consacré à la leucoplasie épithéliogène. Dans un autre chapitre nous verrons s’il existe un rapport entre la présence ou l'absence de la réaction de Wassermann et l'effet thérapeutique du 606 dans la leucoplasie.
Dans un dernier chapitre enfin nous ferons autant qu’il nous sera possible un parallèle entre le traitement de la leucoplasie par l’arseno-benzol ou par les autres médications hydrargyrique, iodurée ou mixte.
Chemin faisant, nous verrons si l’on a plus de chances d'obtenir un résultat plus rapide ou plus complet chez un leucoplasique de syphilis récente que chez un ancien spécifique. Nous verrons également s’il y a lieu de préférer la voie intra-veineuse à la voie intra-musculaire ; si de nombreuses injections sont toujours nécessaires; si l'on doit distinguer des variétés de leucoplasies plus favorablement influencées que d’autres par l’arseno-benzol ;
CON NES ds
si le 606 agit invariablement sur les troubles fonctionnels de la leucoplasie.
Autant de questions que l'examen des obser-
vations précédentes nous permettra peut-être d’élucider en partie.