Traité de pathologie interne. Édition p
gulière ; que sa transmission se fait par des voies inconnues et cela, parce que les terminaisons nerveuses les plus fines sont intéressées ; de telle sorte qu’il est difficile de suivre toujours leur distribution. 11 n’en est pas moins vrai que la loi d’irradiation est applicable ici comme dans les névralgies, bien qu’on le méconnaisse.
Il est possible, mais peu probable, qu’il y ait
des cas de .rhumatisme chronique à la suite
desquels on ne trouve aucune lésion après la
mort. Mais il est invraisemblable qu’alors meme
il n’existe pas d’altération pendant la vie. On sait que le rhumatisme aigu ou chronique produit une tuméfaction des ligaments et des tendons avec épanchement dans les gaines et les capsules articulaires. Pourquoi n’y aurait-il pas de l’épanchement dans le tissu musculaire, lors même qu’il serait moins palpable dans les cas aigus. Depuis quelques années, les masseurs ont démontré que cet épanchement se fait dans le rhumatisme chronique; que beaucoup de cas, auxquels on donne ce nom, mériteraient mieux celui de myosites. On trouve alors des lésions à l’autopsie. Il y a longtemps que Froriep et Virchow ont vu les fibres musculaires remplacées par du tissu conjonctif. Dans
la pseudo-hypertrophie des muscles, la prolifération porte sur ce tissu, tandis que les fibres musculaires sont en dégénérescence graisseuse. Brtiger cite un cas dans lequel une partie des muscles du cou avaient subi une inflammation parenchymateuse ; l’hypertrophie musculaire n’est autre chose qu’une forme grave et avancée de la myosite chronique l.
Vogel a trouvé dans certains cas de rhumatisme chronique des épaisissements et des adhérences du névrilème.
On ne pourrait pas expliquer les douleurs intermittentes et fugaces du rhumatisme musculaire dans ses formes légères, simplement par la pression, la congestion et l’œdème de la gaine du nerf. Gomme cette pression varie d’après le travail du muscle et qu’elle s’exerce tout à fait différemment sur les fibres nerveuses, On peut se rendre compte sans difficulté, de cette manière, du caractère capricieux et irrégulier des douleurs rhumatismales chroniques. Il suffit alors pour comprendre les irrégularités, de se souvenir que l’irritation permanente d’un nerf cause une douleur non pas continue, mais