‹ Traitement de la migraine par la massageChapitre 7 sur 16 · NATURE ET PATHOGÉNIE DE LA MIGRAINE · texte numérisé non relu

NATURE ET PATHOGÉNIE DE LA MIGRAINE

Le tableau clinique que nous avons donné nous a conduits, comme l’analyse des symptômes, à cette conclusion que les nerfs sensitifs et les nerfs vaso-moteurs étaient sérieusement intéressés dans le paroxysme. Si nous laissons de côté les observations de ces derniers temps, nous trouvons que l’on ne décrivait récemment encore de lésions d’aucune sorte ; que l’on ne croyait point aux altérations locales ; tout le monde était d’accord sur ce point. On avait donc ce qu’il fallait, il y a trente ans, pour constituer une névrose. Aujourd’hui nous n’envisageons /plus les névroses comme autrefois ; nous nous disons que la reproduction fatale et presque périodique d’accidents réguliers doit

avoir une cause permanente dont les effets se produisent sous l’influence des circonstances

accessoires. On a envisagé la migraine à ce

point de vue et peut-être, parmi les théories données, toutes ne sont-elles pas fausses ; l’unité et la constance d’un processus clinique n’indiquent pas nécessairement l’unité d’origine. On raisonnerait aussi mal en déclarant que les hémicrânies ont un seul point de départ, qu’en donnant à toutes les paralysies faciales la même origine; il y a souvent autant de différences symptomatiques entre deux migraines qu’entre une paralysie faciale de cause périphérique et une autre de cause centrale. Le malheur c’est qu’on a admis trop vite l’intégrité des régions douloureuses et qu’on s’est dispensé de les explorer. Pour éclairer la pathogénie on a tenu plus de compte des accidents éloignés ou des raretés que des phénomènes réguliers et courants.

« Les causes de la migraine, dit Broussais, se rapportent toujours à un point d’irritation organique qui peut être: 1° dans le cerveau, analogue alors à ceux que nous avons vus figurer dans les prodromes des phlegmasies de l’encéphale ; 2° dans le tube digestif, surtout dans l’estomac et le duodénum ; 3° dans l’utérus, qui

peut marquer son influence par une douleur au cervelet ou dans les lobes postérieurs du cerveau , douleur connue sous le nom de clou hystérique1 . »

Ces conceptions ne sont que l’interprétation de faits connus. Les migraines sont accompagnées de troubles dyspeptiques, de vomissements rebelles ; c’est donc du côté de l’estomac qu’il faut chercher. Raisonnement spécieux : Les accidents gastriques sont si loin d'avoir un aspect régulier que l’on ne voit pas trop à quel ordre d’irritation ils pourraient correspondre. Certains malades, qui ont des nausées lors d’une attaque, n’en ont pas à la suivante. Les uns vomissent après l’ingestion des aliments, les autres sont soulagés par le même acte. Qu’on mette en regard de cette irrégularité les symptômes produits par des affections connues de l’estomac, et les différences deviendront plus sensibles. Les alcooliques atteints de gastrique chronique ont régulièrement leur pituite le matin. Le moment et le mode des vomissements est une donnée de valeur si l’on veut distinguer l’ulcère simple du cancer de l’estomac.

On peut faire les mêmes objections aux troubles utéris : jamais les accès ne correspon-

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