CHAPITRE VIII
Sommaire : Généralités sur les traitements anliparasitaires ayant la prétention de détruire le bacille de la tuberculose. — Bactériothérapie. — Air chaud. — Air des étables. — Air comprimé et air raréfié.
«Lalhérapeutiquoidéaledelaphtisiepulmoiiaire, écrivait le professeur Debove en 1884, consisterait à traiter cette maladie comme on traite la gale ou la teigne, à l'aide d'un parasiticide; mais le parasiticide du bacille tuberculeux reste encore à trouver. » En 1892, ce spécifique est encore aussi inconnu qu'en 1 884. Et cependant une foule de substances qui, autrefois, prétendaient seulement améliorer la toux, diminuer l'expectoration ou la fièvre, tonifier l'organisme, accroître l'appétit, ont voulu prendre le baut rang de microbicides, depuis que le bacille de la tuberculose a été découvert par Koch. Car on ne peut appeler traitementantiparasitaire de la phtisie pulmonaire, que celui qui pourrait produire la cure radicale de cette maladie, en supprimant les poussées tuberculeuses, la toux, l'expectoration, les sueurs, en engraissant les malades
et en supprimant la fièvre dans les crises aigui-s sansètreunanLiLlieriniquc général. Or, aucune substance, aucun agent, ne peut avoir à lui seul cette prétention.
Cotte course à la recherche du tueur de bacilles est proi)ahleiiient une utopie. Le microbe de la tuberculose a une très grande résistance aux moyens de destruction. Ainsi, d'après Pietro, un crachat desséché reste virulent pendant 10 mois à 25°. Il ne perd ses funestes propriétés ni par la congélation et les dégels successifs, ni par le séjour prolongé dans l'eau, comme l'ont démontré Galtier, Cliantemesse et Widal. En Allemagne Schotellius, en France Cadéac et Mallet ont vu que la putréfaction dans l'air, dans l'eau, dans le sol, ne modifie pas sa virulence. Ce bacille n'est tué et détruit qu'en subissant la température de 70° pendant 15 minutes, ou celle de l'ébuUition pendant 5 minutes. Il est très sensible à la lumière solaire. En présence de cette très grande résistance, on se demande comment on pourra trouver un agent médicamçnteux qui tue le bacille sans tuer le malade. L'antisepsie médicale n'est pas applicable au microbe de la tuberculose.
Cette recherche acharnée du parasiticide de la tuberculose est non seulement une utopie, mais c'est une inutilité. En eflel, si
l'on tuo les microbes existant dans le corps, sans modifier sensiblement les tissus et les lmmem"s, c'est-à-dire le terrain sur lec^uel ils se sont développés, d'autres microbes viendront probablement du dehors prendre la place de ceux qu'on vient de détruire, et l'on n'auraeffectuéqu'untravail de Pénélope. Dans cette chasse au microbe, il faudrait tuer non seulement tous les germes du dedans, mais aussi tous ceux du dehors, ce qui sera peutêtre l'œuvre des siècles. Aussi, dans le cours de cette étude, nous verrons que s'il ne suffit pas d'un microbe pour faire un tuberculeux, il ne suffira pas non plus d'une thérapeutique antimicrobienne pour détruire la tuberculose.
Chaque année je vois des malades, ou des familles de malades, qui s'étonnent qu'on ne guérisse pas de la tuberculose en quelques semaines. Quand, en 1891, une foule de panacées contre la tuberculose ont été proposées, je recevais souvent la visite d'un parent me disant : « Mon malade ne va pas mieux; il a la fièvre tous les jours. Je crois qu'il faudrait lui donner quelque chose de plus fort. Pourquoi n'essaieriez-vous pas le sang de chèvre, le sérum de chien, la lymphe de Koch ou les injections de cantharidine, ou quelque substance qui ait déjà guéri des poitrinaires? » Je répondais : « On ne guérit pas la tubcrcui. . 1*
lose avec une substance ; vous comprcnczbicn que, si ignorants que nous puissions être, nous tous médecins, nous emploierions celle merveilleuse panacée, si elle existait, et les malades n'auraient pas besoin de la réclamer. Si vous voulez essayer tous les traitomonls miraculeux qui guérissent en quelques injections, vous pouvez être certain que votre malade mourra. Car aucun spécifique n'existe pour la tuberculose. On ne peut guérir que par une métiiodo longue, pénible, qui exige la patience et la résignation. Car elle consiste dans le repos prolongé, l'aération continue, une alimentation intensive, une révulsion répétée, et quelques médicaments variant suivant les indications. On peut joindre à cette méthode, du sang de chèvre, ou toute autre injection; mais ce ne sera pas là l'élément principal de la cure. La croyance dans une panacée est néfaste, parce qu'elle fait négliger les prescriptions impérieuses de celle hygiène que Dujardin-Beaumetz a si justement appelée : Hygiène thérapeutique. »
Il n'est aucune substance qui à elle seule puisse guérir la tuberculose; il faut réunir, abandonner , reprendre une vingtaine do moyens thérapeutiques, dont l'ensemble constitue unemélhode, qui a puêtrcperfectionnéc récemment, mais qui a été et est encore la
méthode de tous les grands médecins, de tousnos maîtres, auprès desquels nous avons appris à la connaître. La tuberculose vulgaire n'est pas une maladie aiguë, c'est une maladie chronique; elle nécessite, non pas une médication aiguë, mais une médication chronique.
S'il n'existe pas de parasiticide pour les bacilles tuberculeux, il existe plusieurs substances antiseptiques qui ont une action très favorable sur les poisons produits par la vie et la mort de ces bacilles, et sur ceux que sécrètent d'autres microbes , compagnons fréquents de celui de la tuberculose. Ainsi tous les antiseptiques qui entravent la production du pus, comme l'acide phénique, et surtout la créosote, le gaïacol, l'aristol, le menthol, l'eucalyptol, etc., auront une action favorable chez un grand nombre de tuberculeux, parce que les cadavres des bacilles, en se dissolvant dans les tissus, mettent en liberté des substances pyogènes. L'action anti-purulente de ces substances, dans le traitement de la tuberculose, vient d'être nettement démontrée par Leloir et Tavernier, de Lille. Ces auteurs ont vu que sur les lupus, sécrétant un liquide purulent, riche en slaphylococus aureus, on arrêtait la suppuration en recouvrant l'ulcère d'acide salycilique , d'acide
borique, tic salol, (Parislol, sans que les tubercules cutanés soient en rien modifiés. On comprend comment plusieurs substances peuvent supprimer la purulence de la sécrétion broncbo-pulmonairc des tuberculeux , purulence qui peut être due soit aux cadavres des bacilles tuberculeux, soit à la pullulation des microbes pyogcnes, que Besser a trouvés dans les voies aériennes. Ces médicaments antipurulents ont aussi une action sur la flon; qui végète sous les parois des cavernes : sarcines, zooglées, stapbylocoques, streptocoques, tétragène, bacille du pus vert, proteus mirabilis, bacillus fluorescens. H. -G. Roger dit avec raison, dans le nouveau Traité de médecine, que ces microbes ont un effet local en faisant suppurer le tissu pulmonaire, et un effel général en lançant dans lacirculationleursproduitsde sécrétion qui provoquent les symptômes de la septicémie, et surtout la fièvre bectique.
Ces phénomènes de septicémie sont certainement dus aussi, en partie, aux fermentations putrides anormales qui naissent dans le lube digestif des tuberculeux. J'ai vu en elfet bien souvent la fièvre des phtisiques diminuer lorsqu'on améliorait les fonctions digeslives par un régime sévère ou une médication appropriée. Ne voit-on pas sou vent la fièvre des
l.ubcrculeux augmenter considérablement une heure après un repas et cesser deux lieures après. D'autre part, Bard et Aubert de Lyon ont vu que, dans l'intestin des tuberculeux fébriles, le bacillus coli communis prolifère (tousidérablcment et que les autres espèces microbiennes disparaissent à peu près. Ces espèces disparues étaient-elles utiles; le bacillus coli communis est-il nuisible à la digcslion? c'est très probable, car ce dernier microbe est regardé comme étant, hors de l'intestin, un agent fréquent de suppuration et de septicité. Or, Bouchard a démontré que les poisons putrides du tube intestinal, absorbés par la veine porte, favorisent un grand nombre de maladies infectieuses et purulentes, telles que la furonculose. Du reste, Galien disait déjà que « par la corruption qui se peut engendrer dans le corps, il vient une maladie semblable à celle qui se fait par les poisons » . Aussinepeut-onquelouerles efforts du médecin qui cherche à combattre cette complication de la tuberculose, et à provoquer l'antisepsie intestinale. Il est foit probable que plusieurs antiseptiques, qui n'arrivent pas jusqu'aux bacilles tuberculeux répandus dans le poumon, savent se rendre utiles en détruisant les funestes résidus des fermentations inteslinales.
Aussi gardcrons-iioiis dans Je IniiLemonl journalier de la phtisie pulmonaire des antiseptiques tels que la créosote et le gaïacol ; ce sont d'excellents médicaments anti-purulents et anti-putrides. Mais, avant de les étudier nous devons exposer et discuter plusieurs autres médications avant la prétention, fort peu fondée, de détruire les bacilles tuberculeux.
La bactériothérapie. En I880, le professeur Cantani, de Naples, crut avoir guéri dos tuberculeux, en leur faisant inhaler quotidiennement de la gélatine liquéfiée, additionnée de bouillon de viande, contenant une très riche culture de bacterium termo. Salama, de Pise, et Primrose Wells essayaieni aussi cette méthode et prétendaient avoir vu l'état général, local et bacillaire de leurs tuberculeux s'améliorer sensiblement. Cependant, dès 186G, Sormani, BrugnatelH, Baumgarten, Gornil et Babès, Ballagi, Fihpovitch n'obtenaient aucun bon effet; ils montraient que l'amélioration momentanée de la dyspnée ou de la toux, était due à l'inhalation de la vapeur d'eau, comme nous le verrons du reste pour un grand nombre d'inhalations proposées aux phtisiques.
Cette méthode était fondée sur deux idées fausses. Cantani croyait que le bacterium
DE LA PHTISIE PULMONAIRE lUo
termo est l'an tagonisle du bacille Lubcrculcux. C'est une erreur, car, en 1886, Flora cL Maiïucci, (le Pise, inoculèrent à des animaux la tuberculose humaine, puis tous les 3 jours 3'-''= de culture de bacterium termo ; et le développement local ou général de la tuberculose no lut en rien atténué. DeToma a vu que si l'on sème dans les mêmes tubes de culture le bacterium termo et le bacille de Kocb, ces deux organismes poussent ensemble. Cantani croyait aussi que le bacterium termo, organisme putréfiant, putréfierait les tissus tuberculeux et leur ferait perdre leur virulence. Or les tissus tuberculeux restent souvent tuberculisants malgré la putréfaction; et du reste Cantani n'a rien putréfié avec son bacterium termo, car s'il avait putréfié les tissus tuberculeux, il aurait empoisonné ses malades.
L'air chaud. Il était assez bizarre de chercher à tuer par la chaleur le bacille tuberculeux, contenu dans nos organes. Ce bacille n'est tué qu'à 70°; or, à cette température, les 'tissus du malade eussent été rôtis. Cependant le traitement de la phtisie par l'air chaud a joui d'une assez longue vogue. En 1888, Halter ayant cru voir que les ouvriers des fours à chaux de Lengerichreii étaient préservés de la phtisie, il attribua cette immunité à la
ilJu TRAITEMENT
chaleur do l'air qu'ils respiraient et il traita des tuberculeux avec un appareil qui chauffait do l'air. En 1889, de Renzi imagina aussi un appareil inhalateur qui dégageait de l'air chauffe à 100 degrés; huit phtisiques furent soumis à ces inhalations, et quoique leur fièvre augmentât, ils furent améliorés, engraissés, et les bacilles diminuèrent dans leurs craciiats ! Puis l'Amérique nous envoya l'appareil de Weiggert, qui fut essayé avec un insuccès absolu par Dujardin-Beaumetz en France.
Mosso, Gervello en Italie, Trudeau en Amérique. Gilbert en Suisse, Taylor et Sehrwald en Angleterre, Les crachats conservèrent leurs bacilles et leur virulence. Plusieurs malades furent considérablement aggravés par ce traitement très fatigant.
Jl fut du reste facile de démontrer que, dans la gorge, l'air chauffé à 180» n'avait plus qu'une températurede 40^ et Taylor vit que, dans l'intérieur de deux cavernes drainées, l'inhalation d'air à 200° n'avait élevé la température que d'un demi-degré dans une caverne et ne l'avait pas modifiée dans l'autre. Cela est fort heureux, car l'air à 70° aurait brûlé les poumons, s'il avait pu parvenir jusqu'aux alvéoles avec celle température. Magnant, de Gondrecourt, a voulu tout récemment recommander de nouveau
celte méthode ; mais Constantin Paul, dansmi rapport lu à l'Académie de médecine, a facilement prouvé que l'appareil de Magnant était aussi inutile que les autres, et que les atmosphères surchauffées sont néfastes pour les phtisiques, parce qu'elles fatiguent l'organisme; du reste, Rovighi a prouvé que le sang des animaux infectés et soumis à une haute température était plus toxique que le sang des animaux infectés et soumis à la température ordinaire. Les inhalations d'air chaud doivent être défendues aux phtisiques.
L'air des élables. Parmi les atmosphères artificielles, une de celles qui a été le plus chaudement recommandée aux phtisiques, c'est l'air des étables. Read en 1767, Bergius en 1782 avaient préconisé ce mode de traitement. En 1876,Lebert rapporta plusieurs cas de phtisie pulmonaire constatés par lui, et très manifestement améliorés par le séjour prolongé dans les étables. En 1881, Constantin Paul rappelait h la Société de thérapeutique qu'il avait depuis longtemps recommandé le séjour dans les étables à vaches aux phtisiques fiévreux et atteints d'éréthisme nerveux. « La température constante, disait-il, l'atmosphère chargée de vapeurs ammoniacales a déterminé dans plusieurs cas une atténuation notable des symptômes morbides.
'"'^ TRAITKMENT
Il lie faut cependant pas que la température soit trop élevée, ni la proportion d'ammoniacpio trop considérable. Ainsi faudra-t-il choisir une étable ne renfermant pas plus de 6 à 7 vaches, bien aménagée et entretenue avec soin, les malades devront y séjourner de 6 heures du soir à H heures du matin et seront en même temps soumis à l'alimentation lactée. » Sous l'influence d'un semblable traitement, Constantin Paul a vu un de ses malades augmenter en fort peu de temps de 17 kilogrammes, tandis que son état général s'améliorait très sensiblement.
Jaccoud, sans préconiser le séjour permanent dans une étable, conseille aux phtisiques d'aller plusieurs fois par jour prendre du l;iit dans une étable, etd y séjourner chaque fois pendant un certain temps. Il ajoute : a Comment agit cette atmosphère spéciale? En vérité je ne saurais le dire, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'elle calme l'irritation laryngo-bronchique, qu'elle diminue la toux, et qu'au bout de quelques jours, celte sédation persiste dans Tintervalle des séances d'inhalation. »
Nous citons textuellement ces opinons autorisées parce qu'elles démontrent qu'il ne faut plus considérer l'air des étables, comme un agent suffisant pour obtenir à lui seul la
giiérison de la tuberculose. L'amélioration constatée est due à la cure de lait, au séjour à la campagne, au repos. Nous admettons aussi (ju'une atmosphère douce et humide, respircc pendant un certain temps comme on le fait pendant des séances de fumigations ou d'inhalations, puisse avoir une action sédative, momentanément bienfaisante. Mais en principe il faut répéter avec Noël Gucneau de Mussy : « J'admettrai difficf - Icment qu'un air pur ne soit pas préférable aux exhalaisons des animaux et aux émanations du fumier. »
Nous rappellerons qu'Harrisson a vanté l'air chargé de vapeur d'eau croupie!
Air comprimé et air raréfié. On a tour à tour traité les phtisiques par l'air comprimé, par l'air raréfié, puis par l'inspiration dans l'air comprimé et l'expiration dans l'air raréfié ; et les partisans de ces trois méthodes si diiïérentes, donnent également le récit de guérisons de phtisiques. Plus nous avancerons dans l'étude des traitements de la phtisie pulmonaire, plus nous nous demanderons comment il peut exister un phtisique non guéri, puisque tous les airs, toutes les eaux, tous les lieux, sans compter tous les médicaments, guérissent cette maladie. Il faudra toujours écarter les exagérations des inven-
Leurs cL voir si, dans ccrluins cas, quelques phtisiques ne peuvent pas tirer un avantage do certaines pratiques thérapeutiques.
C'est Taharié, de Monlpelher, qui essaya le premier en 1832 les bains d'air comprimé. En 1850, Pravaz l'imita à Lyon. Plus récemment Jourdanet à Paris, Bertin à Monipellier, donnèrent des bains d'air raréfié. En 1870, en Allemagne, Waklenburg; en Autriche, Schnilzler, inventèrent des appareils portatifs avec lesquels on inspirait dans l'air comprimé et on expirait dans l'air raréfié. Ces appareils ont eu, dans tous les pays allemands, une vogue immense, de 1876 à 1880. Et on en trouve encore chez tous les médecins qui exercent dans les stations fréquentées par les plitisiques, mais j'en connais plusieurs qui n'ont pas servi depuis quelques années. Jaccoud qui a étudié l'action des appareils portatifs, on à double action, recommande do ne pas en prescrire l'usage anx craclicurs de sang. On débutera par une seule séance quotidienne de 10 minutes; puis la durée delà séance atteindra 20 miimtes; on diminuera le nombre et la durée des séances si, dans leur intervalle, le malade éprouve quelque sensation de fatigue respiratoire ou de distension intra-thoracique.
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Aujourd'luii on no se sort plus que des appareils iîxcs, dos chambres-cloches à air comprimé. Le malade y rosLo pendant deux heures ; pendant la première demi-heure on comprime l'air, généralement à 2/5« d'atmosphère : pendant une heure le malade respire l'air comprimé, et pendant la dernière demiheure on décomprime l'air.
Lesauteurssincères ne prétendent plus guérir la taberculose par un tel procédé; mais ils pensent avec raison qu'il peut être utile à certains phtisiques non fébriles, ayant des lésions limitées, mémo anciennes, lors- ([u'ellcs sont accompagnées de dyspnée, que cette dyspnée soit causée par des adhérences pleurales ou par l'asthme nerveux qui complique assez souvent la tuberculose à forme scléreuse. J'ai vu de tels malades être très soulagés par cette cure; leur capacité respiratoire est augmentée, de 3,000'^'= à 3,500'-S l'inspiration est plus facile, plus profonde, l'expiration plus lente. En outre l'appétit est stimulé et le malade engraisse quand le traitement est indiqué. Ce dernier résultat peut paraître étrange et cependant il est tout naturel. Le malade n'étouffant plus, sa nutrition se fait mieux; les combustions organiques sont régulières et plus profondes, puisque son sang absorbe plus d'oxygène, ainsi
que l'a domontro Paul Bcrl. Et, fait, on apparence conlratlicloiro, le même résultat est obtenu par la respiration d'air raréfié, parce qu'alors le malade est obligé de respirer plus souvent et plus profondément, comme il le fait aussi sur les montagnes ou pendant une petite ascension. C'est une gymnastique respiratoire. On a prétendu aussi que les bains d'air comprimé développent un emphysème pulmonaire qui entoure les masses tuberculeuses d'une zone protectrice, etempèchel'envabissementdes tissus voisins; je crois que cette explication est purement théorique. Je pense que les bons effets de l'air comprimé et de l'air raréfié, lorsqu'ils sont obtenus, s'expliquent facilement par une suractivité do la ventilation pulmonaire, qui envoie plus d'oxygène aux capillaires du poumon et chasse du fond des alvéoles l'acide carbonique, qu'une respiration défectueuse y accumule.
Cette méthode n'est doncpas curatrice ; elle peut être un adjuvant utile chez un nombre très limité de phtisiques qui respirent mal, parce qu'ils ont une poitrine étroite, ou des adhérences pleurales, ou del'asthme nerveux. Elle sera surtout utile aux malades atteints de phtisie fibreuse.