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slorilisocs flo tuberculose humaine semblent avoir été plus favorables. Ces auteurs prétendent qu'après rinjection de ce liquide, les animaux et môme les hommes tuberculeux, ayant des lésions circonscrites, sont améliorés. Ces injections détermineraient une réaction locale, sans réaction fébrile, quand on est en présence d'une phtisie débutante.
5« En 1889, Héricourt et Charles Richet ont pensé que le sang des animaux réfractaires à la tuberculose, pouvait vacciner contre cette maladie , et en 1890 Picq et Berlin ont adopté cette idée. 11 est certain que le sang ou le sérum des animaux naturellement réfractaires, ou rendus artiliciellement réfractaires à une maladie, est quelque- *fois un véritable vaccin ; ce fait est vrai pour le charbon, le tétanos, la diphtérie, la pneumonie, au moins chez les animaux, car les essais ont été à peine ébauchés sur l'homme. Malheureusement Héricourt et Charles Richet ont choisi le sang du chien, qui n'est pas du tout réfractaire à la tuberculose humaine, comme l'ont montré Koch, Sli'aus, Gamaleïa, et Cliantcnicsse. Picq et Bertin ont choisi le sang delà chèvre qui n'est pas non plus réfractaire â la tuberculose humaine, comme l'ont prouvé Nocard, Colin d'Alfort et ïhomasen. Le point de dépaii des expériences était
inexact, et cependant les auteurs qui les ont tentées prétendent avoir amélioré un grand nombre de phtisiques par des injections souscutanées de sérum de chien ou de sang de chèvre. Picq etBcrtin disent qu'ils ont obtenu des guérisons de phtisiques après quelques injections sous-cutanées d'une dizaine de grammes de sang de chèvre. Comment peut-on parler de guérison de la phtisie après des essais de quelques mois? J'ai vu des malades traités par cette méthode et qui ont encore des lésions tuberculeuses en voie d'évolution. Le professeur Lépine a fait chez l'homme tuberculeux des injections sous-cutanées ou intra-veineuses très lentes de sérum de sang de chèvre ; il n'a pas observé d'effet curateur.
Ch. Richet et Uéricourt ne prétendent pas avoir obtenu la guérison de la tuberculose par les injections sous-cutanées de sérum de chien, mais ils disent avoir déterminé une amélioration considérable chez les phtisiques peu avancés. L'ctTet le plus frappant aurait été l'amélioration de la nutrition, l'engraissement et le retour des forces. Ce genre d'amélioration est revendiqué par tous les remèdes que l'on a proposés contre la tuberculose; mais pas plus avec eux, qu'avec le sérum de chien, les lésions ne se cicatrisent, les bacilles ne disparaissent dans les crachats. Le sérum
do chien contienL pcuL-ôlre une substance excitante du système nerveux, qui améliore la nutrition à la manière de l'extrait lesliculaire recommandé par Brown Séquard. Mais le même effet peut être obtenu avec une petite tasse de jus de viande.
Il ne faut pas oublier que la fièvre des phtisiques peut être considérablement augmentée par les injections de sérum de chien : Ch. Richet et Héricourt l'ont reconnu. Je l'ai constaté chez un malade auquel j'ai inocule du sérum de chien que Ch. Richet avait eu l'extrême obligeance de m'envoyer. A la suite d'une injection de 3 centimètres cubes de ce liquide, la température monta une première fois de 38° à 39'',3, et une seconde fois de 38° à 40°, 4 avec violents frissons pendant toute la nuit.
Le professeur Pinard a employé le sérum de chien chez les enfants nés de mères tuberculeuses, et il regarde ces injections comme un agent tonique précieux. De tous ces faits nous pouvons conclure que les injections de sérum de chien ne doivent jamais être pratiquées chez les phtisiques fébriles, et qu'elles peuvent avoir une action tonique chez les malades quin'ontaucunetcndance àlafièvre.
Héricourtet Charles Richet, après quelques expériences sur les lapins, ont dit que i'injec-
tion du sérum d'un chien tuberculisô est plus efficace que l'injection du sérum d'un chien normal, et qu'il faudrait tenter sur l'homme l'action de ce sérum d'animal tuberculisé. Mes expériences personnelles encore inédites, et pratiquées au laboratoire du professeur Straus, ne m'engagent pas à faire cet essai. Tous mes lapins reçurent, dans les veines ou sous la peau, du sérum de chien ou de lapin tuberculisés par des cultures de tuberculose humaine, puis ils reçurent sous la peau la même tuberculose. Voici quelques observations :
Un lapin témoin fut sacrifié le 28^ jour après l'inoculation de la tuberculose humaine; il avait des lésions discrètes;
Un lapin ayant reçu dans la veine de l'oreille 5 centimètres cubes de sérum de chien tuberculeux, mourut 13 jours après l'injection du sérum et 9 jours après l'injection de la tuberculose;
Un lapin ayant reçu dans la veine de l'oreille 5 centimètres cubes de sérum de chien tuberculeux stérilisé sur la bougie Chamberland, mourut 14 jours après l'injection du sérum et 11 jours après l'inoculation de la tuberculose ;
Un lapin ayant reçu dans la veine de l'oreille S centimètres cubes de sang de lapin tuberculeux, mourut? jours après l'injection
du sérum et 3 jours après l'inoculalion de la tuberculose ;
Un lapin ayant reçu S centimètres cubes de sérunuic chientubcrculeux sous lapeau mourut 20 jours après l'injection de sérum et 17 jours après l'inoculation de la tuberculose.
Ces laits et plusieurs autres semblables montrent que les injections préventives de sérum, même stérilisé, de chien ou de lapin tuberculisés, ne rendent pas ces animaux réfractaires à la tuberculose humaine, et hâtent au contraire chez eux l'évolution de cette maladie. En outre, tous les lapins traités par ces sérums meurent en perdant un poids beaucoup plus considérable que les tuberculeux ordinaires. Du reste des expériences ultérieures nous ont montré que le sérum des animaux tuberculeux est un toxique violent pour les animaux sains et fait périr généralement la moitié de ces derniers, lorsqu'on l'injecte dans les veines.
Il importait d'inoculer à l'homme le sang d'un animal réfractaire à la tuberculose humaine. Or, les poules et les pigeons sont réfractaires à cette tuberculose. Hippolyte Martin a injecté, dans le péritoine d'une dizaine de cobayes, du sang de poules ou de pigeons qui avaient reçu sans résultat de la tuberculose humaine. Ces cobayes furent
ensuite inoculés avec la tuberculose humaine; mais ce traitement préalable ne leur avait pas procuré l'immunité, car tous moururent. Tout récemment Gramatschikoff a atténué, sans la détruire, la virulence des bacilles tuberculeux humains, en les faisant séjourner pendant un temps variable dans la cavité péritonéale de poules.
Tous ces essais de vaccinations sont donc pas ou peu encourai^^eants. Cependant il me semble qu'on arrivera à guérir la tuberculose, en cherchant un produit créé par un être vivant et capable de rendre l'homme réfractaire à cette maladie, plus sûrement qu'en poursuivant la découverte du spécihque médicamenteux idéal, du parfait destructeur de bacilles. Je sais bien que la phtisie est une maladie capable de récidiver, et que sa première atteinte ne met pas à l'abri d'une rechute; mais je sais aussi que l'immunité a pu être obtenue, au moins chez les animaux, contre l'infection de la pneumonie, qui est aussi une maladie récidivante, et je répéterai avec Grancher : « Mieux que toute autre voie, la pathologie expérimentale semble capable de nous conduire au port. Et bien que rien ne nous fasse espérer la réalisation prochaine de mes espérances, il faut espérer et travailler. »