CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
L'utérus occupe chez la femme une position paradoxale que l’on ne retrouve pas chez les animaux quadrupèdes. On doit se le représenter comme une pvramide posée sur la pointe (Pozzi), ou avec M. Le Dentu (1) « éomme un mouvement de sonnette fixé par son milieu et dont les deux branches sont attirées en sens inverse par un fil supérieur et un fil inférieur.» Quels que soient pour lutérus les ligaments qui entrent en action, le résultat de leur contraction est toujours le même : c’est le maintien ou linclinaison de l'organe en antéversion et pourvu d'une certaine mobilité, oscillant suivant le degré de réplétion de la vessie, S'il v a relâchement des ligaments ronds au heu de leur contraction, l'utérus tombera en arrière. IFen sera de même si le relâchement porte sur les ligaments uléro-sacrés ou les ligaments larges. La rétroversion peut être congénitale. Martin en rapporte huit exemples. Schultze signale chez des vierges nullipares la rétrover-
sion à type infantile par arrêt de développement avec
raccourcissement congénilal de la paroi antérieure du
(1) Presse médicale, 1906,
soi
vagin où longueur exagérée du col sur le vagin. Comme on le verra à la lecture de nos observations inédites, 11. semble bien, contrairement à ce qui a été dit ou éerit, que la congénitalité joue un grand rôle : la plupart de nos malades ont été réglées très tard et ont des artères petites. Deux femmes à utérus rétroversé que nous avons observées à la Maternité dans le service de M. le professeur Vallois avaient de même été réglées tard. Il aurait done de la dégénérescence: l'organe développé lard avant des attaches mal nourries tomberait.
La rétrodéviation peut être aiguë, elle est alors provoquée par le traumatisme. La rétrodéviation chronique à souvent des causes pathologiques: linflammation du tissu musculaire consécutive à la métrite (Delbet) diminue la vilalté des fibres ligamentaires. D’autres fois, à la suite de la grossesse, des utérus restent trop lourds, ils ne subissent pas l'involution normale, ils ont une tendance à Lomber dans le Douglas (Fhomas). L'accouchement, en Uraillant les parois du vagin, les laisse souvent flasques el produit même Peffondrement du plancher pelvien.
Entin l'utérus peut être augmenté en poids par un fibrome ou être relâché sous l'influence de l'arthrite chronique (Richelot). |
Nous ne nous occuperons pas de l’éliologie des rétrodéviations adhérentes (inflammation des annexes). Les rétrodéviations mobiles sont donc liées à la métrite et plus souvent au prolapsus: elles nous présentent des ovaires souvent douloureux mais peu altérés.
Nous verrons que le succès de lopération d'Alquié- Alexander est lié précisément à ce bon état des annexes. Schullze, Trélat, Poullet (de Lyon), ont done dû leurs
insuceès opératoires à ce qu'ils ont voulu demander à
l'Alquié-Alexander autre chose que ce qu'il peut donner à savoir le redressement de l'utérus mobile.
Schultze préconise aussi le redressement bimanuel de Putérus, non seulement dans le cas où l'organe est libre et mobile, mais c'est encore pour lui une méthode de traitement des «adhérences périmétritiques », à condition. ajoutaitil, qu'elles soient anciennes et qu'il n'existe pas de phénomènes inflammatoires. Schultze n'a done pas vu le rôle prépondérant joué par l'annexite dans la rétrodéviation adhérente. Néanmoins son intervention, si elle n'est pas suivie de succès, reste bénigne parce qu'il ne s'adresse pas à des accidents inflammatoires.”
En ISSS, dans la Semaine médicale, Trélat expliquait sa méthode et indiquait lemploi d'un instrument métallique très solide, dit redresseur utérin, destiné à être introduit dans la cavité ultérine. M. Poullet {de Lyon) inventa un hystéromètre puissant destiné à vaincre les rétrodéviations utérines, et son élève M. Roullaud fit du Trailement des rélrodévialions el rélroflexions ulérines adhérentes el leurs complicalions l'objet de sa thèse. Ces instruments doivent être absolument abandonnés comme dangereux et inefficaces. Du reste Trélat reconnut que l'Alquié-Alexander ne donnait rien quand il fallait rompre les adhérences de l'utérus. L'opération d’'Alquié, que nous étudierons soigneusement plus loin, ne peut done servir qu'à la correction de la rétrodéviation mobile ou
de faible adhérence avec annexes saines.