‹ Traitement De La Rétroversion De L'Utérus Mobile Non GravideChapitre 7 sur 30 · INDICATIONS: DU TRAITEMENT DES RÉTROVERSIONS MOBILES · texte numérisé non relu

INDICATIONS: DU TRAITEMENT DES RÉTROVERSIONS MOBILES

La déviation n’est pas une maladie : « Elle crée pour l'organe déplacé, dit M. le professeur Pozzi, une vulnérabilité particulière, résultant de troubles cireulatoires, par augmentation de la tension veineuse et par les altérations nutritives qui peuvent en être la conséquence; elle favorise et entretient l’inflammation dans la cavité et à Ja surface de Putérus. »

La dévialion pourra done exister sans symptôme maladif. Velpeau s’est donc trompé en la croyant maladie essentielle.

La rétrodéviation peut être libre ou adhérente. La rétrodéviation libre peut être mobile ou mobilisée. La rétroversion libre est en position indifférente. La rétroversion mobilisée succède loujours à l'état de grossesse, réduite manuellement, elle peut se reproduire, occasionnant des phénomènes nerveux réflexes : neurasthénie, fatigue extrème pendant la marche, signes d'entéroptose, douleurs lombo-abdominales, troubles gastriques divers.

Pour M. Pozzi (1), l'indication thérapeutique est de

(1) Æevue de Gynécologie, 1897.

traiter cette mobilité ulérine, la rétrodéviation est un facteur secondaire. L'état pathologique provient de cette mobilité: cela est si vrai, dit-il, que, sivous «ramenez en avant par la réduction bimanuelle un utérus rétroversé mobile et faites marcher le malade, il pourra se faire que l'organe reste pendant assez longtemps réduit, avant de reprendre sa position vicieuse, et cependant la femme n'aura senti aucune amélioration ; au contraire, ne réduisez pas la déviation, mais soutenez l'utérus et immobihisez-le Jusqu'à un certain point, soit en plaçant un pessaire, soit en remplissant le vagin (columnisation|, vous obtiendrez presque loujours un certain soulagement, quoique l'utérus soit toujours déplacé en arrière, »

L'indication, pour faire disparaitre les troubles, sera de fixer l'utérus en position normale.

Cette fixation, avant la ménopause, devra être faite de

facon à ne pas gêner les grossesses ultérieures. Durhessen, avec son procédé (vagino-fixation), accuse six avortements sur vingt-quatre grossesses. Strassmann, Velde, Graefe, Rubhl, Wertheim ont observé des accidents au cours de l'accouchement.

Dans la ventro-fixation mal faite, il v a, de même, des cas de dystocie. Loin de mépriser les pessaires, nous pensons, avec MM. Pozzi, Le Dentu, Doléris, Tédenat et Vallois, qu'ils rendent de grands services, ainsi que Îles ceintures hypogastriques. Nous trouvons exagérées les critiques de Pajot, Depaul, Leake, Dieffenbach, Hamilton, Mathews Duncan, dont nous avons retrouvé l'écho dans les thèses de Mazade, de Manrique et de Ferry.

Lorsque l'opération chirurgicale est indiquée, nous nous rangeons sans hésiter du côté de la laparotomie contre l'hystérotomie vaginale. En effet, à côté de la mobilité excessive, il y a comme deuxième facteur important de

la rétroversion, l’annexite. Si les annexes sont malades, on pourra souvent, au lieu de les enlever, leur appliquer un traitement conservateur. Le procédé opératoire que Nous pr'éconiSOns avec M. le professeur Tédenat a Je wrand mérile de conserver les ovaires, si e'est possible. « Pourquoi, dit M. Pozzi, traiterait-on les ovaires, parce qu'ils sont cachés, avec moins de déférence que les testicules apparents? »

Nous considérons comme rétrodéviations fixes les rélrodévialions avant résisté aux deux tentalives suivantes :

1° La réduction sans violence aux pressions bimanuelles combinées, la femme étant en position génu-peclorale et le canal vaginal étant maintenu largement béant :

2% À une manœuvre bimanuelle analogue, la malade élant anesthésiée et placée dans la position de Sims.

Du traitement des rétroversions fixes, nous ne nous en occuperons pas.

Avant d'aborder le {traitement chirurgical que nous préconisons, fixons la règle de conduite que nous suivrons dans les différents cas :

Que faire si dans le cours d'une exploration nous découvrions une rélroversion ignorée? Si elle est ignorée la malade n'en souffre pas, nous ne ferons donc rien.

Si à côté de cela des rétrodévialions présentent des Lroubles imputables au vice de position, mais si légers que les malades préfèrent ces troubles À Fennui d'une Liérapeutique astrgignante, à plus forte raison aux risques d'une opéralion, nous nous abstiendrons encore.

S'ily a en même temps que la rétroversion prolapsus utérin, nous nous souviendrons que dans ce cas la rétroversion est un phénomène secondaire, nous aCCOMpPaAgnerons la réduction utérine de la réfection du périnée.

SIT à métrité coneomilante ; nous soignerons la

May de Le métrite, et alors, si tous les phénomènes du « syndrome utérin» disparaissent, nous nous en tiendrons là, sinon nous fixerons lPutérus.

L'amputation du col, dans le cas de métrite avec gros corps utérin, aidée du traitement approprié, permettra dans cerlains cas d'obtenir la décongestion de l'organe utérin qui, devenant plus léger, pourra être maintenu par le tissu cicatriciel.

Le fibrome ou l’annexite réclament-ils la laparotomie? Nous profiterons de louverture pour fixer l'utérus. Si chez une malade atteinte de rétroversion une appendicite se déclare, nous ferons la laparotomie médiane. Par l'ouverture nous enlèverons l’appendice, puis nous fixerons l’utérus. Il pourra nous arriver d’être placés en présence de cas que M. Richelot rattache à la diathèse arthritique, que d’autres rattachent à l'infection, ce sont des cas de rétrodévialions simples, c'est-à-dire sans annexite ni métrite : Nous voulons parler de ces femmes nerveuses qui ont un utérus gros,lourd, toujours congestionné,souvent sclérosé, en position vicieuse depuis longtemps. Le museau de tanche laisse écouler un liquide clair et filant sans qu'il y ait de métrile véritable. [n’y a nas salpingite, mais souvent les ovaires sont scléro-kysuques. Des phénomènes généraux viennent souvent s'y ajouter: nervosisme, ptose intestinale, gastrique, rénale. Ces malades ont des troubles pelviens se rattachant à la rétroversion: dysménorrhées, ménorrhagies, sensations de pesanteur dans le bas-ventre, névralgies irradiant aux cuisses, aux lombes, constipation. Devons-nous toutes les opérer ? Non. Souvent ces rétroversions sont rendues tolérables par un traitement décongestionnant Putérus et le petit bassin : repos, injections chaudes, tamponnements vaginaux, laxatifs, auxquels on adjoindra lhydrothérapie:

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Dans le cas où la congestion utérine est le phénomène dominant, le résultat sera satisfaisant. Si cela ne suffit pas, on redressera l'utérus et on tâchera de le maintenir en bonne posilion. On essaiera, avant de recourir à l'inlervention sanglante, l'usage des pessaires, de la columnisation-massage, de l'électricité et de la gymnastique

génu-pectorale.

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