Voy. Morel-Lavallée, mémoire cité, p
pengenitale, main, poignet), et revêt la forme soit d un ei^lhème ortie, soit d'un eczéma, soit d'un rash mor])dl.forme ou scarlatinoïde, soit d'une urticaire tubéreuse ou œdémateuse, etc.
II. — Plus souvent, dans ce qu'on peut appeler e type moyen (lequel est aussi le type commun), 1 éruption, après avoir débuté par quelques placards cu^conscnts d'érythème ou d'eczéma granité, se dissemnie et s'étale sur la plus grande partie du corps, en affectant, suivant les régions, des formes diverses, à savoir : aux membres et au thorax, celle d'un érythème rose ou rouge, quelquefois doublé d'une certaine infiltration sub-œdémateuse; ou bien celle de nappes rouges, cramoisies, tout à fait sem- Jjlables à l'exanthème scarlatineux {scarlatine mercurieUe) ; ou bien encore celle de l'urticaire, de la roséole, de la rougeole; — à la face, celle d'un erythème, voire d'un érysipèle qui tuméfie les paupières et peut aller jusqu'à l'occlusion des yeux; — au cuir chevelu, celle d'une séborrhée sèche' quelquefois générale, profuse, surabondante; — à la paume des mains et à la plante des pieds, celle d'un érythème craquelé, avec bouffissure des téguments et parfois légers soulèvements phlyclénoïdes, etc. — De là un aspect polymorphe des plus bizarres qui, pour un œil habitué, devient aussitôt suspect et trahit presque d'emblée l'origine mercurielle de l'exanthème.
Puis, après quelques jours, et souvent d'une façon très rapide, s'établit une desquamation
HYDRARGYRIlî,
al)onclante sur divers points. Cette desquamation est de caractère variable suivant les régions : pulvérulente et farineuse au cuir chevelu et à la face notamment; — lamelleuse, écailleuse, foliacée, sur le tronc; — constituant ailleurs de grands lambeaux parcheminés, comme aux doigts ou à la plante des pieds, d'où se détachent parfois des « doigts de gant » ou de véritables « semelles cornées ». — Quelques ongles dystrophiés peuvent même être entraînés par la desquamation.
Si bien qu'à cette période et dans les cas de desquamation profuse, l'affection revêt exactement l'aspect de la dermatite exfoliatîdce. J'imagine même que certains cas d'hydrargyrie desquamante ont dû prendre indûment place dans le cadre de cette dernière affection.
m. — Enfin, dans le type extrême, beaucoup plus rare, l'éruption est générale, universalisée. Les téguments sont cramoisis, boursouflés, tendus. Certaines régions deviennent le siège d'une desquamation profuse qui jonche le lit de débris écailleux, tandis que d'autres sont converties en de vastes placards érosifs, en de véritables vésicatoires^ dont l'aspect et l'odeur rappellent tout à fait ce qu'on observe chez les « grands brûlés » .
Pour les formes légères ou moyennes, la scène morbide est très simple. Elle n'est constituée que par ceci : l'éruption ; — quelques symptômes annexes de l'éruption, consistant en chaleur locale.
ardeur, brûlure et démangeaisons parfois assez vives; — et un ensemble fébrile initial, qui ne tarde pas à s'apaiser au delà des premiers jours.
Mais, dans les formes graves, cette scène peut se transformer du tout au tout par l'addition de divers symptômes plus ou moins sérieux, voire alarmants, tels que les suivants : état fébrile continu, avec redoublements; — anorexie, sécheresse de la bouche, vomissements, diarrhée; — accablement des forces, prostration; — céphalalgie, insomnie; — délire; — dyspnée; — symptômes divers de congestions viscérales, comme dans les fièvres; — bref, aspect typhique ou, plus exactement encore, physionomie terminale des grandes brûlures. — La mort a pu survenir au cours de phénomènes aussi graves. Je n'en ai pas encore observé d'exemples pour ma part; mais l'une de nos malades a été pendant plusieurs jours dans un état tout à fait alarmant et aussi voisin que possible d'une terminaison fatale.
Laissons de côté ces dernières éventualités d'ordre absolument exceptionnel. Toujours est-il que, même dans ses formes moyennes, l'iiydrargyrie constitue une maladie réelle, importante, douloureuse, énervante en raison de son prurit, et, de plus, une maladie de longue haleine, dont la durée ne s'abaisse guère au-dessous d'un mois et peut s'élever jusqu'à 4o, 5o jours, voire trois mois. C'est donc là une conséquence des plus fâcheuses du traitement mercuriel.
HYDRAnGYniE.
Encore n'esl-ce pas là le pire dommage qu'elle comporte. Ce pire dommage, c'est le renoncement forcé au mercure. Et alors, que faire, surtout si l'on est en face d'une syphilis à accidents plus ou moins graves? Convient-il à' essayer (essayer est bien le mot de circonstance) d'une préparation mercurielle autre que celle d'où a dérivé l'éruption, dans l'espérance qu'elle sera mieux tolérée? Est-il préférable de modifier le mode d'administration, par exemple de substituer les injections aux frictions ou les frictions aux pilules, etc. ? Ne vaut-il pas mieux encore abandonner résolument le mercure sous n'importe quelle forme, et ne plus mettre en œuvre que l'iodure? Enfin, la répudiation du mercure doit-elle être seulement temporaire ou définitive? Ce sont là toutes questions sur lesquelles l'expérience nous manque et qui restent à l'étude.
Est-il besoin de dire qu'en pareille occurrence la situation du médecin devient fort embarrassante? De cela vous venez d'avoir ici même un exemple des plus instructifs, que je vous rappellerai en quelques mots.
Une jeune femme syphilitique était traitée depuis quelques semaines par le protoiodure, qu'elle supportait fort bien, lorsqu'à l'occasion de deux frictions mercurielles, qu'elle se fit de sa propre inspiration contre une pédiculose pubienne, elle fut prise d'une liydrargyrie intense*. A peine guérie de
I. Un fait identique a été observé dans le service de M. le P' Dieulafoy. Un malade, qui avait toléré sans le moindre accident FouKNiEii. — Traitemenl de la SypIiiUs. lo
cette dernière manifestation, elle s'est représentée à nous, ces derniers jours, avec une syphilide papulotuberculeuse, criblant les épaules et le dos d'éléments éruptifs en couronne. Nous nous sommes crus autorisés à reprendre le traitement i)ar les pilules qui, primitivement (notez bien ceci), avait été bien toléré. Or, dès la troisième pilule s'est fait un retour menaçant de l'hydrargyrie. Nous avons donc prescrit l'iodure; mais l'iodure sera-t-il suffisant? Et, s'il l'est dans le présent, le sera-t-il dans l'avenir, le sera-t-il pour l'extinction, la guérison de la maladie? Voilà, vous en conviendrez, une situation critique, où le médecin a lieu d'être perplexe.
Mais, fort heureusement, je le répète, les cas de cet ordre se comptent en pratique, et, au total, l'hydrargyrie ne constitue qu'un accident des plus rares du traitement mercuriel.
J'en ai fini, messieurs, avec la revue des accidents que comporte le mercure administré à doses thérapeutiques. Voilà tout ce qu'il peut produire en mal.
Eh bien, que trouvons-nous au total dans ce
le traitement mercuriel par pilules de protoiodure et bains de sublimé, fut afl'ecté, deux ans plus tard, d'une éruption hydrargyrique à la suite d'une seule friction mercurielle qu'il se pratiqua sur les régions génitales à propos d'une pédiculose pubienne. — (V. A. Dupré, De l'hydrai-gyrie. Thèses de Paris, 1884.)