I. Ouvrage cité, p. 3i
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de frictions faites sur la peau avec une pommade mercurielle; — et, coïncidemment, un bon régime, une hygiène confortable. Comme annexe, rien ; et, notamment, pas le moindre vestige des pratiques d'autrefois: ni séquestration, ni sudations, ni saignées, ni purgations, ni tisanes, ni lavements ; pas même de salivation !
C'est qu'en effet le bon sens clinique a fini, à travers les âges, par se révolter contre les inepties du temps jadis et par les exclure.
D'abord, les enseignements de la clinique ont fait justice de la salivation. On la croyait utile, voire indispensable autrefois, a Le mercure, disait Boerhaave, doit, pour guérir, exciter la salivation ; autrement il ne guérit pas \ )) Eh bien, il est acquis de nos jours que les malades guérissent sans saliver, et qu'on peut leur épargner cet odieux supphce du bavage qui avait fait dire si justement à Sydenham : « Remédia pejora morbo patimur , nous souffrons de remèdes qui sont pires que le mal ». Et, en -effet, on ne guérit pas parce qu'on salive; la preuve en est qu'on guérit sans saliver.
Signalée de vieille date par Chicoyneau" (dont le
I Ouvrage cité, p. agS et 3o5.
2. An ad curanclam luem vencream frlctiones mercuriales in hune ûnem adiubendœ sint ut salivx fluxus concltetur. Montpellier, 1718. Thèse d'Antoine de Pellissery, manifestement inspirée par Ciiicoyneau
Haguenot a rendu, sur ce point, pleinement justice à Chicoyneau : «... C'est à M. Chicoyneau, jjremier médecin du Roy que nous sommes rcdevahles de cette (nouvelle) manière de traiter qu'il rendit publique en 1718, dans une Thèse qui fut soutenue aux Ecoles de Médecme de cette ville (Montpellier), dans laquelle FouKNiEU. — Traitement de ta Syphilis. j3
nom est trop oublié parmi nous), rinutililc de la salivation dans le traitement de la syphilis est devenue, grâce au contrôle de deux siècles, une vérité qui n'a plus de contradicteurs aujourd'iiui. Or, cette vérité — ne vous y trompez pas — constitue plus qu'un progrès thérapeutique ; c'est un véritable bienfait pour les malades.
En second lieu, on est arrivé — lentement, il est vrai, — à reconnaître la parfaite inutilité des prétendus (( dépuratifs, digestifs, dissolvants, éradicatifs, etc. », qui formaient autrefois le cortège obligé des frictions, et l'on a enfin laissé dormir dans les vieux bocaux des pharmaciens toutes ces panacées, tous ces arcanes du moyen âge. — Les tisanes, les fameuses tisanes, tout au plus propres à charger l'estomac et à couper l'appétit, ont eu la vie plus dure ; elles ont résisté opiniâtrement, et, de nos jours même, elles exercent bien encore quelque effet mom/ sur certains malades; mais, médicalement, elles ont vécu.
De même on afini par s'apercevoir que le régime austère, la diète véritable à laquelle on soumettait les patients n'avait pour résultat que de les affaiblir, de les anémier, de leur enlever tout ressort, toute
il prouve par de solides raisons et par des observations très bien circonstanciées que le principal but qu'on doit se proposer dans la guérison de la vérole est à'éviier autant qu'il est possible la salivation, que ce genre d'évacuation est plus dangereux qu'utde, et qu'on doit chercher à éteindre le virus et non à l'évacuer, etc.... » [Mémoire cotitenant une nouvelle méthode de traiter la vérole, Montpellier, i7?4')
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résistance contre la maladie. Si bien qu'aujourd'hui, alors que l'on prescrit les frictions, on laisse les malades à leur régime habituel, s'il est bon, s'il est suffisant; et même, au cas contraire, on s'eiforce de leur fournir le régime le plus tonique possible; — ce dont ils se trouvent d'ailleurs à merveille, voire d'autant mieux que le traitement par lés frictions n'est pas sans exercer quelquefois une action débilitante sur l'organisme.
Enfin, on a constaté que la séquestration et le confinement dans une atmosphère surchauffée, avec sudations intermittentes, n'aboutissent qu'à constituer de déplorables conditions thérapeutiques, en affaiblissant les malades, en leur enlevant l'appétit, en alanguissant les fonctions nutritives.
Aussi bien, aujourd'hui, au lieu d'enfermer nos malades, les laissons-nous en liberté ; aussi bien ne leur imposons-nous plus ni sudations, ni séjour en étuves. Bien loin de là ! Nous leur intimons — et cela leur réussit fort bien — d'aller et de venir, de vaquer, comme si de rien n'était, à leurs occupations, de faire un exercice suffisant au grand air et au meilleur air possible. Nous ne prenons plus souci à leur propos, comme le faisait Astruc, de (( consulter les girouettes pour voir de quel côté viént le vent », et peu nous importe, quant à l'opportunité du traitement, que a ce soit la bise ou le vent du midi qui souffle pour l'instant ». Sans doute nous ne leur recommandons pas de braver les intempéries des saisons et de s'exposer au froid
non plus qu'à riiumidilc; mais nous ne leur prescrivons rien autre à ces divers points de vue que ce qu'impose à tout un chacun, même en dehors d'un traitement spécial, l'hygiène commune et hanale.
Force m'est cependant de reconnaître que toutes les pratiques, toutes les exigences, toutes les vétilles, dont se composait le vieux traitement par les frictions, ne sont pas complètement tombées en désuétude. Quelques-unes survivent encore, surtout à l'étranger.
C'est ainsi que bien des fois j'ai entendu des malades exotiques, spécialement des Allemands et des Russes, me raconter qu'ils avaient subi la cure par les frictions confinés dans leur chambre, avec interdiction d'en sortir. Je les ai vus me témoigner une certaine défiance, voire une appréhension réelle, alors que, leur conseillant le même traitement, je les invitais à faire des promenades en plein air, à aller passer quelques heures au bois, à la campagne, etc. — Et, pour le coup, ils étaient sidérés lorsqu'il m'arrivait (en vue de quelque autre indication) de leur prescrire simultanément des frictions et des douches froides. Pour eux, une telle association (frictions mercurielles et douches froides) confinait à l'extravagance. Et cependant, il n'est aucune incompatibilité entre les frictions et l'hydrothérapie. C'est même là une combinaison heureuse, très heureuse, pour certains cas. Ainsi, M. le professeur Charcot et moi, sans nous être entendus, sommes arrivés empiriquement à cette
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conviction, que rien ne vaut, pour combattre l'ëpilepsie syphilitique, l'association des douches froides au traitement spécifique par les frictions et l'iodure.
Et de même pour les sudations. A Aix-la-Chapelle, où tout Allemand, voire tout Russe de distinction se croit obligé, pour guérir de la syphilis, d'aller faire ce qu'on appelle a la cure )), les sudations sont encore en faveur. La friction s'y fait au cours de la journée et immédiatement après le bain ; on couche le malade après la friction et on le charge de couvertures, de façon à provoquer une sudation de quelques heures.
Et de même pour le régime. Je pourrais citer certaines maisons de santé étrangères où le régime restreint reste encore en honneur. Il est vrai que ce respect pour une vieille tradition peut ne pas être préjudiciable à tout le monde.
Chez nous, fort heureusement, c'en est fait de toutes ces pratiques annexes, et le traitement par les frictions est devenu d'une simplicité parfaite, — En quoi consiste-t-il au total? Quelques mots vont suffire à l'exposer.