EMPLÂTRE DE VIGO
emplâtre a survécu ; il est même encore d'un fréquent usage de nos jours. Seulement on l'a expurgé, et avec toute raison, d'une foule de substances inertes ou ridicules auxquelles on attachait autrefois le plus grand prix, telles, par exemple, que a la graisse de vipère, les grenouilles vivantes et les vers de terre lavés dans le vin » .
Mais, si elle a été usitée anciennement, c'est seulement de nos jours que la médication par les emplâtres mercuriels a été étudiée scientifiquement,
crdne humain ». Les vers de terre, de leur côté, étaient « diaphorétiques, anti-acides, résolutifs, etc. ». Les grenouilles ne jouissaient pas de propriétés moins remarquables^ c omme« tempéj antes, émollicntes, apéritives, dissohantes, humectantes, détersives pour les plaies, etc. ». C'était à elles qu'on attribuait principalement les eCFets salutaires de l'emplâtre de Vigo, lequel, pendant longtemps, porta le nom d'empldtre de rainettes ou à'' emplâtre de grenouilles.
On constatera sans regret que les pharmaciens de nos jours ne s'astreignent plus, pour la préparation de l'emplâtre de Vigo, à la vieille formule qui précède. En voici la composition actuelle, adoptée pour nos hôpitaux :
"if Emplâtre simple
Cire jaune /
Colophane . . \
Bdelliura ]
Gomme ammoniaque. . . \
Oliban ]
Myrrhe . . ]
Safran • • \
Styrax liquide
Térébenthine du mélèze.. .
Huile volatile de lavande . , Mercure purifie
Dans cette formule, l'emplâtre de Vigo contient 20 pour 100 de mercure {Formulaire pharmac. des hnp. de Paris).
2000 grammes.
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et cela par un médecin de cet liôpital, mon éminent collègue et ami le D'" Quinquaud*.
Le procédé de M. Quinquaud consiste sommairement en ceci : Appliquer sur la peau préalablement savonnée un décimètre carré (en-moyenne) d'un sparadrap adhésif au calomel, sparadrap soigneusement préparé et titré ^; — le laisser a demeure jusqu'à épuisement, c'est-à-dire une huitaine de jours environ; — puis, le remplacer par un autre, cet autre par un troisième, et ainsi de suite, jusqu'à production de l'eflet cherché.
D'une part, il est certain que ce procédé réalise l'absorption du mercure. Cet effet d'absorption est démontré : i" par l'apparition du mercure dans les urines ; — et 2° par la production (même assez fréquente dans les observations de M. Quinquaud) de symptômes d'irritation buccale, pouvant s'élever jusqu'à la stomatite.
D'autre part, il n'est pas moins avéré que ce mode de traitement est susceptible d'effets lliérapeiitiques. On l'a vu, d'après l'auteur, faire justice en huit à quinze jours de syphilides secondaires de diverses formes (roséole, syphilide papulotuberculeuse, syphihde corymbifère, etc.).
1. Traitement de la s yphilis par le sparadrap au calomel. Annales de dermat. et de syph. 1890, p. 4*3.