‹ Traitement de la syphilisChapitre 44 sur 92 · Voici la formule de ce sparadrap · texte numérisé non relu

Voici la formule de ce sparadrap

2i Emplâtre diachylon des hôpitaux. 3ooo grammes.

Calomel à la vapeur 1000

Huile de ricin 3oo

liALNKATION MEItCURIELLE.

Mais celle pratique, qui peut suffire à la guérison de manifestations superficielles et relativement légères, serait-elle applicable au traitement d'accidents plus sérieux? C'est là ce que l'expérience n'a pas démontré et ce qui n'est guère vraisemblable a priori^ de l'aveu même de M. Quinquaud.

A plus forte raison, cette pratique n'a-t-elle pas l'ampleur d'un traitement de fond, d'une méthode curative de la syphilis.

II. — Baliiéation mercurielle. — Presque délaissée aujourd'hui, cette méthode a longtemps joui d'une faveur marquée, surtout dans le traitement de la syphilis infantile.

Elle consiste en ceci : administration d'une série de bains tièdes, additionnés d'une solution de bichlorure de mercure.

Voici la recette de ces bains mercmnels, d'après le formulaire pharmaceutique des hôpitaux de Paris :

'^^ Bichlorure de mercure. . .

Chlorhydrate d'ammoniaque

Eau distillée

A ajouter à l'eau du bain.

aa 30 grammes.

Suivant l'âge et suivant les indications, on abaisse ou l'on élève la dose de bichlorure. — On l'a portée quelquefois jusqu'à 3o, 4o,4B,etmôme 60 grammes.

On ne saurait récuser à celte méthode certains résultats thérapeutiques, notamment dans le traite-

ment des manifesta Lions extérieures, à savoir des syphilides. Quelquefois même les effets en ont été intenses, surprenants. Ainsi Ilutehinson a relaté une curieuse obserA^ation de syphilide papulo-squameuse généralisée qui disparut « eomme par magie » sous l'influence de bains mercuriels. a Jamais, ditil, je n'ai vu de disparition d'exanthème spécifique plus rapide que dans ce cas. »

Mais ce qui n'est pas moins avéré, c'est que, dans la plupart des cas, ce procédé reste inerte, absolument inerte.

Et rien d'étonnant à cela, voire rien que de très naturel. Cette infidélité, cette disparité d'action thérapeutique a sa raison d'être dans l'inégalité avec laquelle se produit l'absorption mercurielle. Si la peau est saine, absolument saine, l'absorption est minime, infinitésimale, ou même nulle. Alors, nul effet. On a l'illusion d'un traitement, et c'est tout. — Au contraire, la peau est-elle malade, est-elle ulcérée, excoriée, dénudée en quelques points, voire incomplètement dépourvue de son revêtement épidermique, elle devient perméable, elle absorbe; mais, dans quelle mesure absorbet-elle? Plus ou moins, suivant l'état des téguments; donc, beaucoup en certains cas. Et alors, possibilité d'effets toxiques, et même d'effets toxiques graves, menaçants.

Dans le cas d'Hutchinson auquel je faisais allusion à l'instant, la malade fut guérie brillamment de son éruption, mais elle paya cher cette guérison

nALNÛATION MERCUniELLE.

rapide. Car elle fut prise tout aussitôt d'une stomatite violente; « pendant une à deux semaines, elle rendit des flots de salive, dut garder le lit, et resta consécutivement dans un état de faiblesse profonde ».

Tout est donc subordonné, dans ce mode de traitement, à l'état de la peau et à son pouvoir d'absorption, lequel — remarquez bien ceci — ii est pas cléterminahle cliniquement.

Eh bien, cette considération est pour nous de nature telle qu'elle suffit à juger la méthode et à l'exclure de la pratique.

Qu'en certains cas particuliers les bains mercuriels soient capables, en raison de leur action topique, de rendre quelques services pour le traitement de certaines syphilides rebelles, ceci est une question que nous aborderons en temps et lieu et que, pour le dire à l'avance, nous résoudrons par l'affirmative. Mais ce n'est pas là ce qui nous occupe pour l'instant. Pour l'instant, nous sommes à la recherche de procédés thérapeutiques pouvant servir de méthode pour le traitement de la syphilis en général, pour un traitement de fond de la syphilis. Or, à ce point de vue, la balnéation mercurielle n'ofire vraiment aucune garantie. Bien loin de là ! Elle se présente avec une infidéhté d'action, avec des inconvénients et des dangers qui légitiment sa proscrip- ' lion absolue. — Inutile donc d'insister sur elle davantage.

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