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MÉTHODE DES INJECTIONS MERCURIELLES

fourni, au dire de M. Merget, des résultais lliërapeuliques remarquables.

Admellons ces résultats sans les discuter. Il n'en restera pas moins certain qu'un procédé de cet ordre est trop incertain comme dosage, trop aveugle, pour constituer jamais une méthode thérapeutique, et surtout pour constituer ce que nous recherchons en ce moment, à savoir une méthode applicable au traitement usuel et général de la syphihs.

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TII. MÉTHODE DES IKJECTIOKS SOUS-CUTAKÉES .

Cette méthode consiste à introduire tel ou tel composé mercuriel sous les téguments, en confiant à l'absorption interstitielle le soin de le faire pénétrer dans le système circulatoire.

A l'inverse des deux autres méthodes qui nous ont occupés jusqu'ici, elle est de date toute récente; on peut la dire d'origine contemporaine.

L'idée première paraît en revenir à Hebra et Ch. Ilunter; mais la méthode n'entra réellement dans la pratique cju'après la première publication de Lewin (de Berlin), en 1867.

Depuis lors, le traitement de la syphilis par les injections sous-cutanées a pris la vogue, et tel est le nombre des publications qui lui ont été con-

sacrées qu'on formerait à coup sùr une grosse plaqueLle avec la seule bil)liographie des travaux concernant le sujet. Ces travaux, je ne saurais les citer tous; mais je me garderai d'oublier ceux de Scarenzio, Liégeois, W. Taylor, Sigmund, Martineau, Terrillon, Smirnofl', Watras^ewski, Balzer, Besnier, Lang, Galliot, etc., etc.*

Ce serait une exagération de dire que tous les composés mercuriels ont été utilisés pour la méthode des injections mercurielles. Mais ce qui n'est pas vrai quant à présent ne tardera guère à le devenir au train où marchent les choses; car, depuis quelques années, les feuilles médicales nous apportent à tout instant la recette de quelque injection liydrargyrique nouvelle, laquelle est naturellement présentée comme « supérieure à toutes les autres au double point de vue de la tolérance et des effets thérapeutiques » .

D'autre part, bien que jeune encore, la méthode d'administration hypodermique du mercure s'est déjà scindée, subdivisée en deux méthodes rivales, à savoir celle des injections solubles et celle des injections insolubles ou des injections massives.

Nous allons examiner en détail l'une et l'autre de ces méthodes et comme procédés pratiques et comme résultats ; mais au préalable arrèlons-nous sur quelques points qui leur sont communs.

1. Voir une excellente revue sur Les injections mercurielles dans le iraitement de la syphilis, par le P. Raymond, Gazette des liâpit., 1892.

MÉTHODE DES INJECTIONS MEnCUniELLES.

Dans les premiers lemps où elles furent mises en usage, les injeclions mercurielles se montrèrent véritablement intolérables. Elles déterminaient toute une série d'accidents (douleurs, lésions inflammatoires, a])cès, phlegmons, gangrènes, etc.) qui semblaient de nature à les bannir de la thérapeutique. Cependant, on a abouti par expérience, par tâtonnements, par une série de modifications importées soit dans la nature des liquides injectés, soit dans le manuel opératoire, à les rendre je ne dirai pas inofFensives (nous n'en sommes pas encore là, et y serons-nous jamais?), mais à peu près tolérables, tout au moins exemptes en général d'accidents sérieux. Comment, de quelle façon? C'est là ce qu'il me faut dire tout d'abord.

Des précautions multiples et de divers genres doivent présider à la mise en œuvre des injections mercurielles. A savoir :

I. — En premier lieu, nécessité plus qu'évidente d'exclure de la pratique des injections tout composé mercuriel qui serait immédiatement désorganisateur des tissus, caustique, ou même simplement irritant, mais irritant à un degré qui le rendrait inflammatoire et, au total, intoléré.

n. — En second lieu, nécessité non moins incontestée de solutions irréprochables^ et irréprochables à tous égards, c'est-à-dire chimiquement pures, fdtrées, stérihsées, aseptiques (puisque nombre des accidents déterminés par les injections ont paru devoir être rapportés à l'introduction dans

les tissus d'ëlémenls organiques palhogèiies,moisi.ssures, microbes, etc.).

III. — En troisième lieu, et encore au même point de vue, instrumentation irréprochable.

L'injection se fait, vous le savez, avec une seringue de Pravaz, de la capacité d'un" gramme. Mais cette seringue doit être modifiée pour la circonstance. Elle doit être stérilisable dans toutes ses parties, donc démontable, de façon que ses diverses pièces puissent être isolément soumises àl'antisepsie' .

I. M. le D"" Barthélémy vient d'imaginer récemment un ingénieux appareil qui réalise d'une façon en quelque sorte forcée ce qu'il appelle « l'hypodermie aseptique».

Cet appareil est, comme principe, une sorte de seringue de Pravaz où le piston est remplacé par une soufflerie.

Le liquide -à injecter est introduit dans le corps de pompe, soigneusement aseptisé dans toutes ses parties. Puis, ce corps de pompe est fermé à la lampe, en forme de tube effilé. Un fil métallique, introduit à frottement dans l'aiguille, complète la fermeture. En sorte que le liquide de l'injection, complètement isolé de l'air, peut se conserver un temps indéfini à l'abri de toute altération.

Au moment de pratiquer l'injection, on brise avec l'ongle l'extrémité effilée du tube de verre, et l'on y ajuste le tube de caoutchouc d'une soufflerie analogue à celle de l'appareil de Richardson pour les pulvérisations d'éther. On retire le fil métallique de l'aiguille; on flambe l'aiguille; et, la piqûre faite à la peau, on met en action la soufflerie.

Par excès de précaution, l'air, qui fait office de propulseur, de piston, pour refouler le liquide, est lui-même asepsié en traversant un tube stérilisateur rempli d'ouate boriquée.

Cet appareil réalise donc par lui-même, je le répète, une asepsie forcée et met le praticien à l'abri de toute défaillance anliseptique . ]] offre surtout l'avantage de supprimer la seringue à injeclions qu'il est si difficile de rendre sûrement aseptique dans toutes ses parties. Avec quelques perfectionnements de détail, il sera appelé, je crois, à rendre d'utiles services à la pratique des injections hypodermiques. (V. France médicale, 28 octobre 189a.)

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