‹ Traitement de la syphilisChapitre 54 sur 92 · III. — Injections d'huile grise^. — Imaginée par · texte numérisé non relu

III. — Injections d'huile grise^. — Imaginée par

I. L'oxyde jaune a été introduit dans la thérapeutique de la syphilis par un médecin des plus distingués, le D' Watraszewski, en 1886 (IViener med. Press ^ 1886; — Monalsliefte fur Prak. Dermat, 1887; — Journal des mal. eut. et sypii., i8go). — Depuis lors, l'emploi de cet agent a donné le jour à de très nombreux travaux, parmi lesquels je citerai surtout ceux de : Szadek ; — Balzer (Soc. des hôpitaux, 1887); — Galliot [Semaine médicale, 1887); — Le Ilay (Th. de Paris, 1887) ; — Klotz ; — Rosenthal ; — Kuhn; — TchernogubofT ; — Selenew; — Sibilat (Thèse de Paris, i888, où l'on trouvera vine bibliographie complète, du sujet) ; — Maclaud (Thèse de Bordeaux, 1890) ; — Conte (Thèse de Boi'deaux, 1890); — Huot (Thèse de Montpellier, 1891); — etc., etc.

3. Lang, Zur Syphilis ttierapie, Wien. med. Wochenschrift, 1886 et 1889.

Balzer et Reblaud, Bulletin médic, 1888. — Bull, de la Soc. de biolofrie, 1888.

Rangé, Bulletin médic, 1888.

Harttung, Vierteljahresschrift fiir Derin. und Sfph , 1888.

Briend, Thèse de Paris, 1888.

E. Hirtz, Buli. de la Soc. me'd. des hôpitaux, 1889.

INJECTIONS MERCURIELLES INSOLUBLES

Lang (de Vienne), l'huile grise {oleiini cmereum) est une préparation mercurielle consistant en ceci : du mercure à l'état de division parfaite, tenu en suspension dans un corps gras liquide. C'est une sorte d'onguent mercuriel fluidifié. — Successivement modifiée avec avantages par Neisser et Balzer, elle a reçu aujourd'hui la composition suivante :

Mercure purifié ao grammes.

Teinture de benjoin .... 5 —

Huile de vaseline 4° —

La contenance d'une seringue de Pravaz correspond, dans cette formule, à 36 centigrammes de mercure métallique. — On en injecte en moyenne d'un quart à un tiers de seringue.

De ces trois injections la plus active, sans contradiction, est celle au calomel. Malheureusement, c'est aussi la plus irritante, la moins tolérée, celle qui expose le plus aux réactions locales d'ordre inflammatoire.

L'oxyde jaune et surtout l'huile grise composent des injections qui sont mieux acceptées par les tissus, c'est-à-dire qui déterminent moins de douleurs et de réaction, exposent moins aux infiltrations et aux abcès. Mais elles ne jouissent que d'effets thérapeutiques (quoi qu'en aient dit certains obser-

Lindstroem (de Kievv), 1890. Anal, dans la Revue de Hayem,

Huot, Thèse de Montpellier, 1891.

Brousse, Gaz. Iiebdom. des sciences méd. de Montpellier, 1891. FouRHiEH. — Trailement de la Sjphilis. 21

valeurs) notablement inférieurs à ceux du calomel.

L'huile grise a réuni beaucoup de fervents au cours de ces dernières années. Elle serait, assuret-on, « bien tolérée, peu douloureuse, à peu près exempte d'accidents locaux ou généraux, etc. ». Mais on s'accorde à peu près généralement à la considérer comme bien moins énergique que le calomel ou l'oxyde jaune.

La technique opératoire des injections insolubles est naturellement la même que celle des injections solubles. Mais, ici plus que jamais, tous les expérimentateurs insistent sur certaines précautions indispensables, à savoir :

1° Antisepsie absolument irréprocha])le ;

2° Nécessité, empiriquement reconnue, de faire pénétrer l'aiguille profondément, voire de la porter « en plein muscle » ;

3" Nécessité de limiter les injections aux seules régions tolérantes, en tête desquelles figure toujours, comme spécialement recommandée, la fameuse fossette rétro-trochantérienne.

Quant à la direction générale du traitement, rien de plus simple, rien de plus idéalement simple, comme vous allez en juger.

Quelques injections (quatre pour certains médecins, six, huit ou dix, pour d'autres, bien rarement davantage) composeraient tout le traitement.

Ces injections doivent être pratiquées en moyenne

INJECTIONS MEnCUaiELLES INSOLUBLES.

loiis les quinze jours, im début du traitement. - Plus tard, on les espace davantage.

Et cela suffirait, assure-t-on, à elFacer, à dissiper les accidents actuels de la diathèse. Cela même, a-ton osé dire, suffirait « à tout le traitement de toute la période secondaire ».

Quel programme alléchant ! dirons-nous tout d'abord. Est-ce simple? Est-ce facile, est-ce commode? Voyez donc! Il suffit, pour se traiter de la vérole, d'aller chez son médecin le i" et le i5 de chaque mois, pendant deux mois, trois mois au plus. On reçoit de lui chaque fois une petite provision de mercure pour sa quinzaine, et l'on n'a plus à s'occuper de rien, puisqu'on porte dans sa fesse de quoi mercurialiser l'ennemi pendant toute cette période et au delà.

C'est là, je répète le mot à dessein, l'idéal d'un traitement. Existe-t-il rien de semblable dans toute la thérapeutique? Comparez cela, par exemple, aux traitements si complexes et si assujettissants de la vulgaire chaudepisse! Et, à ce prix, on guérit de la vérole !

Mais quittons le pays des rêves pour redescendre aux réalités de la clinique, et voyons ce que vaut à l'épreuve cette méthode pour le moins singulière en principe.

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