MÉTHODE INGESTION
du médecin, et cela en raison des divers avantages qui lui confèrent par excellence le caractère d'une méthode simple et pratique.
Très nombreux sont les composés mercuriels qui ont été proposés et préconisés comme agents de mercurialisation par la voie gastrique. Il n'v aurait même que peu d'exagération à dire qu'on a mis en œuvre pour ce mode de traitement à peu près toutes les préparations qu'a pu réaliser la féconde chimie contemporaine.
Je n'essayerai pas de vous en donner la liste. Et il serait plus fastidieux encore de vous exposer les raisons pour lesquelles la plupart de ces remèdes, rapidement délaissés, sont restés à l'état de mortnés.
Je me bornerai à vous citer les plus importants de ces composés mercuriels, en y adjoignant quelques autres qui, oubliés de nos jours, ont joué un certain rôle dans l'histoire et auxquels se rattachent les noms de formules autrefois célèbres.
Sans parler de deux grands remèdes qui se partagent aujourd'hui la faveur commune et que nous aurons bientôt à étudier longuement (sublimé et protoiodure d'hydrargyre), on a mis en usage, à différentes époques, les agents que voici :
1^ Le mercure métallique^ que l'on administre de diverses façons, à savoir : soit divisé, « éteint » (suivant l'expression technique) dans une poudre quelconque ; — soit sous forme d'onguent mélangé à des poudres diverses.
Une préparation fameuse de cet ordre fut celle que, dit-on, Barberousse, le célèbre corsaire d'Alger, envoya au roi François T. Elle consistait en pilules qui ont longtemps figuré dans les vieux formulaires sous le nom de pilules de Barberousse'.
A ranger aussi dans cette catégorie les préparations suivantes, qui ont eu leur temps de célébrité :
Le mercure gommeux de Pleiik (dit encore sirop de mercure), composé de mercure éteint dans la gomme arabique, puis incorporé au sirop de têtes
de pavot) ^
Les pilules de Belloste'\
1 Voici, sommairement, la composition de ces pilules : mercure éteint avec le suc de roses rouges, agaric, rhubarbe, cannelle, myrrhe, mastic, térébenthine, etc. (V. Lémery, Pharmacopée um-
versellc). o rr
2 V Jourdan, Pharmacopée universelle^ iS^b, t. Il, p J;-
3" Plusieurs fois modifiées et de façons différentes. - Voici la composition actuelle qu'en donne le Formulaire pharmaceutique des hôpitaux de Paris :
:^ Mercure purifié 60 grammes.
Miel blanc 60
Poudre d'aloès. —
— de poivre noir 10
de rhubarbe 3"
de scammonée d'Alep . . 20 —
F s a une masse bien homogène, et divisez-la en pilules de ao centigrammes, qui contiennent cinq centig,-ammes de mercure. .
MÉTHODE Pvn INGESTION.
Les pilules bleues anglaises*.
Les pilules de Sédillot, qui sont encore quelquefois présentes de nos jours. En voici la formule :
2^ Pommade mercurielle double . . 3o grammes. Savon médicinal pulvérisé. ... 20 — Poudre de réglisse 10 ■ —
Faites une masse homogène; divisez-la en pilules de vingt centigrammes. — Chacune de ces pilules contient cinq cenligrammes de mercure 2.
2° Le calomel^ qui, après avoir joui d'une certaine faveur autrefois, est tombé dans un discrédit complet. D'abord, c'est un antisyphilitique très infidèle; et d'autre part, on lui a fait très justement un double grief et de son action diarrhéique et de la facilité avec laquelle il développe la stomatite. Il formait la base des pilules de Plunimer~\ 3° Le bi-iodarc de mercure^ toxique violent, qui ne s'emploie guère plus qu'associé à l'iodure de potassium. — C'est un des deux sels constitutifs dvi trop fameux sii^op de Gibert^ dont nous aurons à parler plus tard.